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Festival Île Courts 2016 | Ruchika Oberoi : le cinéma ou rien

17 octobre 2016

Elle a connu des moments frustrants. À l'époque, être femme, cinéaste et vouloir se démarquer du raz-de-marée de Bollywood en Inde, c’était un peu dur. «Autrefois, on pensait que c'était un métier d'homme d'être réalisateur, vu qu'il fallait gérer tellement de choses à la fois. Heureusement, tout ceci a changé maintenant et il y a des femmes à tous les niveaux dans le milieu.»

 

Aujourd’hui, Ruchika Oberoi est maintenant un nom respecté dans le milieu dans la Grande Péninsule. À tel point qu’elle est la marraine de la neuvième édition du Festival Île Courts. Celui-ci a pris fin le dimanche 16 octobre, avec une projection à l'île Rodrigues, à l'hôtel Mourouk Ebony, à Mourouk.

 

Le festival a été l’occasion d’accueillir une marraine ouverte à la découverte, qui a animé une master class le samedi 15 octobre, en plus de nous présenter son tout premier long-métrage, Island City, qui nous propose trois chroniques entremêlées dans l’Inde d’aujourd’hui, à mille lieues du glamour de Bollywood et de ses stars. Et si elle concède que le financement des films indépendants et parlant de sujets sérieux est plus difficile (même si le gouvernement aide beaucoup à financer les projets cinématographiques via la National Film Development Corporation), le cinéma est, pour Ruchika Oberoi, «"le" moyen d’expression (…) Je n’ai rien contre le cinéma bollywoodien et il est bon que ce cinéma existe, mais je préfère parler de choses authentiques, de choses plus profondes. C'est pour cela qu'après un moment dans le monde de la télévision, j'étais un peu frustrée, voulant faire autre chose», explique cette diplômée en littérature anglaise à l'Université de Delhi et ancienne élève du Film and Television Institutede Pune.

 

Des conseils, Ruchika Oberoi, qui a beaucoup bossé pour le petit écran (productrice et réalisatrice pendant plusieurs années, d’une séquence populaire sur MTV India, intitulée Filmi Fundas), en donne aux aspirants cinéastes : «Je sais que beaucoup veulent montrer et dire des choses universelles. Mais souvent, ce qui touche le public le plus, c’est un style propre. Donc, il est plus important de développer votre propre voix. Plus elle sera authentique, plus vous sortirez du lot.»  

 

Sa voie semble en tout cas bien tracée, elle qui a été réalisatrice associée sur Chhutkan Ki Mahabharat, un long-métrage produit par la Children Film Society of India et qui a remporté le Prix national du Best Children’s Filmen 2004. Après Island City, Ruchika Oberoi va s'atteler à la production d'un film pour enfants. Un parcours loin d'être terminé pour la réalisatrice. 

 

Vive les femmes donc… et le cinéma ! 

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