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7 mars 2026 17:02
Le conflit au Moyen-Orient, avec les bombardements israéliens et américains en Iran et les ripostes iraniennes, retient l’attention du monde entier. Sur fond de tension régionale, avec d’autres pays qui sont impactés, sans oublier l’aspect économique du conflit, cette actualité interpelle et touche particulièrement ceux et celles qui se retrouvent dans les zones concernées. Des Mauriciens qui vivent ces turbulences témoignent...
Des détonations assourdissantes, des sirènes qui retentissent, des nuées de fumée noire, des vols de drones et des bombardements incessants... Il y a aussi ces images d’infrastructures détruites, d’amas de béton à terre, de paysages ravagés et de populations civiles plongées en plein cauchemar. Puis, il y a la panique, la peur et ces chiffres qui interpellent par rapport au nombre de victimes et aux conséquences de ce conflit qui tient en haleine. Sans oublier ces clichés de destructions, ces vidéos, ces mises à jour qui passent en boucle sur les chaînes d'informations internationaux, dans les journaux et sur les réseaux sociaux.
Depuis le samedi 28 février, les yeux du monde sont tournés vers le Moyen-Orient qui se retrouve sous haute tension depuis que les États-Unis et Israël ont lancé une attaque contre l’Iran, en réponse à des attaques précédentes attribuées à Téhéran. Les raisons de cette guerre sont multifacettes, mais elles sont principalement liées aux tensions régionales et aux différends sur le programme nucléaire iranien. L’attaque a provoqué des ripostes de l’Iran et de ses alliés, notamment le Hezbollah au Liban, qui a lancé des missiles et des drones contre Israël.
La campagne de bombardements menée par les États-Unis et Israël le 28 février – qui a suivi un renforcement militaire massif au Moyen-Orient, inédit depuis l’invasion de l’Irak en 2003 – a tué Ali Khamenei, qui dirigeait l’Iran depuis 36 ans, a confirmé la télévision d’État iranienne le dimanche 1er mars. L’Iran a immédiatement riposté, avec des frappes signalées à travers le Golfe, notamment dans la capitale émiratie Abou Dhabi et près de bases militaires américaines de la région.
Le conflit a ainsi plongé plusieurs pays touchés dans un chaos sans précédent, à l'instar de ceux du Golfe, dont les Émirats arabes unis, et a entraîné une fermeture de l’espace aérien, qui a causé bien des désagréments avec des vols annulés, des passagers bloqués avant que les vols de rapatriement ne puissent être organisés. Parmi les images qui circulent, celles de l’hôtel Burj Al Arab, l’un des lieux iconiques de Dubaï, touché par des débris d’un drone intercepté, ont marqué les esprits, faisant tristement réaliser que ce qui arrive est réel.
Ces derniers jours, les fortes explosions dans le ciel et les incendies ont ainsi rythmé le quotidien des habitants de Dubaï, d’Abou Dhabi et d’autres villes de ce pays composé de sept émirats. Des images impressionnantes partagées sur les réseaux sociaux ou diffusées par les médias, montrant les effets des missiles et drones iraniens, attestent à quel point la vie dans ces pays a été troublée et chamboulée.
«La souffrance»
Selon les Nations Unies, des civils et des infrastructures civiles ont été visés en Iran, au Liban, en Syrie, dans les territoires palestiniens occupés, en Israël, ainsi qu’aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, au Qatar, au Koweït et en Arabie saoudite. Au Liban, les affrontements entre le Hezbollah et Israël ont fait de nombreux morts et blessés (les chiffres n’arrêtent pas d’évoluer). La situation humanitaire est jugée critique, avec des milliers de personnes déplacées et des besoins humanitaires urgents, et l’impact économique du conflit est aussi suivi de près. L’ONU appelle à la protection des civils et à un cessez-le-feu immédiat pour mettre fin à la souffrance des populations civiles.
