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Holdem Foundation Academy : Les mêmes chances pour tous

Meritess Beeharry, cofondatrice et directrice de l’ONG Holdem Foundation.

Depuis qu’elle a été lancée, la Holdem Foundation n’arrête plus. Après La cuisine du cœur, elle a récemment ouvert sa propre école spécialisée à destination des enfants et des jeunes vivant avec un handicap, la Holdem Foundation Academy.

Des rires d’enfants qui retentissent et une musique enjouée qui résonne. Dans l’arrière-cour de la Holdem Foundation Academy à Quatre-Bornes, un joyeux brouhaha attire l’attention. À l’ombre des arbres fruitiers du jardin, ils sont une petite quinzaine, encadrants et enfants, à s’amuser le temps du jeu des chaises musicales. Sur le visage des bénéficiaires, la joie ne fait aucun doute. C’est justement cet épanouissement que vise la Holdem Foundation Academy, une école spécialisée qui a récemment ouvert ses portes. Celle-ci accueille les enfants et les jeunes, âgés entre 5 et 20 ans, en situation de handicap. Objectif : leur offrir le meilleur des encadrements éducatifs et thérapeutiques pour qu’ils puissent avoir toutes les chances de réussir.

 

L’idée de monter une école spécialisée pour les enfants vivant avec un handicap, qu’il soit physique ou mental, est née lors des différentes interventions de la Holdem Foundation, une ONG qui œuvre contre la pauvreté. Le déclic, confie Meritess Beeharry, cofondatrice de l’association, est surtout venu avec un petit garçon que l’association a pris sous son aile. Il s’agit d’Akilesh, 5 ans, atteint d’une maladie congénitale appelée le Sacral Agenesis Syndrome, qui cause un développement anormal de la colonne vertébrale. «Au cours de ces derniers mois, nous sommes intervenus sur plusieurs cas et à de nombreuses reprises, nous sommes tombés sur des familles avec des enfants handicapés qui faisaient face à de grandes difficultés, que ce soit au niveau de la prise en charge thérapeutique ou simplement pour trouver une école adaptée», explique Meritess Beeharry, la responsable de l’association. 

 

Pour offrir les mêmes chances et de nouvelles opportunités d’épanouissement à ces enfants, la Holdem Foundation décide donc de lancer son école spécialisée. En trois mois, explique Meritess Beeharry, une ancienne maison de retraite a été retapée, transformée et aménagée en un lieu moderne et accueillant. Ici, les quatre salles de classe portent le nom d’une fleur : Alphinia, Hibiscus, Frangipani, Belle de Nuit. Les lieux ont été aménagés dans un esprit ludique et fun, et les murs affichent des couleurs vivantes et des desseins qui attirent le regard et rendent l’atmosphère chaleureuse. Aujourd’hui, la Holdem Foundation Academy compte une dizaine de bénéficiaires, notamment des autistes, des trisomiques, des dyslexiques, des enfants qui souffrent de paralysie cérébrale ainsi que des slow learners.

 

Autour d’eux, la Holdem Foundation Academy a mis en place une équipe de spécialistes comprenant éducateurs et thérapeutes. Parmi, Françoise Philo, responsable de l’école, qui compte une dizaine d’années d’expérience dans l’éducation spécialisée auprès des enfants handicapés. Ici, dit-elle, tout est fait pour favoriser le développement personnel de l’enfant.

 

À leur rythme

 

Cela commence par une éducation taillée sur mesure pour s’adapter aux besoins du bénéficiaire. «C’est du one to one. Nous prenons tout le temps nécessaire pour expliquer les choses. Nous allons à leur rythme. Par exemple, la salle de classe Belle de Nuit est beaucoup plus sombre car elle est réservée aux slow learners. Comme ces derniers ont du mal avec la lumière, nous avons adapté une salle de classe spécialement pour eux, qui favorise leur apprentissage.»

 

En plus du volet académique calqué sur la méthode Montessori, la Holdem Foundation Academy a mis en place une panoplie d’activités pour le développement personnel du bénéficiaire. Le yoga, la danse, la musique, le jardinage, la natation et l’équitation permettent ainsi aux enfants de s’épanouir. Pour Meritess Beeharry, tout cela fait partie de l’apprentissage de l’enfant. Il était donc indispensable de les inclure dans le cursus. «Nous misons sur la musicothérapie, l’horticulture, l’art-thérapie, l’aquathérapie, par exemple, pour leur permettre de connaître leur plein potentiel. Ces thérapies sont primordiales car elles favorisent le développement personnel de l’enfant.»

 

D’ailleurs, le samedi 23 mars, il était prévu que les enfants accueillent le chanteur réunionnais Mickaël Pouvin, dont le titre Éternel a fait fureur, le temps d’une matinée placée sous le signe de l’émotion. Ils lui ont même réservé une surprise : interpréter une de ses chansons.

 

Pour aller encore plus loin dans ce qu’elle propose, la Holdem Foundation Academy a mis en place le Breakfast Club qui consiste à permettre aux bénéficiaires de préparer eux-mêmes, sous l’œil attentif des encadrants, leur petit- déjeuner. Ainsi, tous les jours, quand ils arrivent à l’école, c’est direction la cuisine où tous les ingrédients, fournis par l’établissement, les attendent. «C’est aussi un moyen de les rendre plus indépendants et autonomes. Ces petites choses, comme savoir préparer son thé ou son pain, les apprennent à se débrouiller seuls. En grandissant, ils ne seront plus aussi dépendants», explique Meritess Beeharry.

 

Souvent, raconte-t-elle, les enfants récoltent des fruits des arbres fruitiers qui se trouvent dans la cour de l’école. Ensuite, c’est en cuisine, avec leurs encadrants, qu’ils participent à la confection de confiture et de gelée, qui serviront au petit déjeuner. «L’objectif, c’est qu’ils se sentent comme les autres, qu’ils puissent s’épanouir comme tous les autres enfants.»

 

Autre innovation, explique Meritess Beeharry, c’est l’utilisation du Class Dojo App, une application sur laquelle se connectent les parents qui ont directement accès aux données de l’école. Sur cette application mobile, ils peuvent interagir avec les enseignants et être au courant de tout ce qui se passe à l’école. Une fois leur scolarité finie, la Holdem Foundation Academy ne compte pas s’arrêter là. «Nous allons les aider à trouver des stages en entreprise et décrocher un emploi», souligne Meritess Beeharry. Ceci afin de permettre leur intégration complète dans la société.

 

Si aujourd’hui l’école est payante, Meritess Beeharry est bien consciente que de nombreuses familles qui vivent dans la précarité ne peuvent pas se permettre de payer les frais de scolarité. C’est pour cela que l’école propose un système de parrainage. «Nous lançons donc un appel aux Mauriciens. Si vous souhaitez soutenir ces enfants en devenant leurs parrains, prenez contact avec nous.»

 

L’appel est lancé.