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Saisie de Rs 5 millions à Cité Ste-Claire : Pourquoi John Brant Vivien est considéré comme un caïd

8 novembre 2016

Certains le considèrent comme l’Al Capone de Cité Ste-Claire. Mais selon sa famille, il n’est pas un «baron de la drogue»ou un «parrain de la mafia». Toujours est-il que lors d’une grosse opération cette semaine, la police a retrouvé Rs 5 millions chez lui, à Cité Ste-Claire, Goodlands, soupçonnées de provenir du trafic de drogue. Depuis, John Brant Vivien, 33 ans, plus connu comme John Brown dans sa localité, est sous les verrous, sous une accusation provisoire de blanchiment d’argent. D’autres membres de sa famille ont également été arrêtés (voir plus bas).

 

On est le jeudi 3 novembre, aux petites heures du matin. Cité Ste-Claire dort encore quand elle est soudainement réveillée par une agitation peu ordinaire. Plusieurs unités de la police viennent de débarquer au cœur de cette localité pour perquisitionner 12 maisons simultanément. Les policiers mettent ainsi la main sur une certaine quantité de gandiaet de la drogue synthétique dans plusieurs maisons mais la plus grosse saisie se fait au domicile de la famille de John Brant Vivien : Rs 5 millions sont retrouvées dans un meuble en béton et en bois. De l’argent que la police soupçonne de provenir du trafic de drogue. Mais qui est, selon Marlène Vivien, la mère de John Brant, le fruit du travail de ce dernier.

 

Son fils, dit-elle, tient une tabagie devant sa maison et fait le commerce de «ros kuler» qu’il achète pour les revendre au prix fort. Selon elle toujours, Rs 165 000 de l’argent saisi auraient été reçues comme indemnisation d’une compagnie d’assurance après un accident. Pour Marlène Vivien, son fils est innocent de ce dont on l’accuse.

 

Déjà fiché

 

Toutefois, la police a des raisons de penser qu’il est trempé dans le trafic de drogue et l’a à l’œil depuis un moment, d’autant qu’il est déjà fiché pour divers délits d’agression, entre autres. D’ailleurs, au moment de son arrestation, le jeudi 3 novembre, l’homme était en liberté conditionnelle. En janvier, il avait été arrêté ainsi que deux de ses frères, Louis John, 44 ans, et Louis Sohair, 36 ans, ainsi que d’autres suspects après une bagarre sanglante dans leur localité.

 

Une violente altercation avait opposé deux «gangs» rivaux soupçonnés d’être mouillés dans le trafic de drogue, l’un mené par les Vivien et les Esplacatou, qui sont parentés, et l’autre par un dénommé Kael Permes, l’ancien meilleur ami de John Brant Vivien. L’objet du litige : le trafic de drogue de synthèse à Cité Ste-Claire, sur lequel les deux groupes voulaient chacun, semble-t-il, avoir la mainmise.

 

Kael Permes, lui aussi arrêté à l’époque, n’a pu retrouver la liberté car il fait l’objet d’une accusation de tentative d’assassinat ainsi que de threat et de wounds & blows causing incapacity more than 20 days. C’est ainsi que John Brant aurait obtenu le total contrôle de Cité Ste-Claire avec sa bande, dont ses quatre frères. Son influence dépasserait Cité Ste-Claire pour s’étendre à d’autres régions du Nord et d’ailleurs.

 

Selon une source policière, il aurait à son actif une quinzaine dejockeyspour la distribution de la drogue et traiterait de transactions de plusieurs milliers de roupies. Il aurait des taupes dans toutes les rues de son quartier. D’ailleurs, il est très difficile de recueillir des informations sur lui dans la localité. Personne n’ose dire du mal de lui ou de sa bande par peur des représailles.

 

Certains à Cité Ste-Claire se réjouissent que celui considéré comme l’un des «caïds» du Nord soit derrière les verrous, alors que d’autres n’hésitent pas à prendre la défense de John Brant qu’ils présentent comme un enfant de chœur.

 


 

Une opération policière très musclée

 

Tout commence peu après 5 heures en ce jeudi 3 novembre. Plusieurs équipes de la brigade anti-drogue sont mandées à Cité Ste-Claire. Il y a également neuf sections de la SSU, deux du commando de la NCG, deux du GIPM, une de l’Engineering Squadron de la SMF, la Police Dog Sectionainsi que l’Helicopter Squadron.

 

C’est dans ce coin de la maison que les policiers ont retrouvé l’argent qu’ils soupçonnent de provenir du trafic de drogue.

 

Douze maisons sont perquisitionnées, de la drogue est retrouvée dans certaines ainsi que Rs 5 millions chez la famille de John Brant Vivien. Ce dernier est arrêté ainsi que quatre autres personnes : Antonio Patrick Esplacatou pour possession de cannabis synthétique -– il avait cinq doses chez lui ; Saroja, l’épouse de Louis Sohair Vivien, chez qui un colis contenant 2,6 grammes de gandiaa été retrouvé – son mari a pris la fuite ; Mikendy Esplacatou et Nicolas Pierre Louis, qui faisaient tous deux l’objet d’un mandat d’arrêt pour obstructing a public officer in the execution of his duty et damaging government vehicule lors d’une descente de l’ADSU le 28 octobre. Le mari de la sœur de John Brant avait aussi été interpellé avant d’être autorisé à rentrer chez lui.

 


 

Marlène Vivien : «Je déplore l’attitude des policiers»

 

Elle dit avoir vécu la plus terrible expérience de sa vie. C’était lors de la fouille qui a débouché sur la saisie de Rs 5 millions chez elle, dans une commode en béton et en bois utilisée uniquement par son fils John Brant Vivien.

 

Marlène, 64 ans, raconte qu’elle dormait lorsque plusieurs policiers ont fait irruption chez elle. «Ziska dan brioss premyer kominion mo ti zanfan zot in met ledwa pu rod la drog. Zot inn osi kraz mo televizion ek lezot laparey. Bann zanfan inn tromatize net», raconte la sexagénaire. Elle allègue qu’un policier l’a frappée à une jambe avec une matraque «parski mo ti pe refiz dir zot kot ena la drog kot mwa».

 

Marlène Vivien allègue avoir été brutalisée par la police durant la fouille à son domicile.

 

Marlène Vivien affirme qu’elle ne savait pas que son fils cachait cette grosse somme d’argent à la maison : «Je fais régulièrement le va-et-vient entre ma maison et l’hôpital. Je viens de me faire opérer à la colonne vertébrale. Dans le passé, j’ai également été opérée d’un cancer. Je ne sais rien des affaires de mon fils.»

 

Elle précise que John Brant n’habite plus chez elle mais avec sa concubine à Grand-Baie. Le couple a une fille de sept mois. Son fils a trois autres enfants de 9 ans, 8 ans et 4 ans. «Je m’occupe de l’aîné et de la cadette depuis leur naissance. Le troisième vit avec sa mère. John vient chez nous presque tous les jours pour voir ses deux enfants.»

 

Marlène Vivien reconnaît que son fils John n’est pas un enfant de chœur : «Mo kone li ena bann case assaultme si mo ti kone ena tou sa kass la isi mo ti pu dir li pran tou ale. Li met nu dan mari problem.»Mais elle persiste à dire que cet argent n’est que le fruit du labeur de son fils et pas celui du trafic de drogue.

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