Des compatriotes installés à Dubaï et qui se retrouvent confrontés à la réalité d’une guerre n’arrivent pas à réaliser ce qu’ils sont en train de vivre. Ce n’est pas Yvan Chetty qui dira le contraire. «Cela a été une expérience unique et inattendue pour moi et ma famille. Au début, c’était assez effrayant. Entendre des missiles voler au-dessus de nos têtes était quelque chose que je n’avais jamais vécu auparavant. Cela semblait irréel, presque comme si nous étions dans un film. Le moment le plus effrayant a été le matin du dimanche 1er mars, vers 2 heures, lorsque j’ai été réveillé par le bruit assourdissant des explosions. C’était vraiment terrifiant. Dimanche après-midi, à quelques pâtés de maisons de l’endroit où je vis actuellement, un drone iranien a frappé un immeuble d’habitation, dans le même quartier où nous vivions il y a deux ans. Nous n’avons rien entendu, mais les gens ont partagé l’information sur notre groupe WhatsApp communautaire. Savoir qu’un drone avait atterri si près de chez nous a rendu la situation très réelle et tendue», nous confie le Mauricien en revenant sur ces jours écoulés qui n’ont pas été de tout repos.
C’est bien évidemment avec beaucoup d’attention qu’il suit tout ce qui se passe : «En tant que parent, l’un des moments les plus difficiles a été de rassurer mes enfants. Ils m’ont interrogé sur les fortes détonations et étaient clairement effrayés. J’ai dû rester calme et leur expliquer qu’ils étaient en sécurité et que les autorités contrôlaient la situation. Même si j’étais inquiet intérieurement, je sais qu’il était important de leur montrer ma confiance et de les réconforter.»

Yvan et sa famille disent toutefois se sentir en sécurité. «Je pense que le gouvernement a bien fait de rassurer la population. Je ne dis pas cela uniquement pour le féliciter, mais parce qu’il a vraiment géré la situation de manière très efficace, et beaucoup d’autres partagent cet avis. Je dirais même qu’il s’agit de l’un des gouvernements les mieux préparés au monde pour faire face à une telle situation. Je travaille comme enseignant à Dubaï et j’ai vraiment apprécié la façon dont la communauté scolaire a réagi. Nous avons travaillé en ligne toute la semaine, avec pour seule consigne de publier les devoirs sur Google Classroom. Cette approche réfléchie a permis à chacun de s’adapter à sa manière. Les parents, le personnel et les autres parties prenantes se sont soutenus mutuellement tout au long de la semaine», raconte Yvan.
Pour lui, en ces moments d’incertitude, la solidarité doit primer. «J’ai ressenti la force de la communauté mauricienne ici. Même si nous ne nous réunissons pas souvent et ne socialisons pas beaucoup en tant que communauté, car la plupart des gens viennent à Dubaï pour travailler plutôt que pour s’y installer, nous nous sommes rassemblés pendant cette période difficile. Nous avons créé un groupe WhatsApp pour prendre régulièrement les nouvelles des uns et des autres. De plus, nous avons une équipe de football mauricienne qui joue chaque semaine. Nous nous sommes quand même retrouvés lundi soir pour un match amical, puis nous sommes allés dîner vers 23h30. Même si nous pouvions encore entendre des détonations lointaines, cela montrait à quel point nous nous sentions en sécurité et confiants. C’était réconfortant de passer du temps ensemble et de se soutenir mutuellement pendant cette période difficile», raconte Yvan qui se dit de tout cœur avec les victimes de cette triste guerre.
Une autre compatriote, Nasseema Taleb, a aussi connu des moments stressants. «Ces derniers jours ont été très tendus, mais nous restons forts et lucides. Dans des moments comme ceux-ci, il est particulièrement important de garder son calme. Lorsque des décisions doivent être prises, il vaut toujours mieux les prendre dans un état d’esprit stable et lucide plutôt que dans la peur. Ayant vécu à Dubaï pendant plus de 12 ans, je peux dire que cette situation est sans précédent. Néanmoins, les autorités font tout leur possible pour assurer notre sécurité dans les circonstances actuelles. Nous sommes profondément reconnaissants au gouvernement des Émirats arabes unis pour ses efforts et son engagement en faveur de notre sécurité. Nous tenons également à remercier sincèrement l’ambassade de Maurice pour sa réactivité et pour avoir fait tout son possible afin de trouver des solutions viables pour tous les membres de la communauté mauricienne», nous dit Nasseema Taleb qui reste scotchée aux nouvelles pour ne rien perdre de l’actualité autour du conflit qui secoue le Moyen-Orient.
