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Économie et justice, ou les enjeux de 2026 !

4 janvier 2026

À l’aube de cette nouvelle année, que peut-on légitimement souhaiter pour notre pays ? En attendant les premiers contours de l’ambitieuse Vision 2050, censée réimaginer Maurice pour les générations futures, une question s’impose : que nous réserve concrètement l’année 2026 ? Au-delà des annonces et des projections à long terme, ce sont surtout les réalités quotidiennes des Mauriciens qui serviront de baromètre : qu’est-ce qui changera vraiment dans leur vie, dans leur porte-monnaie et dans leur confiance envers ceux qui les gouvernent après la désillusion de 2025 ?

S’il existe un axe qui demeure prioritaire pour les dirigeants, c’est bien celui de la relance économique. Tout au long de l’année dernière, Ramgoolam et son équipe ont insisté sur l’héritage catastrophique du MSM pour expliquer les marges de manœuvre réduites de l’Alliance du Changement. D’où la déception suscitée par plusieurs décisions impopulaires : suppression de certaines allocations, relèvement de l’âge de la retraite, compensation salariale jugée insuffisante, promesse non tenue de la rétroactivité du rapport du PRB, entre autres.

Après ce constat et ces mesures austères, le gouvernement est désormais attendu sur sa capacité à sortir du registre théorique pour livrer des résultats mesurables. Quels choix permettront réellement de redonner du souffle à l’économie ? Quelles perspectives pour les Mauriciens alors que le pays peine toujours à accroître sa production locale, à réduire sa dépendance aux importations et à contenir la hausse du coût de la vie ? Malgré les subsides sur plusieurs produits de base, les prix continuent de grimper, érodant le pouvoir d’achat et nourrissant la frustration.

Que souhaiter pour 2026, sinon des mesures qui redonnent confiance aux citoyens et l’espoir d’une amélioration visible de leur situation ? Peut-on faire confiance au Premier ministre quand il dit lui-même, dans son message du Nouvel An, que «2026 sera l’année de l’économie. Nou tou ansam : gouvernman, bann antreprener, tou bann travayer, nou bizin marye pike. Kalite nou lavi an 2026 ek apre li depann lor nou sitiasion ekonomik...» ?

Mais la relance économique ne suffira pas sans une autre condition essentielle : une justice ferme, crédible et égale pour tous face à la fraude, aux détournements et à la corruption. Car aucune reprise durable n’est possible tant que certains continuent de confondre intérêt public et intérêts privés, installant un système où passe-droits et abus de pouvoir prennent le dessus. La confiance économique passe par la confiance dans nos institutions ! L’annonce du Premier ministre sur un changement du système au niveau de la fraude et de la corruption – rappelant qu'il n’y avait qu’une seule arrestation pour corruption en 2024 contre 95 en 2025 – à travers de nouvelles lois et un zéro tolérance ne peut qu’être salutaire.

Alors qu’en 2025, le public a suivi en direct le ballet des personnalités soupçonnées de crimes financiers, convoquées par la Financial Crimes Commission (FCC), alors que certains ont passé quelques nuits en détention, quand d’autres, soudain frappés de problèmes de santé, ont trouvé refuge dans des cliniques privées, évitant la cellule, l’attente est aujourd’hui immense. Ceux qui ont abusé de l’argent public rendront-ils enfin des comptes ? Est-ce que la perception faisant accroire que les puissants s’en sortent toujours, entre libérations sous caution, renvois judiciaires successifs et procédures interminables sera une réalité en 2026 ?

Certes, la justice doit prendre le temps nécessaire pour établir les responsabilités et éviter tout vice de procédure. Certes, il ne s’agit ni de précipitation, ni de transformer les tribunaux en spectacle. Mais les citoyens attendent des délais raisonnables et des décisions claires : que les coupables soient sanctionnés, que les innocents soient blanchis.

À l’aube de 2026, pouvons-nous espérer une justice mettant tous au même niveau, des institutions des institutions crédibles, solides et transparentes – et une économie enfin relancée ?C’est tout le bien qu’on peut légitimement souhaiter pour notre pays : réconcilier la performance économique et l’intégrité publique afin de restaurer la confiance citoyenne…

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