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Décorés de la République : des vies au service de la nation

14 mars 2026

Ils sont choisis pour leurs services rendus au pays et à la communauté. Comme tous les ans, dans le cadre de la fête nationale, des compatriotes de tous horizons sont honorés par le président de la République pour leur contribution exceptionnelle dans divers domaines tels que la politique, le service public, le sport, la religion, l’économie et la société civile, entre autres. Pour le 58e anniversaire de l’Indépendance et le 34e anniversaire de la République de notre île, les décorés incluent Patrick Herminie, président de la République des Seychelles, l’invité d’honneur des célébrations de cette année, Rajesh Bhagwan, Jean-Claude de l’Estrac et Shakeel Mohamed, qui ont été élevés au rang de Grand Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean, la plus haute distinction de la République de Maurice. Coup de projecteur sur quelques visages des National Day Awards 2026.

Jean-Claude de l’Estrac, Grand Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (GCSK) : «Depuis toujours, le journaliste, le maire, le ministre, le diplomate, l’écrivain s’est mis au service du pays»

«J’ai été très honoré par cette haute distinction qui vient ponctuer un demi-siècle de contribution à la vie de la nation. Depuis toujours, le journaliste, le maire, le ministre, le diplomate, l’écrivain s’est mis au service du pays. Souvent dans ces activités passées, je me suis trouvé en position critique vis-à-vis de l’actuel gouvernement, et plus particulièrement de son Premier ministre, Navin Ramgoolam. Il démontre une stature d’homme d’État quand, en dépit des divergences qui ont pu exister, il a décidé de reconnaître et de dire son appréciation de cette contribution malgré des esprits chagrins. Je lui exprime ici, ainsi qu’au président de la République, mes remerciements.

Cette vie entière consacrée au bien commun a débuté avec l’Indépendance en mars 1968. C’est quelques semaines après, dans un très lourd climat politique, que j’ai fait mes premières armes dans le journalisme à l’express. Depuis, quelles que soient les fonctions que j’ai occupées, j’ai continué à faire du journalisme, et plus précisément, depuis quelques années, en décrypteur de l’actualité à la demande de journalistes actifs. J’entends bien continuer à exercer mon esprit critique. J’ai dit aussi que le patriote que je suis est particulièrement sensible au fait que cette distinction m'a été octroyée dans le contexte de l’anniversaire de l’Indépendance. J’ai été content de me retrouver, pour l’occasion, en compagnie de Rajesh Bhagwan, un ami de 40 ans, qui a pris son envol politique à mes côtés à la municipalité de Beau-Bassin–Rose-Hill, jadis un joyau de l’administration régionale.»

Rajesh Bhagwan, Grand Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (GCSK) : «C’est une reconnaissance de la République pour ma contribution pour le pays»

«Suite à cet award, j’ai eu beaucoup de félicitations. Ce qui m’a frappé, ce sont les mots "bien mérité" qui reviennent souvent. Il y a une raison à cela. J’ai reçu cette distinction et je remercie le Premier ministre pour cela et aussi le vice-Premier ministre, leader du MMM, qui m’ont recommandé pour cet award. C’est une reconnaissance de la République pour ma contribution pour le pays. J’ai accepté cette distinction avec beaucoup d’humilité et je la dédie à mon épouse et à ma famille, et aussi à mon autre famille : l’électorat du no 20 qui m’a été fidèle depuis que j’y ai mis les pieds en décembre 1982. J’ai eu l’occasion de servir la ville en tant que conseiller, adjoint-maire, maire, et j’ai aussi servi le pays comme PPS à deux reprises, comme ministre à trois reprises. J’ai déjà été président de mon parti, le MMM, et aujourd’hui, je suis secrétaire général. Je pense que j’ai fait le travail que la population attend d’un député, d’un conseiller, d’un ministre... Je n’ai jamais pratiqué le communalisme, le sectarisme...

J’ai toujours mené une politique de proximité. Je souhaite que les jeunes qui font de la politique s’inspirent de ce parcours. Je ne fais la leçon à personne, mais je pense qu’un politicien doit toujours être en contact avec la population et non pas venir la voir juste au moment des élections. Ça n’a pas été facile. J’ai été député de l’opposition pendant plusieurs années. J’ai connu la répression. J’ai perdu mon emploi au CEB. On m’a forcé à partir en 1983 parce que j’avais osé poser deux questions parlementaires sur une personnalité d’alors. Je suis une victime politique. Ça ne m’a pas découragé. J’ai eu des victoires et des défaites, mais je suis toujours resté le même. Je suis resté moi-même, j’ai duré dans le temps...»

