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The Allora Project : L’éducation alternative pour un meilleur développement

Ronny Rengasamy espère que d’autres établissements emboîteront le pas.

Ronny Rengasamy est un ancien enseignant qui ne croit plus au système éducatif actuel. Pour combattre l’échec scolaire, il a mis sur pied The Allora Project qui propose aux jeunes une alternative : l’apprentissage à travers des projets.

Tout est parti d’une envie, d’un besoin, d’un rêve. De se mettre au service des autres en utilisant ses compétences et son savoir afin d’apporter sa petite pierre à l’édifice et de contribuer à sa manière à l’avancement des jeunes. Avec The Allora Project, c’est le chemin qu’a choisi d’emprunter un homme. Lui, c’est Ronny Rengasamy. Alors qu’il se vouait à une carrière dans le secteur éducatif, ce prof d’économie a décidé, il n’y a pas longtemps, de tout plaquer et de prendre une autre direction. S’il idéalisait le métier d’enseignant, Ronny Rengasamy est très vite descendu de son nuage en découvrant une autre réalité dans les différents collèges où il a exercé. «Je me suis tout de suite heurté à un système éducatif qui est loin d’être adapté. Il se concentre sur l’académique alors que le développement d’un jeune ne peut pas se faire avec ce qui se trouve dans les livres uniquement. Il y a aussi un manque incroyable de motivation chez les jeunes qui préfèrent aujourd’hui aller chercher sur Internet que d’écouter le prof», lance-t-il.

 

Après quelques années d’expérience, Ronny Rengasamy décide de tout abandonner. Amoureux des bateaux, il achète un voilier, capable de parcourir de longues distances, le prénomme Allora et propose des traversées aux touristes. Mais très vite, se rappelle-t-il, le manque s’est fait ressentir. «Je me suis rendu compte que j’adorais enseigner, que c’etait ma vocation.» S’il décide alors de retourner à l’enseignement, il souhaite cette fois faire les choses à sa manière. Adepte de l’éducation alternative, il imagine avec ses amis un projet qui peut au premier abord sembler curieux. Il s’agit de l’enseignement à travers la voile et la navigation, destiné aux jeunes qui ont des difficultés scolaires.

 

L’autonomie dans l’apprentissage

 

La méthode est tout sauf conventionnelle mais porte ses fruits. Elle permet au jeune de choisir lui-même ce qu’il veut faire comme activité et d’apprendre à travers celle-ci. Il développe ainsi une capacité d’indépendance et d’autonomie dans l’apprentissage, et le travail en groupe le pousse à se dépasser et à développer son esprit critique. C’est ce qu’on appelle le project-based learning. L’idée est d’enseigner des matières comme les mathématiques et les langues à travers des projets qui ont trait à la navigation mais pas seulement. Il y a aussi la cuisine, la musique, l’écriture et le dessin, entre autres.

 

Ce projet, en collaboration avec la Wakajishi Academy, est d’abord présenté au Service Diocésain de l’Éducation Catholique (SeDEC) qui, séduit par The Allora Project, a permis à Ronny Rengasamy de lancer un premier projet-pilote au collège Père Laval avec une classe de grade 10. D’ailleurs, la semaine dernière, les élèves ont présenté leur projet de fin de semestre qui est un déjeuner gastronomique pour 75 personnes. Celui-ci a eu lieu au collège. Soutenus par Angélique Armoogum de l’Association des Chefs de l’île Maurice, les élèves se sont surpassés dans la réalisation de ce projet. «Ils ont tout fait de A à Z. Ils sont allés défendre ce projet devant la direction, ont pris les devants en s’impliquant à 100 % et c’est ça qu’on veut aujourd’hui. Des jeunes qui sont motivés, qui arrivent à communiquer, à se dépasser. Et c’est exactement ça notre objectif, de les habiliter au mieux pour les préparer au monde du travail et à l’avenir.»

 

Avec cette méthode, Ronny Rengasamy entend ainsi réinventer le rôle de l’enseignant. «On arrive en classe et on demande aux élèves ce qu’eux veulent faire. Ça les pousse à s’impliquer et à donner le meilleur d’eux-mêmes puisque ce sont eux qui ont choisi. Le prof devient alors un project leader», dit-il.

 

Aujourd’hui, l’idée est aussi de tout mettre en place afin de permettre au jeune de développer son plein potentiel et de découvrir son talent. Par exemple, souligne Ronny Rengasamy, le groupe d’Art a récemment monté un nouveau projet qu’est celui d’illustrer les aventures avec Allora dans une bande dessinée. Ces activités de toutes sortes sont donc un moyen de favoriser le développement personnel et l'épanouissement du jeune. «Ils arrivent à explorer leur talent et ça marche. Par exemple, ils ont des cours avec DJ Master Crazy et les voir réaliser des battles est juste extraordinaire. D’accord, il y a l’échec scolaire, mais pour réussir dans la vie, il n’y a pas que l’académique qui compte. Aujourd’hui, nous avons besoin d’un système alternatif pour pouvoir mieux préparer nos jeunes à être des adultes de demain.» 

 

Après ce premier projet d’un semestre qui a été réalisé avec brio, les bénéficiaires attendent désormais avec impatience de pouvoir passer au projet commun de la classe qui est la voile. Ronny Rengasamy leur apprendra ainsi les bases de la navigation mais aussi à passer leur brevet de skipper. À la fin de l’année, tous devraient réaliser une traversée en mer sur l’Allora, histoire de tester les connaissances et les compétences acquises.