Ravin a rencontré la mort à quelques pas de chez lui. Âgé de 58 ans, cet habitant de Lesur, à Sebastopol a perdu la vie dans la soirée du 10 août, après avoir été percuté par un véhicule sur la route principale de sa localité. Selon ses proches, il ne lui restait que quelques dizaines de mètres à parcourir avant de rentrer chez lui. Selon les premiers éléments de l’enquête policière, le drame s’est produit vers 19h. Un 4x4 de la marque Ford, de couleur grise, qui se dirigeait vers Bel-Air, a percuté Ravin alors qu’il était à pied.
Selon les premières informations recueillies par la police, le piéton traversait la route à un endroit décrit comme sombre lorsque le véhicule l’a heurté de plein fouet. Sous la violence de l’impact, il a été projeté dans un caniveau. Alerté, le personnel du SAMU s’est rendu sur place. Le Dr Ramasawmy n’a pu que constater le décès du quinquagénaire. Le conducteur, un mécanicien âgé de 46 ans habitant Curepipe, a été soumis à des tests de dépistage d’alcool et de drogue. Ceux-ci se sont révélés négatifs.
Il a toutefois été placé en détention au poste de police de Quartier-Militaire ce soir-là. Il fait l’objet d’une accusation provisoire d’homicide involontaire. Selon la police, il est titulaire d’un permis de conduire valide pour voiture et autobus. Chez la famille du défunt, des interrogations demeurent sur les circonstances exactes de l’accident. Raj, le frère de Ravin, plus connu sous le sobriquet de Coco, estime notamment que la vitesse du véhicule doit être déterminée par l’enquête.
«4x4 la ti pe desann full vitess. Li tap ek mo frer. Linn sarye li enn bon bout apre prezekte li dan enn kanal», soutient-il. Il déplore également les conditions d’éclairage à cet endroit de la route. «Sa plas kot aksidan la inn arive la fer byin nwar. Bann tib lalimier pa alime. Lor la pena trotwar pou marse». Selon lui, ce tronçon aurait déjà été le théâtre d’autres accidents. «Finn deza ena plizier aksidan preske mem plas lor sa sime la. Mo ena enn fami kinn mor de zan de sela lor sa mem sime-la.»
Raj plaide ainsi pour davantage de mesures de sécurité. «Bisin met kamera excess parski sertin sofer roul tro vit», estime-t-il. Ashna, 31 ans, la fille du défunt abonde dans le même sens. «4x4 la ti pe desann full vitess», explique la jeune femme. C’est avec un coeur lourd de chagrin qu’elle relate que son père rentrait simplement chez lui lorsqu’il a été fauché. «Li pa ti res boukou pou marse pou rant lakaz. Li ti res mem pa 50 m pou marse», se lamente sa fille Ashna, 31 ans.
Ravin vivait seul depuis le décès de son épouse, survenu il y a six ans. Le couple avait un fils, aujourd’hui âgé de 32 ans. Pour subvenir à ses besoins, il enchaînait les petits boulots. «Li fer tou bann ti travay ki li gagne. Li ti pe donn koudme belo pou fer dal puri. Li fer labourer ek travay helper dan la boutik ousi», raconte Ashna. Elle décrit son père comme un homme simple, qui aimait rendre service. «Li ti kontan ed tou dimoun», souligne-t-elle.
Ravin était également très apprécié au sein de sa famille. Il était le quatrième enfant d’une fratrie de sept. Il avait trois frères et trois sœurs, dont l’une est décédée. Parmi ses proches, un frère malade et alité occupait une place particulière dans sa vie. Ravin veillait notamment sur lui et l’accompagnait dans ses démarches médicales. «Li mem ki ti pe okip so frer. Li ti pe donn li so bin ek akonpayn li so bann randevou lopital», précise Ashna.
Elle garde de son père l’image d’un homme qui savait apprécier les choses simples de la vie. «Li ti pe viv sa lavi dan simplisite», dit-elle. Ashna affirme qu’un autre accident s’est produit en mars dernier lors du pèlerinage de Maha Shivaratree. Une voiture avait dérapé et terminé sa course dans un champ de cannes, non loin de l’endroit où son père est mort. Pour Raj et les siens, certaines questions devront désormais être éclaircies par l’enquête. «Mo anvi kone ki vitess sa 4x4 la ti pe roule. Pena oken trass pez frin lor sime», dit-il.
L’enquête policière devra déterminer les circonstances exactes dans lesquelles s’est produit cet accident mortel.