Durant les jours écoulés, la Mauricienne Zaahirah Zabeen Muthy a aussi vu son quotidien être chamboulé : «La journée du samedi 28 février était très spéciale, voire assez terrifiante. Aux Émirats, tout le monde est encore sous le choc. Dubaï n’est pas un pays où on a l’habitude de vivre ce genre de chose. Ce dimanche 1er mars, on est restés, avec ma famille, à la maison. J’étais sortie le matin pour faire quelques courses. Les routes étaient quasiment désertes. On reçoit des messages sur nos téléphones et on nous dit de ne pas rester près des portes et des fenêtres et de rester à l’intérieur dans des pièces où il n’y a pas d’ouverture.»
Cette expérience, dit-elle, la marquera à jamais. «On a plusieurs fois entendu des bombes. Mon fils s’est réveillé en entendant ces bruits. C’était terrifiant. Ce qui arrive a un impact psychologique extraordinaire. Il y a aussi de la peur. On suit de près les informations et on s’envoie des messages entre amis Mauriciens vivant ici. J’en connais et je suis en contact avec eux. On vit avec la frayeur. Par rapport à la situation, on ne sait pas trop comment ça va évoluer. Chez nous, j’ai même pensé à mettre des matelas dans le couloir pour dormir parce que dans toutes les chambres, il y a des fenêtres. C’est pour la sécurité surtout. On est certes sous le choc, mais le gouvernement est vraiment fort. La force militaire intercepte plusieurs missiles», nous confie-t-elle en revenant sur les récents événements.
Une ambiance particulière plane sur le pays, dit-elle. «En ce mois de Ramadan, il y a généralement des événements en soirée, mais tout a été stoppé. Toute notre routine a été chamboulée et tout le monde est à la maison. Ça fait peur. J’ai des amis qui habitent dans les régions où il y a eu des explosions. C’est effrayant. Nous-mêmes, quand nous entendons les détonations, on a peur. On en a entendu plusieurs. Je suis en contact avec l’ambassade de Maurice en Arabie Saoudite. J’ai proposé mes services pour aider des compatriotes en difficulté», conclut notre compatriote qui, forte de ce qu’elle a expérimenté, est de tout cœur avec les victimes des guerres... De toutes les guerres.
Suttyhudeo Tengur, président de l’Association for the protection of the environment and consumers (APEC)
«Les répercussions pourraient se faire sentir à travers les marchés de l’énergie, les coûts du fret et les pressions inflationnistes...»
Quelles sont les conséquences de ce conflit au Moyen-Orient pour l’économie mauricienne ? C’est la question que se pose Suttyhudeo Tengur, président de l’Association for the protection of the environment and consumers (APEC). «Les récentes analyses publiées par Reuters, Bloomberg et d’autres agences financières internationales soulignent que l’escalade militaire impliquant Israël et les États-Unis pourrait provoquer un choc économique mondial. Bien que le conflit soit géographiquement éloigné de Maurice, ses répercussions pourraient rapidement se faire sentir à travers les marchés de l’énergie, les coûts du fret et les pressions inflationnistes», souligne Suttyhudeo Tengur.
Pour lui, la situation doit être suivie avec attention. «Dans les semaines à venir, les autorités mauriciennes devront suivre attentivement l’évolution du Brent, des indices de fret maritime et du taux de change. Une communication transparente sera essentielle pour préserver la confiance et éviter les comportements spéculatifs. Face aux chocs géopolitiques, la vigilance – et non la panique – doit guider la réponse nationale.»
