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«Les Mamours» face à l’épreuve de la maladie

Gabriel, 5 ans, atteint d’une leucémie : «Petit Jésus, je suis sûr que tu vas me guérir»

27 juillet 2026

«On savait qu’on était aimés mais pas à ce point !» nous disent Karen et Nicolas qui restent forts pour leur petit «Gab».

Sur les réseaux sociaux, cette famille partage généralement des moments positifs qui font sourire. Il y a quelques jours, c’est dans une vidéo riche en émotion que Karen et Nicolas Fanny, connus des Mauriciens comme Les Mamours, ont fait savoir qu’un membre de leur tribu, le petit Gabriel, souffrait d’une leucémie. Ils nous racontent le long combat contre la maladie qui commence pour eux...

Comme la plupart des enfants de l’île, il aurait dû être en vacances scolaires en ce moment. Couper avec le stress de l’école, dormir un peu plus le matin, passer des heures à jouer, regarder un peu plus la télévision, retrouver ses jouets, faire des sorties avec sa famille ou rendre visite à ses cousins et cousines. Mais le destin en a décidé autrement. Le quotidien de Gabriel Fanny, qui a seulement 5 ans, se résume depuis quelques jours à un lit d’hôpital, à prendre des médicaments, à faire des prises de sang et à être confronté à un mot bien trop lourd pour son âge : la leucémie.

Cependant, malgré la gravité de la situation, et l’urgence du moment dans cette course pour sa guérison, le garçonnet garde le moral, entouré de ses parents Karen et Nicolas Fanny, eux-mêmes armés de leur foi, de leur optimisme et de leur positivité. «Petit Jésus, je suis sûr que tu vas me guérir», lâche-t-il avec le sourire, lorsqu’il pense à tout ce qui s’est passé dans sa vie ces derniers jours. C’est avec cette même phrase, lors de sa prière matinale avec sa mère, qu’il commence toutes ses journées depuis que ce gros nuage noir est venu planer au-dessus de sa tête.

«Je ne pense pas que Gabriel réalise ce qui se passe. Avec son père, on s’est assis avec lui. On lui a expliqué. Nicolas a fait une petite bande dessinée pour lui dire qu’il avait un vilain virus dans son corps et qu’il devait aller à l’hôpital pour se faire soigner, pour combattre cette maladie et qu’il était un guerrier, un super-héros. Le plus dur pour lui, c’est de ne pas être à la maison, avec son frère et sa sœur», nous confie Karen.

Les réseaux sociaux

Avec la maladie qui s’est invitée dans la vie du petit Gabriel, c’est le quotidien de toute une famille qui se retrouve chamboulée. Une famille que de nombreux Mauriciens connaissent comme Les Mamours et composée de Karen, Nicolas et leur petite tribu : Hugo, 7 ans, Kelicia Rose, 6 ans, et le petit Gabriel.

En effet, depuis 2024, ils sont entrés dans le cœur de nombreux Mauriciens. Les Mamours, c’est donc cette famille qui a transformé les petits moments de la vie de tous les jours en une série de scènes aussi drôles qu’attachantes. Derrière ce nom devenu familier sur les réseaux sociaux, il y a ces époux qui n’hésitent pas à se dévoiler avec une bonne dose d’autodérision, de spontanéité et de tendresse. À leurs côtés, leurs trois enfants occupent une place de choix et ensemble, ils donnent vie à des vidéos qui font rire, sourire et même réfléchir et dans lesquelles de nombreuses familles mauriciennes se reconnaissent.

«Les Mamours», c’est cette famille qui a transformé les petits moments de la vie de tous les jours en une série de scènes aussi drôles qu’attachantes. La tribu au complet : le couple avec ses trois enfants Hugo, Kelicia-Rose et Gabriel.

Au fil des mois, Les Mamours ont ainsi bâti bien plus qu’une simple communauté d’abonnés. Ils ont créé un véritable rendez-vous où la bonne humeur est le maître-mot. Une famille ordinaire devenue, en peu de temps, extraordinairement proche du public...

Et c’est pour cela que Karen et Nicolas ont choisi, dans une vidéo publiée il y a quelques jours, d’ouvrir leur cœur à leurs abonnés pour leur raconter l’épreuve qu’ils sont en train de vivre. «Notre communauté, c’est comme la famille. On leur a ouvert les portes de notre maison. On a partagé avec elle notre intimité, que ce soit à travers Les Astuces de Karen ou encore Les Mamours. Elle connaît nos enfants. Les gens sont contents lorsqu’ils nous croisent, que ce soit dans la rue ou au supermarché. Ils aiment notre famille et on le ressent à travers les messages et les témoignages qu’on reçoit tous les jours. On savait qu’on était aimés mais pas à ce point ! On a reçu tellement de messages de gens nous disant : manz ar li, pa bes lebra. Ça nous donne de la force et on reçoit quotidiennement des encouragements. On a choisi de partager cette épreuve car on a toujours partagé les moments comiques, les bons moments, les projets, etc.», nous confie Nicolas Fanny en nous parlant de la vidéo qui a suscité de nombreuses réactions de compassion.

