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Avec Harsha Ramchurn, psychologue

Harcèlement scolaire : comprendre pour mieux agir

16 juillet 2026

«La victime peut avoir le sentiment qu’elle ne peut ni se défendre ni être protégée»

Un ventre noué avant de partir à l’école. Des maux de tête qui reviennent sans raison apparente. Des notes qui chutent, des silences qui s’installent et un sourire qui disparaît peu à peu. Derrière ces changements souvent discrets se cache parfois une réalité que de nombreux.ses enfants et adolescents.es vivent dans la solitude : le harcèlement scolaire. Parce qu’il s’installe progressivement, qu’il est souvent banalisé ou dissimulé par honte et par peur, il peut passer inaperçu jusqu’à laisser des blessures profondes.

Le phénomène est loin d’être isolé. Selon l’UNESCO, près d’un élève sur trois dans le monde déclare avoir été victime de harcèlement à l’école. Avec les réseaux sociaux, cette violence ne s’arrête plus aux portes de la classe. Les moqueries, les insultes ou les humiliations peuvent désormais suivre l’enfant jusque dans sa chambre, transformant ce qui devrait être un refuge en un espace où l’angoisse persiste.

Les recherches internationales sont unanimes : le harcèlement ne laisse pas seulement des traces sur le moment. Les psychologues observent qu’une exposition répétée augmente le risque de développer de l’anxiété, des symptômes dépressifs, des troubles du sommeil, une perte d’estime de soi, un isolement social ainsi qu’une baisse des résultats scolaires. Chez certains jeunes, cette souffrance peut même se prolonger à l’âge adulte, influençant durablement leur confiance en eux et leurs relations avec les autres. À l’inverse, les études montrent qu’une intervention rapide d’un adulte ou même d’un camarade peut considérablement limiter les conséquences et mettre fin à la spirale de la violence.

Dans ce combat, chaque geste compte. Une écoute attentive, une parole bienveillante ou le simple fait de croire un enfant lorsqu’il ose enfin raconter ce qu’il vit peuvent faire toute la différence.

Pour mieux comprendre les mécanismes du harcèlement, ses conséquences psychologiques et les bonnes réactions à adopter, Harsha Ramchurn, psychologue, livre des conseils précieux aux parents, aux enseignants.es et à toute personne amenée à accompagner un enfant.

Qu’est-ce que c’est ? «Le harcèlement est une forme de violence psychologique, sociale, physique ou numérique. Il ne s’agit ni d’un simple conflit entre enfants ni d’une plaisanterie. En psychologie, il est considéré comme une expérience potentiellement traumatique pouvant affecter l’estime de soi, le sentiment de sécurité, les relations avec les autres et le développement émotionnel de l’enfant ou de l’adolescent.»

Deux caractéristiques. «Le harcèlement repose sur deux caractéristiques essentielles : la répétition des comportements et le déséquilibre de pouvoir. Les insultes, les moqueries, les humiliations ou les exclusions se répètent dans le temps et créent une insécurité permanente. Le déséquilibre de pouvoir peut être lié à la force physique, à la popularité, à l’influence du groupe ou au cyberharcèlement. La victime peut avoir le sentiment qu’elle ne peut ni se défendre ni être protégée.»

Pas que physique. «Le harcèlement peut être verbal, physique, social, psychologique ou numérique.»

De lourdes répercussions.  «Les conséquences incluent anxiété, tristesse, honte, perte d’estime de soi, troubles du sommeil, difficultés de concentration et isolement. Pour certains enfants, l’école devient un lieu associé à la peur, pouvant conduire à une phobie scolaire ou à un refus scolaire anxieux. Dans les situations prolongées, des pensées suicidaires peuvent apparaître et nécessitent une intervention immédiate.»

Être là. «Le harcèlement implique souvent un harceleur, des suiveurs et des témoins. Les témoins peuvent devenir des protecteurs en se demandant : "Est-ce juste ?", "Comment me sentirais-je à sa place ?" et "Que puis-je faire pour aider ?". Les parents, les enseignants et le personnel de l’école jouent un rôle essentiel. Un adulte de confiance écoute sans juger, valide les émotions et protège l’enfant. Éviter des phrases comme "Ignore-les" ou "Tu es trop sensible" est important. Privilégier "Je te crois", "Je t’entends", "Merci de m’en parler" et "Nous allons t’aider" favorise la sécurité psychologique.»

Soyez à l’écoute. «Les signes d’alerte comprennent un changement d’humeur, un retrait social, des plaintes physiques répétées ou une baisse des résultats scolaires.»

La réparation. «L’enfant a souvent besoin de sentir que justice a été rendue, que sa souffrance a été reconnue et que des actions concrètes ont été prises. Être entendu, protégé et accompagné constitue une base essentielle pour reconstruire la confiance, l’estime de soi et la résilience.»

Vous pouvez la contacter

Harsha Ramchurn est une Registered Psychologist auprès de l’Allied Health Professionals Council of Mauritius (AHPC). Vous pouvez la joindre à ce numéro : 54929223.

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