Risque de pénurie dans le pays : les autorités rassurent
«Le pays ne connaît actuellement aucune pénurie alimentaire...» C’est ce qu’assure le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Arvin Boolell, face à l'inquiétude de nombreux Mauriciens. Ce sujet avait été abordé lors d’une réunion du Comité d’urgence sur la sécurité alimentaire avec les principaux acteurs du secteur agro-industriel. L’objectif était d’organiser une session interactive et d’examiner la disponibilité des denrées alimentaires essentielles, compte tenu de la situation géopolitique actuelle dans le monde.
À l’issue de la réunion, Arvin Boolell a souligné, dans une déclaration, que l’office de commercialisation agricole avait donné l’assurance qu’il disposait de stocks suffisants de pommes de terre, d’oignons et d’ail, tandis que des cargaisons supplémentaires devraient arriver dans le pays d’ici le 10 avril. Lors d’une déclaration, ces derniers jours, le ministre du Commerce et de la Protection des consommateurs, Michael Sik Yuen, a aussi rassuré la population sur le fait qu’il n’y a pas de pénurie de carburant à Maurice et à Rodrigues.
Maurice aux côtés des compatriotes se trouvant dans les pays concernés par les attaques
Les autorités, qui ont réaffirmé leur position diplomatique, appelant à la cessation immédiate des hostilités et à la reprise du dialogue entre les parties concernées concernant le conflit en cours, sont en étroite communication avec des compatriotes se trouvant dans les pays concernés par la guerre au Moyen-Orient. Dans ses délibérations, le Conseil des ministres précise que le ministère des Affaires étrangères a établi un contact direct avec les citoyens mauriciens présents dans toute la région du Golfe, avec le soutien et la coordination des missions diplomatiques à Riyad et à Islamabad, ainsi que du consulat de Maurice à Dubaï.
Selon le Conseil des ministres, environ 121 ressortissants mauriciens se trouvant au Koweït, à Oman, au Qatar, à Bahreïn et en Arabie saoudite ont pris contact avec la mission à Riyad en vue de leur retour à Maurice. «Vingt ressortissants mauriciens, principalement des pèlerins, ont quitté Djeddah pour Maurice le 2 mars 2026. En outre, 39 ressortissants mauriciens sont rentrés sains et saufs à Maurice le 3 mars via Nairobi. Trois vols ont été programmés par Emirates pour la liaison Dubaï-Maurice du 5 au 7 mars. Sur les 72 ressortissants mauriciens actuellement enregistrés à Dubaï, environ 80 % devraient quitter Dubaï à bord de ces vols d’ici le 7 mars», soulignent les autorités.
Le Conseil des ministres précise que des dispositions sont également prises pour qu’un ressortissant mauricien qui se trouve actuellement en Iran puisse rentrer à Maurice via la Turquie.
Après avoir été bloqués, des compatriotes rentrent au pays «soulagés»
Notre petite île suit de très près le conflit au Moyen-Orient... Dès les premières heures de la guerre le samedi 28 février, les autorités ont fait savoir qu’elles étaient à la disposition des Mauriciens et de ceux et celles qui «se trouveraient en difficulté» dans les régions affectées. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a appelé à la prudence et a conseillé de ne pas se rendre dans les destinations concernées par la guerre. Une hotline (+230 405-2576) a été mise à la disposition de nos compatriotes et une cellule de crise est aussi proposée : faconsular@govmu.org, mfa@gov.mu.org. L’ambassade de Maurice en Arabie Saoudite a aussi fait savoir qu’elle était en contact avec ceux et celles concernés par les frappes au Moyen-Orient. Si les vols à destination et en provenance de Maurice avaient été suspendus, certains compatriotes qui se trouvaient dans les pays concernés pour les études, en vacances, pour travailler ou encore pour le pèlerinage ont pu regagner Maurice durant la semaine écoulée grâce à des opérations de rapatriement qui ont été organisées. «Nous sommes évidemment soulagés. À Makkah, où je me trouvais, on était en sécurité. Je suivais la guerre et je connais l'ampleur du conflit. Le problème s'est posé quand il y a eu la suspension des vols. Tou tinn vinn anbalao : l'aéroport était fermé, nou biye tinn expire, nou larzan ti pe fini, nou ti bizin rann lotel. Là, on était très stressés, mais heureusement, des solutions ont été trouvées grâce à l'aide des autorités et on a pu rentrer», nous confie Raouf Khodabaccus qui a pu rentrer au pays ce vendredi 6 mars après maintes péripéties.
