Nabil Koheeallee, Mahébourg : «On aurait dû investir depuis longtemps dans les énergies renouvelables»
«Je pense qu’on aurait pu éviter ces augmentations si on enlevait les taxes sur les produits concernés, c’est-à-dire le pain, l’essence ou encore le diesel. Et par rapport à la viande, on pourrait, par exemple, convenir d’un arrangement avec les fermes locales au lieu d’importer depuis d’autres pays. Ça laisserait respirer un peu les familles qui galèrent à joindre les deux bouts. Pour l’électricité, on aurait dû investir depuis longtemps dans les énergies renouvelables, avec, par exemple, l’utilisation de panneaux solaires ou encore l’énergie des vagues, vu qu’on vit sur une île tropicale et qu’on est gâté par les éléments de la nature. Pour les jours à venir, il va falloir s’organiser pour faire face. Déjà, pour le pain, je n’en mange pas souvent. J’ai pris l’habitude de consommer du oatmeal ou des céréales pour le petit-déjeuner. Pour la viande, on va essayer d’en consommer moins et pour l’électricité, on va suivre les protocoles mis en place pour économiser du courant.»
Cedric Lisette, Vacoas : «Cela rend le quotidien plus difficile»
«Je trouve que cette série d’augmentations – pain, électricité, essence, diesel, viande et autres – met une forte pression sur le coût de la vie à Maurice. Personnellement, je ressens que tout devient plus cher beaucoup plus vite que les revenus n’augmentent. Cela rend le quotidien plus difficile, surtout pour les familles avec un budget limité. Nous sommes obligés de revoir nos priorités et de faire attention à chaque dépense. Pour m’adapter, je vais devoir mieux gérer mon budget, réduire certaines dépenses non essentielles et faire plus attention à ma consommation d’énergie. Je pense aussi qu’il faudra privilégier les produits locaux et chercher des alternatives moins coûteuses. Peut-être aussi utiliser davantage les transports en commun quand c’est possible. Au final, je pense que chacun devra s’organiser différemment.»
Ved Ramdewar, Flacq : «Nous allons devoir nous serrer la ceinture...»
«Nous savons tous que ces augmentations sont liées aux conflits internationaux qui perdurent. Le détroit d’Ormuz, essentiel au commerce mondial, est fortement perturbé. Cependant, le gouvernement pourrait mieux gérer les taxes et les coûts de fret pour ne pas pénaliser lourdement les consommateurs. Le prix du carburant et du pain explose déjà, impactant directement toute la chaîne de consommation. Doit-on s’attendre au pire ? Pour y faire face, nous allons devoir nous serrer la ceinture, revoir notre budget et limiter les dépenses non essentielles. Mais la vraie solution durable est dans notre terre. L’État doit encourager massivement le retour à l’agriculture. Puisque nous importons plus de 70 % de nos aliments, cultivons, par exemple, notre manioc, notre fruit à pain et notre patate douce ! En produisant nos farines alternatives pour un pain ou des pâtes 100 % made in Moris, nous ne dépendrions plus du blé étranger. Cela nous garantirait enfin une vraie stabilité des prix face aux crises mondiales, le coût du fret des bateaux exclu. C’est une urgence nationale !»
Charlène Lafolle, Curepipe : «Une grosse frustration s’installe de plus en plus...»
«Je suis l’actualité et je trouve révoltante cette montée de prix des denrées de base ! Nous travaillons de plus en plus dur pour mener une vie agréable mais, malheureusement, chaque augmentation nous fait réaliser que notre salaire devient de plus en plus insuffisant. Pourtant, il faut manger correctement pour avoir la santé, il faut bien sortir pour se couper de la routine et être épanoui. Une grosse frustration s’installe de plus en plus car, à quel point peut-on continuer à se serrer la ceinture ? Je ne suis pas dupe des discours autour de la guerre. Je suis surtout déçue de cette promesse électorale non tenue. Nos dirigeants font-ils autant de sacrifices ? La suite sera compliquée. Jongler entre les denrées les moins chères, se priver de certains aliments en les consommant plus rarement, changer de produits...»