L’étiquette peut-elle nous tromper ?
«Healthy», «naturel», «fitness», «sans gluten», «aux céréales»… Ces mots ont de quoi rassurer au moment de faire ses courses. Sur un rayon rempli de produits, ils attirent rapidement l’attention et peuvent donner l’impression que l’on fait un meilleur choix. Pourtant, il faut se méfier des apparences. Ces mentions peuvent créer, souvent sans que l’on s’en rende compte, un véritable piège psychologique, notamment chez les personnes qui cherchent à perdre du poids ou à adopter une alimentation plus saine.
Mélissa De Guardia, nutritionniste et hypnothérapeute, qui accompagne ses patients dans l’amélioration de leur alimentation, invite justement à prendre du recul. «Ces termes donnent une image positive au produit, mais ne garantissent pas à eux seuls sa qualité nutritionnelle», explique-t-elle.
Par exemple, un produit «sans gluten» est avant tout destiné aux personnes qui doivent ou souhaitent éviter le gluten ; cela ne signifie pas automatiquement qu’il contient moins de sucre, moins de matières grasses ou qu’il est moins transformé. De la même manière, «aux céréales» peut simplement signifier que le produit contient des céréales, sans nous renseigner sur leur quantité, leur qualité ou leur teneur en fibres.
Quant au terme «healthy», il est très largement utilisé à des fins marketing. Il faut donc apprendre à regarder au-delà de l’emballage. Ce qui nous renseigne réellement, c’est la liste des ingrédients et la composition nutritionnelle du produit.
Les erreurs à éviter
Lorsqu’il choisit un produit présenté comme sain, le consommateur peut facilement se laisser séduire par l’image générale de l’emballage. Un paquet vert, des fruits bien mis en évidence, des céréales ou encore les mots «naturel», «protéiné» ou «fitness» peuvent inconsciemment donner l’impression que le produit est forcément un bon choix.
Une autre erreur fréquente est de se concentrer sur une seule caractéristique du produit. «Par exemple : il est riche en protéines, donc il est bon, ou il est sans sucre ajouté, donc je peux en consommer autant que je veux. Or, il faut considérer l’aliment dans son ensemble», explique Mélissa De Guardia. Il faut aussi éviter de classer trop vite les aliments comme «bons» ou «mauvais». Les quantités, la fréquence de consommation et l’équilibre général de l’alimentation comptent tout autant.
«Sans sucre» veut-il dire meilleur ?
Pas forcément. «Tout dépend déjà de ce que l’on entend par "sans sucre" ou "sans sucres ajoutés", car ce n’est pas exactement la même chose», précise Mélissa De Guardia. Un produit peut ne contenir aucun sucre ajouté tout en contenant naturellement des sucres. Et lorsqu’on retire le sucre d’une recette, d’autres ingrédients peuvent être utilisés pour conserver le goût ou la texture.
Il ne faut donc pas choisir un produit uniquement parce qu’il affiche «sans sucre» sur son emballage. Mieux vaut regarder sa composition dans son ensemble. Réduire les sucres ajoutés reste toutefois une bonne habitude, notamment lorsqu’on consomme régulièrement des boissons sucrées, biscuits, pâtisseries ou autres produits très sucrés.
Par quoi le sucre peut-il être remplacé ?
Mélissa De Guardia explique que les fabricants disposent de plusieurs alternatives. Ils peuvent notamment utiliser des édulcorants intenses ou des polyols, qui permettent de conserver une saveur sucrée avec peu ou pas de sucre. Dans certaines recettes, on retrouve aussi des ingrédients naturellement sucrés, comme les purées ou les concentrés de fruits. Mais attention, «naturel» ne veut pas dire que l’on peut en consommer sans limite. «Le miel, le sirop d’agave, le sirop d’érable ou encore le sucre de coco restent des sources de sucres», rappelle la nutritionniste.
Plutôt que de chercher systématiquement à remplacer le sucre, elle conseille aussi de réhabituer progressivement son palais à des saveurs moins sucrées. Une habitude qui peut se faire petit à petit, en diminuant par exemple la quantité de sucre ajoutée aux boissons ou aux préparations.
