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Six membres du gang du Sud arrêtés pour association de malfaiteurs

8 juin 2016

Véronique Adrien est infirme d’une main depuis qu’elle a été agressée au sabre.

Mieux vaut tard que jamais. Voilà comment Riad Hullemuth, président du Comité de soutien pour la justice analyse la situation après l’arrestation de six membres du gang du Sud pour une série d’agressions et d’actes de vandalisme dans cette région. Cet habitant de New-Grove a rencontré le Premier ministre le mardi 31 mai, en compagnie du couple Adrien et de Dass Ramasawmi, des victimes de ce gang, en présence du mawlanaKhodadin de la mosquée de Rose-Belle (voir hors-texte).

 

Ces derniers avaient écrit à sir Anerood Jugnauth le vendredi 27 mai pour lui faire part de la situation inquiétante qui régnait dans le Sud avec ce gang qui semait la terreur. La veille de la rencontre, plusieurs unités de police – la CID, la SSU, la MCIT, la Dog Section– et des éléments de la garde-côte nationale avaient été mobilisés pour procéder à l’arrestation de cinq suspects.

 

Il s’agit de Sandiren Kathan, un vigile de 30 ans habitant Rivière-des-Créoles et connu des services de police, Kumraj Luchmon, 26 ans, directeur d’entreprise qui habite la même localité, Raju Veerasamy, un maçon de 34 ans habitant à Cité-Saint-Hilaire, Vikash Carteh, un habitant d’Union-Park qui travaille à son compte, et Anishek Dowlutroo, 25 ans, également self-employedet habitant 16e Mille. Ils ont tous comparu en cour le lendemain sous forte escorte policière et sous haute tension. Ils font tous l’objet d’une charge provisoire d’association de malfaiteurs.

 

Les cinq suspects nient les faits et font valoir leur droit au silence. D’autres membres du gang étaient présents en cour en signe de solidarité. Les photographes de presse n’ont pas pu faire leur travail car ils ont tous été sommés d’effacer les photos prises sous la menace de se faire lyncher.

 

Seetaram Shibchurn, 41 ans, un habitant de Saint-Hubert, a également été arrêté et placé en détention policière le jeudi 2 juin. Ce pompier, suspendu de ses fonctions et également fiché par la police pour divers délits, fait pour sa part l’objet d’une charge provisoire d’agression avec préméditation et association de malfaiteurs. Il faisait partie de la bande d’individus qui a agressé le couple Adrien à coups de sabre. Véronique Adrien l’aurait d’ailleurs formellement identifié. Le suspect n’a pu retrouver la liberté sous caution car il était déjà en liberté conditionnelle après son arrestation suite à l’agression barbare d’Aslam Noursing et une autre affaire de tentative d’assassinat.

 

Les enquêteurs ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. D’autres membres de ce gang sectaire sont dans le collimateur de la police qui veut mettre un terme une fois pour toutes à leurs agissements. Les membres de ce gang sont tous liés d’une façon ou d’une autre au HinduShakti Sena(NdlR : Shakti veut dire «pouvoir» et Sena se traduit par «armée»). Cette association socioculturelle aurait vu le jour en 2014. Ses dirigeants seraient très proches de quelques députés d’un des partis au pouvoir. Ces personnes, qui dirigeaient jadis la branche du Sud d’une autre association socioculturelle très connue avec son drapeau tricolore, sont considérées comme des têtes brûlées.

 

Après l’arrestation de six de ses membres, la réaction du Hindu Shakti Senane s’est pas fait attendre.«Arrest one of us. Two more will appear. You cannot arrest an idea. Back with force (…) Hindu Shakti Sena has been formed only for the well-being and welfare of all Hindus», peut-on lire sur la page Facebookde l’organisation.

 

La police est également sur la piste d’un autre groupuscule qui se fait appeler Shiv Shakti Sena. Ses membres seraient, pour la plupart, originaires de la région de l’Escalier et des villages avoisinants. Le National Security Serviceles surveille de près. D’autres arrestations sont à prévoir.

 

Le Premier ministre rassure

 

Sir Anerood Jugnauth a été catégorique. Son gouvernement a besoin de paix et d’harmonie sociale pour réussir son mandat. Voilà pourquoi le chef du gouvernement a donné la garantie aux membres du Comité de soutien pour la justice que les récents actes de vandalisme dans différents lieux de culte du Sud et les agressions barbares ne resteront pas impunis. «Le Premier ministre a tenu à nous rassurer. Il nous a donné sa parole qu’il ne va pas tolérer des têtes brûlées. Il a donné des directives au commissaire de police et au patron de la NSS qui étaient présents à ses côtés», explique Riad Hullemuth, président du Comité de soutien pour la justice.

 

La Voice of Hindu condamne les incidents dans le Sud

 

«Lapolis bizin plis sever kont bann ki pran lalwa dan zot lame», martèle Navin Unoop. Le président de la Voice of Hindu(VOH) condamne ainsi les incidents dans le Sud et en profite pour faire le point sur les éventuels liens de son association avec les six suspects arrêtés dans la semaine écoulée : «Il y a 650 000 hindous à Maurice. Je ne peux pas vous dire si les suspects arrêtés sont proches de nous ou pas. Ce qui est sûr, c’est que tous les hindous sont invités à nos rassemblements. Je lance aussi un appel à la police. Il ne faudrait pas qu’il y ait comme un acharnement. La VOH a écrit au commissaire de police à cet effet.»

 

Aslam Noursing nie avoir agressé un ami

 

Cet habitant de New-Grove a, une fois de plus, fait parler de lui. Pas parce qu’il a perdu ses poignets dans une agression barbare en mars, mais parce qu’il aurait agressé un ami avec ses coudes en revenant d’une virée nocturne à Blue-Bay. Ce qu’il nie. Les faits se seraient produits dans la soirée de dimanche dernier. La bande d’amis revenait en voiture lorsqu’une dispute aurait éclaté entre eux, quand ils se sont arrêtés à Beau-Vallon. Aslam Noursing aurait roué de coups un de ses compagnons. En voyant une voiture de police arriver, il aurait pris la fuite en voiture et se serait évanoui au volant du véhicule qui s’est écrasé contre un mur dans un village voisin. Hospitalisé, il a été autorisé à rentrer chez lui le lendemain. Le même jour, il a donné sa version des faits à la police. Une enquête est en cours.

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