Encore mieux, il n’y a pas eu que la conférence – qui a réuni plusieurs associations et organisations en faveur de la justice réparatrice - mais aussi la présence d’Alison Dow, historienne, mais surtout descendante de Sir Henry Barkly, ancien propriétaire d’esclaves. La dame est venue présenter publiquement ses excuses contre tout ce qu’a commis son ancêtre dans le cadre du système esclavagiste.
Une démarche symbolique, comme elle le dit dans son discours : «Il y a deux ans, je suis venu passer des vacances sur votre île avec ma fille. Je savais que mon ancêtre, Sir Henry Barkly, avait été gouverneur britannique de l’île entre 1863 et 1870. En tant qu’historien, je sais aussi que pour comprendre le présent, il faut se pencher sur le passé. En explorant l’île, j’ai découvert que Sir Henry s’intéressait vivement au développement et qu’il était scientifique. Il a travaillé à Pamplemousses pour étudier la flore de l’île Maurice (…) développé le réseau ferroviaire pour améliorer les communications ; deux lignes de chemin de fer ont été inaugurées sous son mandat, entre autres. Toutefois, je savais aussi que la famille Barkly avait été impliquée dans l’esclavage (…)

Hos est un groupe de défense des droits ; nous sommes tous descendants de personnes réduites en esclavage. Plusieurs d’entre nous ont présenté des excuses publiques pour amorcer un cheminement vers la justice réparatrice — des excuses suivies d’une réparation concrète. En tant que descendant de cette famille, je tiens à présenter ces excuses. Je reconnais le rôle de mes ancêtres dans ce crime contre l’humanité et je suis ici pour présenter mes excuses pour les immenses souffrances directement infligées aux personnes qu’ils ont réduites en esclavage ainsi qu’à leurs descendants. Pourquoi mes propos sont-ils pertinents pour Cité Barkly ? Ils le sont parce que nous savons que l’héritage de l’économie esclavagiste mauricienne reste visible partout à Maurice aujourd’hui encore(…) Je suis là pour écouter, pour comprendre et, surtout, pour avancer ensemble sur ce chemin de justice réparatrice.»
Martine Fong-Rex, directrice de Krak Radio dira pour sa part que «nous croyons que chaque histoire mérite d’être racontée, que chaque voix mérite d’être écoutée et que chaque citoyen peut contribuer à faire avancer notre société. C’est précisément dans cet esprit que nous avons souhaité organiser cette conférence sur la justice réparatrice. Notre ambition n’est pas de réécrire l’histoire, mais de créer un espace où le dialogue est possible. Un espace où l’on peut écouter, comprendre, reconnaître notre passé et réfléchir ensemble aux chemins qui permettront de construire un avenir plus juste.»
Lors de l’évènement, il y a aussi eu la plantation symbolique d’une plante de Pistache Malgache au collège, en attendant d’autres activités autour du même sujet venant de Krak Radio.