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Drames routiers : trois autres morts et encore des cœurs brisés

10 février 2026

Trois familles supplémentaires pleurent la perte d’un proche après des accidents de la route. Avec 22 victimes depuis début janvier, le bilan dépasse déjà celui de l’an dernier à la même époque, où 18 personnes avaient trouvé la mort.

Saariya Gunga, 22 ans, perd la vie à Moka

Son épouse Saadiyah : «Mo misie inn mor avan nou sink mwa mariaz»

Il a été brutalement arraché à la vie, laissant derrière lui une jeune épouse et une famille terrassées par une douleur innommable. Saariya Gunga, 22 ans, qui s'apprêtait à célébrer ses cinq mois de mariage, a perdu la vie dans un accident de la route survenu le mardi 3 février, en fin d’après-midi, à Moka. Le jeune habitant de L’Avenir, Saint-Pierre, circulait à moto en direction de Réduit lorsqu’une collision avec une voiture a provoqué sa chute sur la chaussée. Dans la confusion qui a suivi, un autobus venant en sens inverse est également entré en collision avec sa moto. Grièvement blessé, il a été transporté d’urgence à l’hôpital Jeetoo. Malgré les soins prodigués en urgence, il a succombé à de graves blessures à la tête, comme l’a confirmé l’autopsie pratiquée à Candos peu après.

Totalement effondrée, son épouse Saadiya Gunga, 18 ans, peine encore à réaliser l'inconcevable. «Tou dimounn ti bien kontan li. Li ti enn bon dimounn», murmure-t-elle, la voix brisée par le chagrin. Leur dernière conversation restera à jamais gravée dans son coeur. «Je lui ai parlé peu avant l’accident.» Un souvenir à la fois précieux et déchirant. «Enn zourne nou ti ansam. Li'nn al kit mwa kot mo mama Rose-Hill. Li ti pe vinn sers mwa kan li'nn fer aksidan», explique-t-elle.

La jeune veuve évoque un mari attentionné, passionné, plein de projets. «Il était un époux exemplaire», souffle-t-elle, inconsolable. Saariya Gunga avait un car wash à St-Pierre. Il travaillait dur pour pouvoir construire sa maison et fonder une famille ; il souhaitait avoir deux enfants, confie son épouse. «Li ti ena plin proze dan so latet. Depi bien lontan nou frekant nou kamarad. Me nou mariaz inn dir zis sink mwa. Bien difisil aksepte sa. Mo misie inn mor avan nou sink mwa mariaz», se lamente la jeune fille.

Leur vie à deux, à peine entamée, a été brutalement interrompue par un drame qui plonge aujourd’hui toute une famille dans le deuil. Une vie fauchée trop tôt, un amour brisé et une route, une fois de plus, marquée par la douleur et les larmes.

Nesan Doomun, 89 ans, renversée par un van à St-Pierre

Sa fille Salma : «Li difisil pou krwar ki sofer-la pann trouv mo mama»

La demeure des Doomun s’éveille dans une atmosphère particulièrement animée ce mercredi matin. Plusieurs membres de la famille sont présents aux côtés de Salma, 61 ans, pour l’épauler dans les préparatifs du «servis trwa zour» qui aura lieu le lendemain. Un grave accident de la route survenu le 6 février, vers 9h50, est venu bouleverser l'existence de cette famille de Circonstances, à St-Pierre.

Badnoonnissan Doomun, née Toraub, plus connue sous le sobriquet de Nesan, a perdu la vie après avoir été percutée par un van privé. Selon les premiers éléments de l’enquête policière, le véhicule impliqué est un Toyota Hiace blanc conduit par un homme de 59 ans, habitant la région. Ce dernier circulait sur la route principale lorsqu’il a heurté la nonagénaire alors qu’elle traversait la route.

À son arrivée sur place, le personnel du SAMU n’a pu que constater le décès de la vieille dame. Le même jour, une autopsie a attribué son décès à un «shock due to multiple injuries». Un alcootest pratiqué sur le conducteur s’est révélé négatif. Selon la version du chauffeur, la piétonne aurait traversé brusquement la route dans un virage dangereux, ne lui laissant pas le temps d’éviter l’impact.

Une accusation provisoire d’homicide involontaire par imprudence a été retenue contre lui devant le tribunal de district de Moka. Il a été libéré après avoir fourni une caution de Rs 26 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 150 000. Très connue à Circonstances, Nesan Doomun menait une vie active malgré son âge avancé. Au moment de l'accident, elle traversait vraisemblablement la route pour se rendre dans une boutique du voisinage.

Salmah, 61 ans, la fille de la victime, a encore du mal à admettre la disparition brutale de celle-ci. «Li ti abitie dir kan li sorti. Mo mama ti ena bon lasante. Li pa ti met linet nanye pou so laz. Li ti bien indepandan. Li ti ena so karo kot li ti plant lake zwanion ek bred sousou. Li ti vann so legim St-Pierre. Li ti okip so vas ousi. Li ti al marse partou. Li ti al fer so lapriyer tousel moske tou le zedi. Sa zour-la, personn pa ti kone linn sorti. So lamor enn sok terib pou nou fami», regrette Salmah.

Le drame est survenu un jour particulièrement symbolique pour la communauté musulmane, soit celui du Shab-e-Barat, célébré 15 jours avant le début du ramadan. Comme à son habitude, Nesan Doomun s’était réveillée tôt pour accomplir la prière de l’aube avant de vaquer à ses occupations. «Linn leve. Linn fer so lapriyer Fadjr. Linn manz so bol sereal, apre linn sorti trankil san ki nou kone», souligne Salmah. Elle dit regretter que sa mère ait quitté ce monde sans avoir pu accomplir l’Umrah ou encore le Hadj. Veuve depuis de nombreuses années, Nesan Doomun était mère de huit enfants, dont deux sont décédés.

Selon une source proche de l’enquête, le conducteur du van, qui se dirigeait vers L’Avenir, aurait déclaré aux enquêteurs n’avoir aperçu qu'«enn zafer blan» juste avant la collision. Une version difficile à accepter pour la famille endeuillée. «Li difisil pou krwar ki sofer-la pann trouv mo mama. Enn sime drwat sa. Ena enn kontour divan. So lamor enn gran lapert pou nou fami. Nou leker fermal boukou, sirtou ki nou mama inn res lor sime lontan avan lanbilans vini», lâche Salmah. L’enquête policière se poursuit afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce drame qui bouleverse profondément Salmah et les siens.

Délit de fuite mortel à Bambous-Virieux

Joseph Sydney Pauline, alias Torti, perd son combat après 12 jours d’hospitalisation

Il n’a pas survécu à ses blessures. Joseph Sydney Pauline, plus connu sous le surnom de Torti, est décédé le 5 février à l’hôpital de Rose-Belle, où il était admis depuis le 24 janvier. Selon la police, ce septuagénaire habitant Bambous-Virieux avait été grièvement blessé à la tête lors d’un accident sur la route principale de sa localité, impliquant un bus de la compagnie Jet Travel Tours. Selon la police toujours, le chauffeur a pris la fuite après la collision. L’autopsie a révélé que le décès est survenu à la suite d’une septicémie. Les funérailles de Joseph Sydney Pauline ont eu lieu le lendemain. L’enquête policière se poursuit.

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