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Rassemblement au Plaza

Bérenger aux militants : «Sime divan nou pou bien difisil»

28 mars 2026

C’est face à une salle comble que le leader du MMM a exposé les quatre options possibles pour l’avenir.

Ce samedi 28 mars, au Plaza, de nombreux partisans du MMM se sont rassemblés autour de Paul Bérenger. Présents malgré la tempête qui secoue le parti, ils affichent loyauté et ferveur.

Le rendez-vous était fixé à 10 heures, et les militants étaient nombreux à répondre à l’appel du leader. Un appel qui sonnait comme un rappel des troupes et une mobilisation générale alors que le MMM traverse l’une des pires crises qu'il ait jamais connues. Dans l’air, un mélange de solidarité, de fidélité et de ferveur. Comme une intime conviction, une foi qui ne vacille pas malgré la tempête. Dans l’assistance massée dans la salle des fêtes du Plaza, des militants de la première heure mais aussi ceux de la plus jeune génération, les fidèles qui ont refusé de suivre la majorité, les Bérengistes, comme on les appelle.

Alors, pour faire honneur à leur parti et à celui qui le porte depuis 1969, ils font bloc derrière leur leader, affichant une unité sans faille et portant avec fierté et résilience les couleurs du parti. Les paroles de la chanson Soldat lalit militant ou encore de Sarbon résonnent dans l’air, rappelant les débuts du MMM et les premiers combats qui y ont été menés. Cette musique engagée, profondément symbolique et emblématique pour les Mauves, déculpe les sentiments et ravive les blessures. Beaucoup n’ont pas digéré les récents événements. Dans l’assistance, on peut entendre des murmures chargés d’amertume : «Bann tret», «fer tret ar mo leader, eh ou la», «bann Judas sa». Des mots qui témoignent non seulement du sentiment de trahison qui les anime, mais aussi de leur fidélité indéfectible envers le leader.

Alors, forcément quand celui-ci arrive, ils l’entourent, ils l’acclament, scandent son nom. Pour eux, le moment est solennel et vibrant d’émotion, comme un écho à la tempête qui a balayé le parti ces derniers jours. La salle est pleine à craquer, et nombreux sont ceux qui n’ont pas trouvé de place à l’intérieur. Dans les regards, un mélange de soutien et de loyauté. Sur les pancartes, on peut lire des messages de fidélité comme «50 ans en action», «Paul nou leker avek twa», «Nou solider avek nou leader».

Du haut de la scène, Paul Bérenger balaie du regard cette salle comble, ses yeux brillant d’une étincelle de fierté et de reconnaissance, peut-être aussi d’une pointe de tristesse. Pour lui, le véritable test se joue ici. Ce n’est pas une épreuve de force politique, mais un test de fidélité, de cohésion et de résilience après les récentes secousses. Combien de militants sont prêts à se tenir debout à ses côtés ? Feront-ils le poids alors que le parti se déchire ? Voilà autant de questions qui flottent dans l’air. Derrière lui, sur l’estrade, sa fille Joanna Bérenger dont l’émotion est aussi visible.

«Latet ot ek leker kase»

Ses premières paroles, Paul Bérenger les veut réalistes et à l’image de cette crise que traverse le parti depuis sa démission en tant que vice-Premier ministre. «C’est un moment bien bien difficile pour le MMM, mais aussi pour le pays», dit-il avant de revenir sur les événements qui ont mené à la scission du parti. «J’ai des principes, ma dignité. Le jour où j’ai démissionné comme VPM, je n'ai pas démissionné comme leader du MMM et encore moins du MMM. Ce jour-là, nos propres personnes ont fait beaucoup de tort au MMM. L’histoire jugera ceux qui ont couru chez Ramgoolam pour kouchou kouchou. Ils m’ont attaqué. Je ne m’y attendais pas du tout. Mais, nous n’avons pas à avoir de regret. Le seul regret que j’ai aujourd’hui, c’est que les travaillistes sont en train de rattraper le MSM.»

Face à ceux qui sont venus pour l’écouter, mais aussi pour en savoir plus sur la suite des événements, il donne quatre options. «Nous pouvons rester au gouvernement comme tendance minoritaire en tant que backbenchers, aller en Cour suprême pour nous battre, aller devant l’Assemblée des délégués à condition que nous ayons la liste officielle, ou alors créer un nouveau MMM avec, à l’horizon, les prochaines élections et une alliance de tous les progressistes du pays.» Des avenues qui feront l’objet de réflexions et de discussions dans les jours à venir. En attendant de trancher sur la direction à prendre, Paul Bérenger compte se rendre dans sa circonscription, le no 19, le mercredi 1er avril ; il se demande si une élection partielle là-bas permettra d’éclaircir la situation et de dessiner l’avenir. Une question à laquelle il dit ne pas avoir encore de réponse.

Cependant, peu importe la voie qu'ils choisiront, estime Bérenger, elle s’annonce difficile. Malgré tout, le plus important, dit-il, c’est de ne pas nourrir d’amertume : «Leker fermal wi, me pa insilte dimounn. Nou ankese, me pa sede. Combien de cassures, de crises avons-nous traversées ? À chaque fois, nous avons relevé la tête. *Mersi pou zot kouraz. Mersi a bann militan ek Morisien ki pe fer fas a sa kriz-la latet ot ek leker kase.» *

À l’heure des questions-réponses, nombreux sont ceux qui ont pris la parole pour lui jurer allégeance. Si un intervenant a choisi de saluer la décision de «la bande des 16» avant d’être expulsé de la salle, les autres ont partagé leurs opinions, exprimant leur soutien au leader et leur vision pour l’avenir. Entre ceux qui souhaitent rester au gouvernement comme backbenchers et ceux qui désirent recommencer à zéro et tout reconstruire avec Paul Bérenger, les avis divergent. Toutefois, une inquiétude semble revenir chez plusieurs militants : celle de perdre le nom, le symbole et la couleur d’un parti qui fait battre leur cœur depuis 1969.

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