Tahir Wahab, observateur économique
«La population doit s’attendre à une augmentation progressive des prix et à des pénuries...»
Quelles peuvent être les conséquences du conflit au Moyen-Orient dans le monde et pour Maurice ? De quoi sera fait demain économiquement parlant ? Tahir Wahab, expert-comptable et observateur économique, nous livre son analyse.
Constat : «La guerre qui oppose aujourd’hui l’Iran aux États-Unis et à Israël, notamment autour du détroit d’Ormuz, représente un risque majeur pour l’économie mondiale. Ce passage stratégique voit transiter environ 20 à 21 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20 % du commerce mondial de pétrole. Toute perturbation prolongée dans cette région peut provoquer une flambée des prix de l’énergie et perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales.»
À quoi peut-on s’attendre ? «La durée du conflit sera déterminante. Une crise de courte durée pourrait provoquer une volatilité temporaire des prix. En revanche, si les tensions se prolongent pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, elles pourraient entraîner une période durable de volatilité énergétique, d’inflation et d’incertitude économique mondiale.»
Qu’en est-il pour notre petite île ? «Pour Maurice, les conséquences pourraient être significatives. Premièrement, le pays importe 100 % de ses produits pétroliers et la facture pétrolière nationale dépasse largement les Rs 50 milliards par an. Ces produits sont indispensables au transport, à la production d’électricité et à de nombreuses activités économiques. Une hausse durable du prix du pétrole de 20 % à 30 % alourdirait fortement cette facture et accentuerait la pression sur la balance commerciale, car les experts estiment que le baril de pétrole, qui était autour de 72 dollars avant le déclenchement de la guerre, pourrait atteindre 100 à 150 dollars. Deuxièmement, le coût du fret maritime augmenterait également en raison des risques et des détours que les navires marchands devraient effectuer pour éviter les zones de conflit. Les tarifs du transport maritime étant fortement liés aux prix du carburant, ces perturbations pourraient entraîner une hausse significative des coûts. Pour une économie insulaire dépendante du commerce international comme Maurice, cela renchérirait le coût des importations de produits alimentaires, pharmaceutiques, de biens de consommation et de matières premières.
Troisièmement, les secteurs du tourisme, du commerce et de la logistique pourraient être affectés. Dans un contexte d’incertitude géopolitique, certains marchés touristiques traditionnels pourraient reporter leurs voyages. Par ailleurs, l’augmentation du prix du carburant aérien entraîne généralement une hausse du coût des billets d’avion, ce qui pourrait ralentir les flux touristiques vers l’île et réduire l’entrée de devises étrangères dans l’économie. Enfin, Maurice pourrait faire face à une inflation importée. Des pays producteurs comme l’Inde et la Chine, dépendants du pétrole du Golfe, verraient leurs coûts de production augmenter, ce qui se traduirait par une hausse des prix des produits importés.» Et l’avenir ? «Dans ce contexte, la population doit s’attendre à une augmentation progressive des prix et, de temps à autre, à des pénuries de certaines denrées alimentaires, en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales. Le prochain Budget s’annonce donc crucial et le pays ne peut plus fonctionner business as usual. Maurice doit anticiper ce choc externe en renforçant sa sécurité énergétique, diversifier ses sources d’approvisionnement loin des zones de conflit et accélérer la transition vers les énergies renouvelables.»
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