Publicité

Mexique

Entre forteresse défensive et rêves de dernier carré

30 juin 2026

Jusqu'où peut aller El Tri ? Après trois matchs de phase de groupes parfaitement maîtrisés, le Mexique s'est imposé comme l'une des belles surprises de ce début de Coupe du monde 2026. Coorganisateur du tournoi, El Tri a terminé premier du groupe A avec un bilan impeccable : trois victoires, aucun but encaissé et une confiance grandissante.

La principale force du Mexique réside dans sa solidité défensive. Les hommes de Javier Aguirre ont réalisé un exploit rare en terminant la phase de groupes sans concéder le moindre but. Ils sont même devenus la première équipe depuis l'Uruguay en 2018 à garder sa cage inviolée lors de ses trois premiers matchs de Coupe du monde. Le milieu défensif Edson Álvarez apporte beaucoup d'équilibre, tandis que le gardien Raúl Rangel s'est montré décisif dans les moments importants. Cette rigueur collective permet au Mexique de rester dangereux, même lorsqu'il ne domine pas totalement ses adversaires.

Le deuxième atout majeur est évidemment le soutien du public. Le mythique Estadio Azteca reste une forteresse pour El Tri. Le Mexique y a prolongé sa série d'invincibilité en Coupe du monde et bénéficie également de l'altitude, un facteur souvent difficile à gérer pour les sélections européennes ou asiatiques. L'histoire joue aussi en sa faveur : les deux meilleurs parcours du Mexique en Coupe du monde ont été réalisés lorsqu'il accueillait le tournoi, en 1970 et en 1986, avec à chaque fois une place en quarts de finale.

Tout n'est cependant pas parfait. Malgré ses victoires, le Mexique n'a pas toujours convaincu offensivement. Face à la Corée du Sud, l'équipe a eu du mal à créer des occasions franches et son unique but est venu d'une erreur adverse. Même Javier Aguirre a reconnu que son équipe devait progresser dans l'animation offensive. Les buts sont répartis entre plusieurs joueurs, mais El Tri ne possède pas encore un véritable attaquant de classe mondiale capable de faire basculer seul les grands matchs, comme peuvent le faire Mbappé, Haaland ou Vinícius pour leurs sélections respectives.

Atteindre les quarts de finale paraît aujourd'hui un objectif réaliste. Le nouveau format à 48 équipes offre un tableau potentiellement favorable aux vainqueurs de groupe, et le Mexique devrait encore bénéficier du soutien de son public lors des premiers tours à élimination directe.

En revanche, lorsqu'il faudra affronter les grandes puissances mondiales comme la France, l'Argentine, l'Espagne ou le Brésil, les limites offensives pourraient devenir plus visibles. La défense peut maintenir le rêve en vie, mais pour viser une demi-finale historique, le Mexique devra gagner en efficacité devant le but. El Tri n'est peut-être pas parmi les grands favoris au titre, mais il possède tous les ingrédients d'un outsider dangereux : une arrière-garde de fer, une organisation tactique rigoureuse, l'expérience de Javier Aguirre et l'immense ferveur de ses supporters.

Si le Mexique conserve cette discipline défensive et trouve davantage d'inspiration en attaque, il a les moyens de signer son meilleur parcours mondial depuis 1986 et de rêver, pourquoi pas, d'une place dans le dernier carré.

Publicité