Bien qu’il ait mauvaise réputation, le cholestérol n’est pas forcément l’ennemi de notre santé. Il s’agit d’un corps gras naturellement produit par l’organisme, principalement par le foie, mais également apporté par certains aliments. Il joue même un rôle essentiel dans le fonctionnement du corps, notamment dans la fabrication de certaines hormones et dans la structure des membranes de nos cellules.
Mais alors, pourquoi parle-t-on autant de «bon» et de «mauvais» cholestérols ? Le cardiologue Sondagur Abdool Russeed Ziyad nous explique qu’il existe principalement deux types de cholestérol à surveiller : le HDL et le LDL.
Le HDL, le «bon» cholestérol
Le HDL, souvent appelé «bon cholestérol», joue un rôle protecteur. Il aide à transporter une partie du cholestérol présent dans le sang vers le foie, où celui-ci peut être traité puis éliminé par l’organisme. Un taux suffisamment élevé de HDL est généralement associé à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires.
Le LDL, le «mauvais» cholestérol
À l’inverse, le LDL est souvent surnommé le «mauvais cholestérol». Lorsqu’il est présent en excès dans le sang, il peut progressivement s’accumuler sur les parois des artères et contribuer à la formation de plaques. Ces dépôts peuvent rendre les artères plus étroites et moins souples, perturbant ainsi la circulation du sang. À terme, cela peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, notamment d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral.
Un risque qui peut passer inaperçu
Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est qu’un taux élevé de cholestérol ne provoque généralement aucun symptôme. Une personne peut donc avoir un taux important de LDL, tout en se sentant parfaitement bien au quotidien. «Un cholestérol élevé ne provoque presque jamais de symptôme ressenti : il se découvre par une prise de sang, pas par des signes physiques», explique le cardiologue.
Manger gras augmente-t-il le cholestérol ?
Alors, faut-il bannir les aliments gras lorsqu’on veut protéger son cholestérol ? Pas forcément. «Les acides gras saturés, provenant surtout des graisses d’origine animale, consommés en trop grande quantité augmentent le risque d’excès de cholestérol», explique le cardiologue Sondagur Abdool Russeed Ziyad. L’idée est donc de faire surtout attention à la qualité et à la quantité des graisses consommées.
L’avocat, un allié ?
On entend souvent dire que l’avocat est bon pour le cholestérol grâce à ses «bonnes graisses». Et c’est vrai : l’avocat est notamment riche en acides gras monoinsaturés, un type de graisse également présent dans l’huile d’olive. «Plusieurs études ont démontré que la consommation régulière d’avocats peut avoir des effets positifs sur le taux de cholestérol», avance le cardiologue.
Et les œufs dans tout ça ?
Autre aliment qui fait régulièrement débat : l’œuf. Pendant longtemps, on lui a reproché de faire grimper le cholestérol. Pourtant, les données plus récentes ne montrent pas de lien simple entre une consommation modérée d’œufs et une hausse du LDL ou un risque cardiovasculaire chez la population générale.
Quels aliments peuvent faire augmenter le LDL ?
Si certains aliments peuvent trouver leur place dans une alimentation équilibrée, d’autres sont à limiter, notamment ceux qui sont riches en acides gras saturés. Le docteur souligne qu’une consommation excessive de viandes grasses, de produits laitiers entiers, de beurre, de margarine dure, de saindoux, de ghee, ainsi que d’huiles de coco et de palme peut contribuer à augmenter le taux de LDL. On retrouve également beaucoup de graisses saturées dans certains aliments ultra-transformés, comme les hot-dogs, les hamburgers, la charcuterie, les biscuits, les beignets, les gâteaux, les croustilles et les frites.
Les statines sont-elles vraiment dangereuses ?
Autre sujet qui suscite de nombreuses craintes : les statines, ces médicaments prescrits pour réduire le taux de LDL et diminuer le risque cardiovasculaire chez certaines personnes. Sont-elles réellement dangereuses ? «Toutes les statines ne présentent pas le même niveau de risque, mais aucune n’est dangereuse en soi lorsqu’elle est bien utilisée. Le risque dépend surtout de la dose, des interactions avec d’autres médicaments et de l’état de santé de la personne», explique le cardiologue Sondagur Abdool Russeed Ziyad. Comme pour tout traitement, leur utilisation doit donc être adaptée à chaque patient et faire l’objet d’un suivi médical.
**Quelques conseils pour mieux gérer son LDL **
Pour mieux contrôler son taux de mauvais cholestérol, les habitudes du quotidien jouent un rôle important. Côté alimentation, il est conseillé de réduire les graisses saturées, notamment celles présentes dans la charcuterie, le beurre, les fromages gras et les pâtisseries industrielles, et de limiter les acides gras trans que l’on retrouve dans certaines fritures, snacks et viennoiseries industrielles. À l’inverse, il est préférable d’augmenter la consommation de fibres solubles, présentes notamment dans l’avoine, les légumineuses, les fruits et les légumes, et de privilégier les bonnes graisses, comme celles de l’huile d’olive, de colza ou de noix, ainsi que de l’avocat et des poissons gras.
Bouger fait aussi la différence
L’activité physique régulière peut également contribuer à améliorer le profil lipidique. L’objectif est de viser environ 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, par exemple avec de la marche rapide, du vélo ou de la natation. Marcher davantage, prendre les escaliers et associer activité cardiovasculaire et renforcement musculaire sont autant de moyens simples de rester actif.
Le poids et le tabac comptent aussi
Maintenir un poids santé peut également aider à améliorer le bilan lipidique. Plutôt que de se tourner vers des régimes extrêmes, mieux vaut privilégier une alimentation équilibrée et durable. De même, arrêter de fumer est bénéfique pour la santé cardiovasculaire : le tabac peut réduire le HDL et favoriser les dommages aux artères. Enfin, une surveillance régulière du bilan lipidique permet de suivre l’évolution du cholestérol et de mesurer l’effet des changements mis en place. Selon le profil et le risque cardiovasculaire de chacun, les mesures liées au mode de vie peuvent être complétées par un traitement médicamenteux, comme une statine ou de l’ézétimibe, uniquement sur prescription et sous suivi médical.