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Le troublant décès de Maeva, 12 ans : sa mère crie à la négligence médicale

2 novembre 2015

Selon Sabrina, sa fille a été déclarée morte alors qu’elle ne l’était pas encore.

A-t-on laissé mourir Maeva ? C’est la question qui ronge Sabrina, 33 ans, une habitante de Camp Créole à Albion, depuis le décès de sa fille de 12 ans. Selon le certificat de décès, Maeva Dowlut a rendu l’âme suite à une «dilated cardiomyopathy septicemia», soit une infection, après avoir été victime d’une insuffisance cardiaque.

 

Ses funérailles ont eu lieu le vendredi 30 octobre au cimetière de Phoenix sur fond de polémique. La police voulait récupérer la dépouille de la fillette pour les besoins d’une autopsie après que Sabrina a fait une déposition pour dire que sa fille a été victime d’une négligence médicale. Mais ses proches se sont formellement opposés à cet exercice arguant que la fillette «a déjà trop souffert».

 

Le calvaire de Sabrina et de sa famille débute il y a quelques semaines, lorsque Maeva tombe malade. Sa mère l’emmène chez un médecin du privé qui diagnostique, dit-elle, une infection des os et lui prescrit des médicaments. Une quinzaine de jours de cela, l’état de la fillette empire ; elle commence à avoir des difficultés à respirer. «Elle a alors reçu des soins à l’hôpital de Candos. Elle a été nébulisée et est rentrée à la maison avec des médicaments», explique Sabrina, mère célibataire de quatre enfants.

 

Son état ne s’améliore toutefois pas. Maeva retourne à l’hôpital peu après pour y être admise cette fois : «J’ai un choc lorsqu’un médecin m’a dit que ma fille souffrait d’une grave infection et qu’il ne savait pas combien de temps elle allait vivre. Elle avait toujours du mal à se nourrir. J’ai signé un discharge form une semaine après pour que ma fille puisse rentrer. Elle ne voulait plus rester à l’hôpital.»

 

Chez elle, Maeva est au plus mal. «Li ti pe vomi tou seki li manze. Mo ti reamenn li lopital ankor. Dokter ti dir mwa bizin admet li me monn signe ankor pu pa admet li. Li ti difisil pu mwa kit li lipotal ankor alor ki li ti feb net. So lipie ti osi anfle.» Mais peu de temps après, la mère décide de ramener sa fille à l’hôpital, car elle est à bout de force : «Sur place, j’ai présenté des excuses au médecin. Ce dernier a demandé au personnel soignant d’effectuer une prise sanguine. J’ai eu un grand choc lorsque les résultats sont tombés. Le docteur m’a dit que ma fille souffrait d’une insuffisance cardiaque. Son cœur était trop gros et peinait à pomper le sang.»

 

Intervention chirurgicale

 

Maeva est également soumise à une échographie qui démontre qu’il y a une fuite au niveau d’une artère de son cœur. Selon les médecins, il faut l’opérer mais cette intervention chirurgicale ne se fait pas à Maurice. Peu après, Sabrina apprend aussi que sa fille est anémique. Comme un malheur n’arrive jamais seul, Maeva souffre aussi d’un grave problème de déshydratation. «Tou so bane rezilta analiz pa ti bon. Dokter dir infeksion mem», explique Sabrina. L’adolescente est placée sous perfusion et peu après, recommence à manger. Sa mère croit alors qu’elle va s’en sortir. «Elle a recommencé à parler et à rire. J’avais acheté une paire de chaussures neuves pour elle. Elle a beaucoup apprécié. C’était le soir du mercredi 28 octobre, la veille de son décès, mais aux petites heures du matin, son état s’est détérioré. L’hôpital m’a appelée pour me demander de venir au plus vite», se souvient Sabrina.

 

Arrivée sur place vers 5h30, l’habitante d’Albion trouve sa fille dans un état comateux : «Elle était sans connaissance et était en réanimation. Peu après, une doctoresse est venue me voir pour me dire que son état était stable, mais qu’il fallait prier. On lui avait fait une injection pour permettre à son cœur de se reposer.»

 

Vers 6h30, Sabrina est, une fois de plus, sollicitée : «Zot dir mwa leker mo tifi pa pe bat ditou ek ki zot pe fer tou pu sov li. Vers 7 heures, ils m’ont dit qu’elle était morte. Quand nous l’avons ramenée à la maison en voiture, je l’ai placée sur moi et j’ai senti battre son cœur. À la maison, le sang s’est mis à couler de la plaie laissée par la perfusion. J’ai appelé l’hôpital, mais on m’a dit que c’était normal.»

 

Sabrina sollicite alors le SAMU. «Un fois sur place, le médecin m’a dit qu’elle avait toujours un pouls et respirait. Il a voulu la ranimer, mais elle a rendu l’âme deux minutes plus tard. Il était 14h30. La police est venue à la demande du SAMU. Je leur ai donné un statement dans lequel je leur ai dit que l’hôpital de Candos a déclaré ma fille morte alors qu’elle était toujours en vie», se lamente Sabrina.

 

Elle n’a pu assister à l’inhumation de sa fille au cimetière de Phoenix. Sa douleur est d’autant plus grande. Membre de l’Assemblée de Dieu, Sabrina va, dit-elle, se plonger dans la prière pour tenter de remonter la pente : «Zot tou pe dir mwa pran kouraz Bondie inn apel li me li difisil pu aksepte sa. Mo tifi ti mekonesab lor so kanape.»

 

Le service hospitalier n’a pas souhaité commenter cette affaire dans la mesure où il y a une enquête en cours. Mais des sources proches de l’hôpital estiment que la petite Maeva serait peut-être encore en vie si sa mère n’avait pas signé le Discharge Against Medical Advice Form à deux reprises pour ramener sa fille à la maison.

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