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Les Mirabelles : Agir pour le bien-être des enfants

Les petits ont droit à plusieurs activités sur différentes thématiques.

L’éducation reste la clé pour une meilleure inclusion sociale. Les éducatrices de Mirabelles, école maternelle à vocation sociale récemment ouverte, l’ont bien compris et font tout pour garantir une pédagogie inclusive aux enfants. 

Derrière un grand portail se trouve, au milieu d’une cour gorgée de soleil, une petite maison située au cœur de Grand-Baie, où résonnent les rires et les cris d’enfants. Ils sont 17 en ce moment. Des petites filles et des petits garçons qui viennent à la maternelle dans cette école récemment ouverte par la Fondation Antoine Tsia Lip Ken, en collaboration avec Terre de Paix. Les Mirabelles est bien plus qu’une école maternelle. Depuis avril dernier, elle accueille les enfants issus de milieux précaires et qui vivent, malgré leur jeune âge, dans des conditions pas toujours faciles. La mission des Mirabelles et de ses éducatrices est d’offrir à ces enfants un environnement sain et l’encadrement nécessaire pour qu’ils puissent grandir, se développer et s’épanouir.

 

À cette heure de l’après-midi, ils sont répartis en trois petits groupes. Dans la salle de lecture, par exemple, Cindy Lieutier et ses élèves explorent le monde animalier dans un livre fait en image. «Alors, comment s’appelle cet animal ? Un liiiiooo…» lance-t-elle d’une petite voix en tapant du doigt l’animal en question. Un peu plus loin, Kavishta Dabeeah, installée dans la grande salle de classe, fait travailler son groupe. Au programme, une petite session de création artistique. Les enfants sont invités à tracer des images avec des boutons, une façon pour eux de travailler leur motricité fine. Il y a aussi Marie-Anne St Cyr qui fait faire au reste des enfants des petits jeux.

 

Cette école est la suite logique de l’engagement de la Fondation Antoine Tsia Lip Ken qui a ouvert une crèche en 2013, toujours située à Grand-Baie, pour venir en aide aux familles démunies de la région. Donner l’accès à l’éducation à tous les enfants, explique Janishta Ramdowar, responsable de l’école, est la mission de la fondation. «Une fois l’âge de 3 ans, les petits devaient nous quitter et beaucoup de parents se retrouvaient en difficulté pour scolariser leurs enfants. La fondation les sponsorisait pour qu’ils puissent aller à l’école mais ensuite est venue l’idée de monter notre propre école pré-primaire. La fondation a alors fait appel à Terre de Paix pour qu’elle nous aide à monter ce projet social.» L’école demande une cotisation symbolique de Rs 100 aux parents afin de les responsabiliser face à l’éducation de leurs enfants. Ces derniers reçoivent quotidiennement le petit déjeuner et le déjeuner gratuitement. 

 

Ici, souligne Janishta Ramdowar, c’est la méthode Montessori qui est utilisée. Celle-ci repose sur le fait qu’on laisse les enfants libres de choisir eux-mêmes les activités qu’ils souhaitent faire, pendant le temps qu’ils le désirent. Les laisser libres de choisir l’activité qu’ils veulent faire leur permet, dit-elle, d’apprendre par eux-mêmes. L’éducateur, lui, s’adapte, accompagne et stimule. Cela permet, explique Marie-Anne St Cyr, de respecter le rythme de travail de chacun et de développer chez eux l’autodiscipline. Éducatrice depuis plusieurs années à la maternelle de Terre de Paix, à Albion, Marie-Anne St Cyr a rejoint l’équipe des Mirabelles à l’ouverture, mettant son expertise et son savoir-faire au service de ces petits. «Ce sont des enfants qui n’ont pas toujours accès à l’éducation à cause de la précarité dans laquelle vivent leurs parents. Ils demandent beaucoup d’attention et d’affection, et nous sommes là pour leur donner confiance en eux.»

 

En répartissant les enfants en petits groupes, ajoute pour sa part Cindy Lieutier, l’éducatrice accorde une attention particulière et privilégiée à chaque enfant. «Tous les enfants font les mêmes activités mais pas en même temps.» Tous les jours, ils ont droit à toute une panoplie d’activités ludiques et à des jeux qui ont pour objectif de les aider à se développer. 

 

Les voir grandir et s’épanouir est pour ces éducatrices la plus belle des récompenses. «Notre plus grande satisfaction, c’est de les voir évoluer. C’est un métier qui demande beaucoup d’amour et de dévotion. Quand on les voit aller à l’école primaire ou au collège, ça nous fait chaud au cœur. En tant qu’accompagnatrices, ça nous encourage à aller de l’avant», confie Marie-Anne St Cyr. Kavishta Dabeeah ne rêvait pas d’un autre métier. «J’ai choisi ce domaine parce que moi-même j’ai manqué de ces choses-là quand j’étais enfant. Alors, aujourd’hui, quand je les vois réussir, c’est un peu comme si moi aussi je réussissais.» C’est, dit-elle, son plus beau cadeau.

 


 

Fondation Antoine Tsia Lip Ken : prendre un enfant par la main  

 

Ils ont à cœur le bien-être des enfants en détresse. Depuis sa création en 2012, la Fondation Antoine Tsia Lip Ken, lancée par Super U en hommage au grand-père de Pascal Tsin, le Chief Executive Officer de la chaîne de grande surface, multiplie les projets en faveur des enfants issus de milieux précaires. Tout a commencé en 2013 avec la création de la crèche de Grand-Baie qui accueille 33 enfants de la région. Il y a quatre ans, la fondation a ouvert une deuxième crèche à Flacq avec 36 enfants.

 

Pour monter ce projet, explique Patricia Hue de la fondation, ils ont fait appel à Terre de Paix. «Nos actions rejoignent la philosophie de Terre de Paix. Nous avons une bonne relation de travail et de confiance, et toute cette énergie positive est mise au service des enfants qui ont besoin de toute notre attention.» Une collaboration qui a été réitéré en avril dernier avec l’ouverture de l’école maternelle, un lieu où tout est mis en place pour favoriser le bon développement de l’enfant. «Nos activités tournent autour des thématiques : les couleurs, les formes, les métiers, les transports. Le but est d’éveiller les différents sens de l’enfant.» Outre les enfants, un travail est aussi fait en parallèle avec les parents.

 

Pour Patricia Hue, c'est indispensable pour que le travail qui est fait à l’école puisse perdurer. «Nous avons deux rencontres par trimestre avec eux. Il nous faut garder ce lien. L’enfant passe beaucoup de temps chez nous et il nous faut faire le suivi. Nous mettons beaucoup d’accent sur l’empowerment des parents par rapport au bien-être de leurs enfants.» Régulièrement, des sorties pédagogiques sont organisées avec les parents qui sont invités à prendre, eux aussi, part aux activités.

 

Au fil de ces dernières années, la Fondation Antoine Tsia Lip Ken a mis en place divers projets communautaires, comme le Sunday Care qui invite les enfants à prendre part à des activités culturelles et artistiques. Il y a aussi le Street Football qui a lieu tous les samedis. À Flacq, c’est bouzer ar livre, qui a pour objectif de ramener le goût pour la lecture chez les enfants.