Mgr Jean Michaël Durhône, Grand Officer of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (GOSK) : «C’est une manière de reconnaître notre contribution à travailler pour la paix, la justice...»

«C’est avec joie et simplicité que j’accueille cette décoration qui rappelle aussi toute cette collaboration que l’Église catholique veut vivre avec le gouvernement mauricien. C’est aussi une manière de reconnaître notre contribution à travailler pour la paix, la justice et le bien commun dans ce pays que nous aimons. C’est pour cela que pour moi, c’est surtout dans ce sens que je reçois cette décoration. Je dis merci à toutes les personnes qui m’aident dans ma mission, autant dans les joies que dans les épreuves.»

Kim Le Court-Pienaar, Member of The Order Of The Star and Key Of The Indian Ocean (MSK) : «Je vois cette distinction comme une reconnaissance du sport mauricien et du développement du cyclisme...»

«J’accueille cette distinction de la République de Maurice avec beaucoup de fierté et d’émotion. Être reconnue par mon pays à l’occasion de la fête nationale est un très grand honneur pour moi. Représenter Maurice à l’international a toujours été quelque chose de très important dans ma carrière, et recevoir cette reconnaissance de la nation signifie énormément. Je vois aussi cette distinction comme une reconnaissance du sport mauricien et du développement du cyclisme dans notre pays. J’espère pouvoir continuer à inspirer la prochaine génération d’athlètes mauriciens à croire en leurs rêves et à viser le plus haut niveau.»

Abeenesh Mottay, Officer Of The Order of Star and Key Of The Indian Ocean (OSK) : «Je le prends comme un encouragement car voilà plus de 15 ans que je suis un "animal activist"»

«J’ai été très touché et ému par l’obtention de cette distinction. Je ne m’y attendais pas du tout. Je le prends comme un encouragement car voilà plus de 15 ans que je suis un animal activist et que je milite pour les animaux à Maurice, par exemple, les chiens qui sont en détresse et qu’on recueille. On a fait beaucoup de campagnes de stérilisation. Ce n’est pas un travail qui se fait du jour au lendemain, c’est un travail de longue haleine. C’est un encouragement à continuer le combat. Certes, il faut revoir tout ce qui concerne l'Animal Welfare car on voit que le problème de chiens errants perdure dans l’île. Ma mission reste la même avec l’objectif de sensibiliser le public et d’éduquer les jeunes à l’importance de ne pas maltraiter les animaux, et surtout d’accentuer les programmes de stérilisation. J’invite les jeunes à se tourner plus vers le social. C’est quelque chose qui tend à disparaître. Je dédie cette distinction à ma famille et aux Mauriciens qui me soutiennent à la fois en termes d’encouragement et en termes de financement. Sans l’aide du public, on n’aurait pas pu s’occuper des chiens qu’on recueille.»

12 mars : le message de Navin Ramgoolam à la nation

«Même si ces guerres ne sont pas les nôtres,on ne sera pas épargnés par leurs conséquences»

«Alors que nous avons célébré la fête nationale dans la paix et dans la tranquillité, la guerre fait des ravages au Moyen-Orient. Tous les jours, des centaines de personnes, hommes, femmes et enfants, perdent la vie. C’est un grand drame humain qui aura aussi beaucoup de turbulences économiques. Il n’y a pas la guerre uniquement au Moyen-Orient. C’est aussi le cas en l’Europe, en Ukraine, en Afrique... Il y a plusieurs endroits où il y a une guerre entre plusieurs communautés. Tous les jours, des centaines d’innocents meurent, tout cela parce qu’il y a beaucoup d’intolérance, d’incompréhension et de refus de dialogue dans le monde. Même si ces guerres ne sont pas les nôtres, on ne sera pas épargnés par leurs conséquences. Elles auront un effet direct sur notre pays.

Depuis l’Indépendance, notre pays a adopté une politique de non-alignement. On respecte les droits internationaux et l’Organisation des Nations unies qui, d’ailleurs, vient de nous venir en aide pour que nous retrouvions notre souveraineté sur les Chagos. Dans notre région, on a toujours favorisé la coopération et le dialogue entre les pays. (...) On doit être fiers de notre île, on a réussi à construire un pays où il y a l’acceptation de la différence qu’il peut y avoir entre nous. Dans ce monde déchiré, allons reconnaître notre bonheur de vivre dans la paix et la tranquillité.»

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