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20 décembre 2025 19:32
Plusieurs choses se sont passées ces derniers jours en ce qui concerne le dossier Chagos et il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Il y a eu, au courant de cette semaine, la publication d’un rapport du Parlement britannique qui met en lumière le sentiment d’exclusion ressenti par les Chagossiens en ce qui concerne le deal signé entre Maurice et la Grande-Bretagne pour la rétrocession de l’archipel. Basé sur une enquête en ligne ayant recueilli plus de 3 000 réponses, le document souligne que les Chagossiens, qui éprouvent de la méfiance envers le gouvernement mauricien, dénoncent une injustice et réclament une participation directe aux décisions, une gestion autonome des fonds prévus et la reconnaissance de leur droit à retourner sur leurs terres.
Dans la foulée, afin de contrecarrer la démarche de Maurice, un gouvernement chagossien en exil a été formé avec pour Premier ministre Misley Mandarin, principal opposant au deal. Symboliquement, il a pour mission de défendre le droit des Chagossiens à l’autodétermination et de maintenir des liens avec le Royaume-Uni. Lors de la cérémonie officielle, Misley Mandarin a, une fois de plus, juré allégeance à l’Angleterre. «Nous restons des sujets loyaux de Sa Majesté et des partenaires engagés envers le Royaume-Uni et les États-Unis.»
La réplique du côté de Maurice n’a pas tardé avec l’Attorney General Gavin Glover qui, dans un communiqué, dit avoir pris note du rapport de la Commission des relations internationales et de la défense de la Chambre des lords, une enquête interne du gouvernement britannique. Maurice insiste sur le fait que l’archipel des Chagos fait partie intégrante de son territoire et que les Chagossiens sont une composante du peuple mauricien, conformément à l’avis consultatif de 2019. Pour Maurice, l’enquête britannique ne représenterait pas l’ensemble des Chagossiens, comme l’a souligné le comité, et tend à amplifier les voix opposées à l’accord.
Le gouvernement souligne que le rapport n’inclut pas certaines évolutions récentes, telles que l’adoption par le Conseil des ministres, le 12 décembre, du Trust Fund for the Benefit of Chagossians Bill. Cette loi prévoit la création du Chagossian Trust Fund, doté de 40 millions de livres sterling financés par le Royaume-Uni et mis en place par Maurice. Il sera administré par un conseil de 12 membres, dont sept Chagossiens, et présidé par un Chagossien choisi par ses pairs, garantissant ainsi une majorité communautaire dans la gestion du fonds.
Alors que les critiques se multiplient et que les opposants cherchent à contrecarrer l’accord, deux échéances importantes approchent : d’abord le 5 janvier, avec le vote de la House of Lords sur le Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill, puis le 1er février, date prévue pour l’entrée en vigueur de la rétrocession de l’archipel des Chagos du Royaume-Uni à Maurice.
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