Prises de sang

Avec les nombreux messages de soutien reçus, Les Mamours sont plus que jamais décidés à se battre. «Gabriel a été admis ce lundi 20 juillet. Depuis, les prises de sang pour évaluer son état de santé et l’avancement de sa maladie s'enchaînent. Comme il n’y a pas de prise en charge à Maurice par rapport à la maladie de Gabriel, son dossier a été dirigé vers l’Overseas Treatment Unit. On a souhaité se tourner vers La Réunion parce que notre nièce Amy, qui était aussi malade étant enfant, s’était fait soigner là-bas il y a neuf ans. Elle se porte bien, elle a grandi et elle a aujourd’hui 13 ans. On a choisi La Réunion parce qu’on connaît des personnes qui peuvent nous aider. C’est aussi par rapport à la proximité avec deux de nos enfants qui vont rester à Maurice. C’est un traitement à très long terme qui débute», nous dit Nicolas sous le regard de son fils et de Karen qui tient bon malgré le choc. «D’après les examens effectués par les médecins, l’état de santé de Gabriel pour le moment est médicalement stable. Dieu merci, il garde le sourire», poursuit la mère qui se montre forte pour son enfant.

Cela fait plusieurs mois que la santé du garçonnet n’est pas au beau fixe. «Depuis décembre dernier, Gabriel a commencé à être malade. Il s’agissait surtout de douleurs aux pieds. En rentrant de l’école, il me disait qu’il avait mal aux pieds. Comme c’est un petit garçon plein de vie qui aime courir, je me disais que c’était à cause de ça. Mais il avait ces douleurs quasi tous les jours. On l’a emmené une première fois chez le médecin et on a mis cela sur le compte de la croissance. En janvier, on est allés à nouveau voir le médecin car il avait d’autres douleurs, plus dans le dos, et puis il avait aussi des épisodes de fièvre qui revenaient à chaque fois. En janvier, on avait découvert qu’il lui fallait subir une petite intervention et on avait programmé cela pour avril. On s’était dit que c’était peut-être lié au fait qu’il avait souvent de la fièvre ou alors qu’il était fragile. En avril, l’intervention a eu lieu et on s’était dit que ça irait pour lui. Mais il y a eu encore des périodes de fièvre, encore des douleurs et au fond de moi, je ressentais quelque chose. Je disais à Nicolas que je ne savais pas ce que c’était, mais qu’il y avait quelque chose. Ce n’était pas normal qu’un enfant fasse autant de fièvre», nous raconte Karen.

«Une douleur atroce»

Il y a une dizaine de jours, les choses ont pris une nouvelle tournure. «Gabriel est rentré de l’école avec une douleur atroce aux pieds. On lui a donné un petit cachet, on a massé ses pieds mais il faisait face à une grosse crise de douleurs. Il ne pouvait pas se mettre debout, il hurlait et j’étais là, impuissante face à lui, sans compter que la fièvre était revenue. À ce moment-là, on s’est dit que ce n’était plus possible», poursuit la mère en revenant sur ces moments difficiles.

En plein doute, ne sachant plus à quel saint se vouer, Karen et Nicolas décident de se tourner vers un médecin qu’ils connaissent. «On a été voir notre médecin de famille. On lui a dit qu’il fallait qu’on sache ce qui se passait avec Gabriel. Il s’est assis et il a décortiqué tous les tests de sang et tous les rapports d’examen de Gabriel et il nous a dit qu’il fallait faire d’autres tests sanguins. On lui a fait totalement confiance. Ça a été une longue attente, car le médecin a vérifié, contre-vérifié avant de confirmer et, malheureusement, on a finalement appris la nouvelle qu’on ne voulait pas entendre. Pour moi, ça a aussi été un soulagement malgré la mauvaise nouvelle car je me suis dit qu’on savait enfin de quoi souffrait Gabriel. Mon instinct maternel ne m’avait pas trompée. Il y avait bien quelque chose de plus grave», poursuit Karen, de l’émotion dans la voix.

Les semaines à venir ne seront pas de tout repos. «Les jours à venir s’annoncent très difficiles pour Gabriel car la chimio, c’est quand même la chimio ! On n’est jamais trop préparés en tant que parents à gérer cela et tout ce qui viendra derrière. On a déjà entamé les démarches. Karen, Gabriel et moi, on va se rendre à La Réunion pour les soins. Il y a tous les jours quelque chose à gérer. Il faut surtout gérer les finances parce que je travaille à mon compte. À un moment donné, je vais devoir retourner pour reprendre le travail parce que les économies, c’est là, mais ce n’est pas infini», nous dit Nicolas. Il sait, tout comme Karen, que toute la famille devra s’accrocher. «En ce moment, je reste focus sur Gabriel et sur ce qu’il y a à faire. Je ressens une grande tristesse du fait qu’on devra partir sans Hugo et Kelicia. Je sais que cette séparation sera dure. Leur vie va changer. Maman et papa ne seront pas là, leur petit frère ne sera pas là. Mais on n’a pas d'autre choix que de tout laisser et partir. Je prends un jour à la fois. Je demande juste de la force pour faire ce qu’il y a à faire», souligne Karen qui, pour son petit «Gab» et avec toute sa famille, a décidé de se battre contre la leucémie avec comme objectif ultime... de gagner.

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