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16 janvier 2026 18:10
L’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, a fait de nombreux morts dans la nuit du passage à l’année 2026. Les jours suivants, la Suisse a observé un jour de deuil national avec des cérémonies d’hommage aux victimes. L’enquête est en cours, avec des soupçons portant sur les bougies «fontaines» qui seraient à l’origine de l’incendie et des manquements aux contrôles de sécurité. Le propriétaire du bar est en détention préventive pour homicide et incendie par négligence, alors que plusieurs familles n’arrivent toujours pas à sécher leurs larmes...
Ils étaient de sortie pour faire la fête et pour accueillir 2026 dans la joie et la bonne humeur. En ce 31 décembre 2025, ils voulaient surtout profiter d’une ambiance festive pour le passage à la nouvelle année. Ils s’étaient tous faits beaux, avaient choisi de se retrouver en famille, en amoureux ou entre amis pour célébrer dignement le Nouvel An. Et ils avaient choisi, pour cela, de se trouver à Crans-Montana, la station de ski suisse des Alpes valaisannes, un lieu de rêve et de vacances nichée à 1 500 m d’altitude et offrant des paysages magnifiques, des pistes de ski et une atmosphère conviviale.
Pour s’amuser, danser et vivre les premières heures de 2026, ils s'étaient rendus au bar Le Constellation. Mais voilà que la mort est venue jouer les trouble-fête en plongeant de nombreuses familles et tout un pays dans un terrible deuil. Aux petites heures du matin du 1er janvier 2026, vers 1h35, un incendie a ravagé le bar. Le bilan est lourd : 40 morts, dont 20 mineurs, et 116 blessés. Les victimes étaient principalement des adolescents et des jeunes adultes.
Selon les autorités en Suisse, l’incendie aurait été provoqué par des bougies «fontaines» qui ont enflammé la mousse acoustique du plafond. Les enquêtes sont en cours pour déterminer les responsabilités. En attendant, plusieurs familles pleurent leurs proches disparus dans des conditions horribles. Dans les vidéos de l’incendie qui ont circulé, on voit le départ de l’incendie, mais on voit aussi des scènes de détresse totale, des personnes paniquées, en larmes, criant et courant pour fuir le bar en feu. Les images choquantes démontrent ainsi l’horreur et la confusion, attestant de la gravité de ce qui est arrivé.
L’incendie a frappé des familles de 19 nationalités. Parmi les défunts, il y avait des étudiants, des travailleurs et des familles. Par exemple, un jeune de 16 ans, Arthur, était présent avec ses amis et a envoyé un dernier message à sa mère avant la tragédie, à 00h03, lui disant «Maman, bonne année, je t’aime». La plupart des victimes étaient ainsi très jeunes : 20 d'entre elles avaient moins de 18 ans. Si certaines victimes ont été identifiées dès les premières heures du drame, d’autres ont été longtemps portées disparues.
Le deuil
Autour du drame, il y a aussi ces blessés qui luttent pour retrouver leur santé. La France, l’Italie, l’Allemagne et la Belgique prennent ainsi soin désormais de 48 grands brûlés dont plusieurs vivront une longue hospitalisation. Parmi ceux touchés par le drame, il y a aussi ces familles, ces pères, mères, frères, sœurs, et ces amis endeuillés qui cherchent des réponses et du réconfort. Depuis, la Suisse a été plongée dans un profond deuil. Le 9 janvier, un jour de deuil national avait été décrété, avec des cérémonies d’hommage aux victimes dans tout le pays. Les cloches des églises ont résonné et des minutes de silence ont été observées. Le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, a aussi exprimé sa consternation et a appelé à la justice pour les victimes.
Le Mauricien John Michael Steven, installé à Lausanne, voit et, surtout, ressent l’atmosphère lourde et triste qui règne dans le pays depuis la tragédie. «C’est une catastrophe. J’en parle avec des larmes aux yeux. La nuit du drame, j’étais dans une boîte de nuit à Lausanne avec ma sœur. À 1h30 du matin, j’ai ressenti une intuition soudaine et inexplicable. Malgré l’ambiance, j’ai dit à ma sœur Elisabeth qu’il fallait qu’on rentre à la maison. Nous avons alors quitté les lieux immédiatement. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que ce sentiment d’urgence était lié à la tragédie qui se jouait au même moment à Crans-Montana. Mon intuition nous a mis à l’abri au moment précis où le destin d’autres personnes basculait ailleurs», nous confie le jeune homme avec émotion.
C’est avec beaucoup d’attention qu’il a suivi tout ce qui a succédé au drame. «Le 9 janvier, lors du deuil national en Suisse, j’ai transformé mon émotion en un acte de paix. À 14 heures pile, alors que les cloches sonnaient dans tout le pays, je me suis mis à genoux devant ma porte. Accompagné par mes guides – saints Michel, Gabriel et Raphaël –, j’ai allumé une bougie. Ma prière était pour les victimes : j’ai demandé au Seigneur, à Marie et aux anges d’accueillir ces enfants dans la joie, en mettant de côté la balance de la justice pour ne laisser place qu’à l’amour pur», nous confie le jeune homme qui est très ému en évoquant le drame qui a secoué son pays d’adoption. Très croyant, c’est dans la foi qu’il puise sa force pour suivre au quotidien toute la triste actualité autour de cette tragédie qui lui retourne le coeur à chaque fois qu'elle est évoquée.
L’enquête sur l’incendie du bar Le Constellation est toujours en cours. Le propriétaire du bar a été placé (à l'heure où nous mettions sous presse) en détention préventive pour une durée initiale de trois mois. Il est accusé d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. Son épouse a été remise en liberté. L’enquête vise à déterminer les circonstances de l’incendie et les éventuelles négligences dans la sécurité du bar. Les autorités suisses et françaises collaborent pour éclaircir les faits. Des bougies «fontaines» sont soupçonnées d'être à l’origine de l’incendie, mais aucune décision officielle n’a été prise à ce sujet pour le moment. L’enquête est toujours en cours et les prochaines étapes judiciaires sont attendues pour déterminer les responsabilités et les mesures à prendre pour éviter de tels drames à l’avenir.
Pendant ce temps, le drame de Crans-Montana reste un traumatisme que beaucoup auront du mal à surmonter...

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