«Light» ne veut pas dire à volonté
Peut-on manger davantage simplement parce qu’un produit est présenté comme «light» ? Oui, et c’est même assez fréquent. Lorsqu’un aliment affiche les mentions «light», «allégé» ou «healthy», on peut inconsciemment avoir l’impression qu’il compte moins et donc être moins attentif à la quantité consommée.
Résultat : on peut finir par manger davantage que si l’on avait choisi la version classique. «Par exemple, manger plusieurs biscuits “light” alors que l’on se serait naturellement arrêté plus tôt avec des biscuits classiques», explique Mélissa De Guardia.
«C’est pourquoi je conseille de ne pas uniquement se demander : "Est-ce que cet aliment est light ?", mais plutôt : "Est-ce que j’en ai envie ? Quelle quantité me satisfait ? Est-ce que j’ai encore faim ?". Retrouver ses sensations alimentaires reste essentiel», ajoute-t-elle.
Ces aliments qui paraissent plus sains
Certains aliments ont facilement une image «saine», alors qu’ils peuvent être assez riches en sucre, en sel ou en matières grasses. C’est notamment le cas de certains granolas et céréales du petit-déjeuner, barres de céréales ou «fitness», yaourts aromatisés, boissons végétales sucrées, jus et smoothies, biscuits «bio», produits sans gluten ou encore sauces préparées.
«Mais attention : cela ne veut pas dire que ces aliments sont forcément mauvais. Un granola avec des noix, par exemple, peut avoir un intérêt nutritionnel tout en étant assez calorique. Il faut sortir de l’idée qu’un aliment est soit sain, soit mauvais», avertit Mélissa. L’essentiel est de regarder ce que le produit apporte, la quantité que l’on consomme et la place qu’il occupe dans notre alimentation.
Des conseils…
Au moment de choisir un produit, par quoi commencer ? Pour Mélissa De Guardia, le premier réflexe doit être de regarder la liste des ingrédients. Ils sont classés par ordre décroissant : le premier est donc celui présent en plus grande quantité.
Cette simple habitude permet déjà de mieux comprendre ce que contient réellement le produit. Il faut ensuite jeter un œil au tableau nutritionnel, notamment aux quantités de sucres, matières grasses, acides gras saturés, sel, protéines et fibres, selon le produit. Mais attention à ne pas comparer ce qui ne l’est pas. «Une huile sera naturellement très riche en matières grasses, par exemple, sans que cela en fasse un mauvais aliment», rappelle la nutritionniste.
Améliorer son alimentation
Pour améliorer son alimentation, pas besoin de tout bouleverser du jour au lendemain. Mélissa De Guardia conseille de commencer par de petits changements, faciles à intégrer au quotidien.
Elle recommande notamment de donner progressivement plus de place aux aliments peu transformés : légumes, fruits, légumineuses, différentes sources de protéines, féculents adaptés aux besoins de chacun et matières grasses de bonne qualité. L’eau devrait aussi rester la boisson principale. Lorsque cela est possible, cuisiner davantage à la maison et réduire peu à peu les produits très sucrés ou ultra-transformés peut également faire la différence.
Mais pour la nutritionniste, un point reste essentiel : mieux manger ne signifie pas manger parfaitement. Une alimentation équilibrée doit rester agréable et compatible avec notre vie de tous les jours. Un repas au restaurant, un gâteau ou un aliment plaisir peuvent donc parfaitement trouver leur place sans culpabilité.
Où la contacter ?
Mélissa De Guardia, diététicienne-nutritionniste et hypnothérapeute, est joignable au 5970 3910 ou sur Instagram @nutri_hypnose. Elle accompagne les personnes qui souhaitent améliorer leur alimentation, mieux gérer leur poids, mais aussi retrouver une relation plus sereine avec la nourriture et leur comportement alimentaire. Son approche vise à rendre l’alimentation plus simple et intuitive, loin des régimes trop restrictifs et des nombreuses injonctions autour du «manger sain».