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Arianne Navarre-Marie : «Mes quatre jours dans le fauteuil de Premier ministre»

16 mai 2026

«Quand vous vous asseyez dans ce fauteuil, chaque mot que vous prononcez a une résonance différente», nous dit la Deputy Prime Minister qui a officié comme Première ministre par intérim du lundi 11 au jeudi 14 mai.

À peine promue Deputy Prime Minister, Arianne Navarre-Marie a officié comme Première ministre suppléante du lundi 11 mai au jeudi 14 mai, en l'absence de Navin Ramgoolam qui était en déplacement au Kenya pour participer au sommet Africa Forward. Elle nous raconte comment elle a vécu ce nouveau chapitre dans sa carrière politique.

Mon expérience comme Première ministre par intérim : «Quatre jours, oui. Quatre jours qui m'ont appris quelque chose qu'aucun briefing, aucune réunion préparatoire, aucune expérience antérieure ne pouvait vraiment m'enseigner. Quand vous vous asseyez dans ce fauteuil, et je dis bien ce fauteuil, vous comprenez immédiatement que chaque décision que vous prenez, chaque mot que vous prononcez, chaque silence que vous observez a une résonance différente. Ce n'est plus seulement votre ministère. C'est le pays, dans sa totalité, dans sa complexité, dans ses urgences.»

Quatre jours sous le feu des projecteurs : «L'attention dont vous parlez, je l'ai sentie. Les regards, les commentaires. Cette façon dont les gens observent une femme dans ce rôle avec une curiosité particulière, parfois bienveillante, parfois scrutatrice, parfois mal intentionnée aussi. Mais j'ai très vite fait un choix : ne pas gouverner pour les regards, gouverner pour le travail. Durant ces quatre jours, j'ai tenu des réunions, j’ai participé à des activités, j'ai suivi des dossiers, j'ai pris des décisions. Dans la continuité de ce que ce gouvernement construit, sans chercher à faire de l'éclat. J’ai été présente, disponible et lucide.»

Ce que je retiens ? «Je retiens trois choses. La première, c'est la profondeur de l'appareil d'État. La qualité des femmes et des hommes qui font tourner les institutions de ce pays, souvent dans l'ombre, souvent sans reconnaissance. J'ai un respect immense pour leur travail. La deuxième, c’est du boulot. Il y a beaucoup à faire, entre fonctions ministérielles et réunions avec les collaborateurs. Il y a eu aussi la préparation de la séance parlementaire. Et la troisième, et c'est peut-être celle qui me touche le plus, c'est ce que ces quatre jours ont représenté pour des femmes que je ne connais pas. Des messages que j'ai reçus. Des mots simples, sincères, de femmes mauriciennes qui me disaient : "Mo ti pa krwar enn zour nou pou viv sa." Des femmes qui ont regardé les nouvelles différemment cette semaine. Qui ont montré l'écran à leurs filles en disant : "Regarde, c'est possible." C'est ça que je retiens, au fond. Pas l'attention médiatique, mais l’inspiration pour ces femmes-là, ces filles-là. Elles sont la raison pour laquelle tout ça a un sens.»

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