Une décennie à œuvrer pour la bonne cause. Que représentent ces dix années pour Small Step Matters et pour toute l’équipe qui la fait vivre ?
En dix ans, je pense que Small Step Matters a fait ses preuves, s’est intégrée à l’écosystème mauricien et a pleinement rempli sa mission. Nous avons réussi à mettre à la disposition des Mauriciens un moyen sûr et efficace de contribuer, mais aussi, à leur tour, de se faire aider pour des projets à but non lucratif, dans le respect et la bonne entente entre chacun des acteurs : associations, patients, athlètes, partenaires du secteur privé, entre autres.
Quelle était l’ambition de l’équipe au départ ? A-t-elle changé depuis ?
Notre vision était de mettre en relation des gens qui voulaient aider et ceux qui en avaient besoin dans un cadre sécurisé et pérenne, et qui réponde aux critères des SDGs. Au fil de ces dix ans, Small Step Matters.org est devenue une plateforme qui fait partie du paysage mauricien, notamment en période de crise comme avec le Wakashio et le Covid, où les ONG et les fondations ont pu utiliser la plateforme pour lever des fonds pour le bénéfice des Mauriciens et pour faire face aux challenges rencontrés par le pays.
En dix ans, de nombreux projets et associations sont passés par la plateforme. Quel bilan pouvez-vous faire aujourd’hui en termes de projets soutenus et de fonds récoltés ?
Ce sont Rs 37 millions qui ont permis de réaliser 186 projets sur le terrain (projets financés en partie ou totalement grâce aux dons récoltés via Small Step Matters des citoyens ou des entreprises à travers la contribution CSR).
Derrière les chiffres, il y a surtout des personnes et des histoires. Y a-t-il des projets ou des bénéficiaires qui illustrent particulièrement l’impact de Small Step Matters ?
Par exemple, Roberto Michel, le para-athlète qui a pu se qualifier en finale des Jeux paralympiques de Paris sur un fauteuil financé grâce à la générosité des donateurs de Small Step Matters et d’une campagne dynamique de levée de fonds menée par un de nos sportifs au grand cœur, Pascal Ducray. Quand Roberto brille sur la scène sportive internationale, il fait la fierté de tout un pays.
Comment la plateforme a-t-elle évolué au fil des années et qu’est-ce qui permet de garder cette même volonté de soutenir les projets ?
Grâce au soutien de nos partenaires et donateurs, nous avons pu nous structurer afin d’avoir une équipe solide sur le terrain, qui est à même d’accompagner les donateurs et les porteurs de projets dans leur cheminement avec nous. Notre première Platform Manager, Chantal Gordon-Gentil, nous a aidés à bien structurer et mettre en place la partie administrative et légale du projet. Julia Espitalier-Noel fut notre deuxième Platform Manager et elle a su nous faire franchir le cap post-Covid avec de nouvelles idées et l’engagement de nouveaux partenaires. Marie-Laure Ziss-Phokeer, notre Platform Manager depuis deux ans, et sa nouvelle équipe ont ramené un souffle nouveau au projet SSM et nous aident à construire et à poser les bases de ce que sera SSM dans les 10 prochaines années avec de nouveaux partenaires et de nouvelles ambitions.
Est-ce que la façon dont les Mauriciens se mobilisent et donnent pour les causes qui leur tiennent à cœur a changé ?
Je note que la confiance dans le don en ligne est renforcée, voire acquise du côté du grand public, grâce à la fiabilité technique de la plateforme et la confiance des donateurs que leur argent sera employé à bon escient avec une procédure de suivi et d'évaluation en place au sein de Small Step Matters. La facilité offerte par les juices, y compris les juices récurrents, facilite sans conteste les dons également, en les simplifiant. Quelques clics suffisent, à peine une poignée de minutes, pour donner. Et chaque montant compte pour faire avancer un projet dès Rs 25. Nous avons également un programme de «Grands donateurs». «Grand» par le cœur. Des citoyens qui contribuent chaque mois à un domaine de leur choix (Éducation, Inclusion, Autonomisation des femmes, Handicap…) après avoir mis en place un virement automatique au bénéfice de Small Step Matters, qui redirige ces fonds selon les campagnes en cours ou à travers la fonctionnalité Connect’ONG. Et aussi des entreprises qui ont mis en place l’initiative «Arrondis sur salaire» au profit de Small Step Matters, comme le Groupe EY.
Quels ont été les principaux défis pour faire vivre et évoluer la plateforme ?
D’abord naviguer, au départ, avec l’aide de nos cofondateurs pour mettre en place les cadres juridiques pour bien faire les choses, afin de monter une plateforme qui non seulement aide les Mauriciens, mais est aussi en conformité vis-à-vis de nos donateurs, de la législation… et réponde aux réalités du pays année après année au fur et à mesure que la société mauricienne évolue, avec ses nouveaux défis et ses nouvelles attentes.
Aujourd’hui, quelle direction le projet veut-il prendre pour les prochaines années ?
L’équipe de Small Step Matters souhaite renforcer son axe et son positionnement dit de «Curateur de projet CSR» pour aider davantage les compagnies à identifier des causes qui leur tiennent à cœur, tout en s’alignant sur leurs valeurs, leur budget, les centres d’intérêt de leur équipe et en évoluant sur une zone géographique précise (y compris à Rodrigues)… En bref, nous souhaitons nous positionner davantage dans une démarche pro-active de recherche de projets porteurs d’espoir pour les communautés vulnérables et la planète… J’encourage ainsi vivement les entreprises à rencontrer notre équipe : manager@smallstepmatters.org. Ensemble, on va plus loin !