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La joie des baptisés de Pâques

5 avril 2026

Une journée placée sous le signe de la victoire de la vie sur la mort. Entre réjouissances et moments de prières, la fête de Pâques, célébrée ce dimanche 5 avril, est le sommet du calendrier liturgique chrétien car elle marque la résurrection du Christ. Après 40 jours de Carême, cette célébration très spéciale rime avec messe, tables festives et chocolats, et réunira de nombreuses familles mauriciennes pour passer un bon moment, dans la joie, la prière et la ferveur... Pour les catéchumènes, qui devaient recevoir le baptême lors de la veillée pascale, cette étape de leur vie est aussi un moment riche en émotions.

Anusha Boodhun Magon : «J’ai découvert l’amour de Dieu et le message de Jésus-Christ»

Qui suis-je ? «Je suis Anusha, je travaille comme support technique dans la compagnie Concentrix. Mon parcours de vie n’a pas toujours été tourné vers la foi, mais aujourd’hui, je peux dire que Dieu a doucement travaillé dans mon cœur, étape par étape.»

Ma rencontre avec Jésus : «Pendant longtemps, j’ai vécu ma vie de manière simple, centrée sur le travail et les responsabilités du quotidien. Mais au fond de moi, je ressentais qu’il manquait quelque chose de plus profond, un sens, une paix intérieure que je ne trouvais pas entièrement. Petit à petit, j’ai commencé à m’intéresser à la foi catholique. À travers des rencontres, des moments de réflexion et, surtout, une recherche personnelle, j’ai découvert l’amour de Dieu et le message de Jésus-Christ. Cela m’a touchée profondément et m’a donné une nouvelle perspective sur ma vie.»

Rachel Lindor : «Il y a toujours un chemin dans la vie et pour moi, ce chemin c’est Jésus»

Qui suis-je ? «J’ai 23 ans et je suis une habitante de Chebel. Je suis une fille ordinaire. J’ai grandi dans une famille mixte. Ma maman est hindoue et mon père, qui était catholique, s’est converti à l’islam. À la maison, on n’avait pas une religion, un chemin à suivre. Puis, j’ai rencontré ma belle-famille qui est catholique et qui m’a aidée à trouver et à suivre le chemin sur lequel je suis aujourd’hui. Depuis l’adolescence je songeais à prendre le baptême catholique, mais comme j’étais perdue, je ne savais pas comment me rapprocher de Dieu. Pour moi, c’est le Seigneur qui a mis ces personnes sur mon chemin pour m’aider, justement, à trouver ma voie.»

Ma rencontre avec Jésus : «J’ai rencontré Jésus à une étape dans ma vie où j’affrontais des problèmes personnels. Durant cette période, j’ai rencontré mon partenaire et c’est lui qui m’a aidée. J’ai aussi eu du soutien de la part de sa famille et avec elle, j’ai appris beaucoup de choses. Avant, je me posais beaucoup de questions et j’ai trouvé des réponses dans la religion catholique. C’est un choix qui s’est présenté à moi. La foi nous aide à rester forts dans les moments difficiles et à trouver des solutions. Il y a toujours un chemin dans la vie et pour moi, ce chemin c’est Jésus. Je suis chanceuse d’avoir été encadrée par les bonnes personnes.»

Il était une... foi

Étymologiquement, «Pâques» signifie «passage» : par ce passage de la mort à la vie, le Christ a sauvé l’homme du péché et l’a appelé à la vie éternelle. C’est pourquoi la fête de Pâques, célébrée par une messe solennelle, est le sommet du calendrier liturgique chrétien. Ce jour d’allégresse est marqué dans les églises par la couleur blanche ou dorée, symbole de joie et de lumière. Le dimanche de Pâques est ainsi un jour de joie et d’espérance pour tous les chrétiens, qui célèbrent la résurrection de Jésus-Christ, qui est le fondement même de la foi chrétienne. La messe pascale célébrée par le père Eddy Coosnapen à la chapelle Saint-Luc à Résidence Kennedy, Quatre-Bornes, sera diffusée en direct à 10 heures sur AM1. Le message de Pâques de Mgr Jean Michaël Durhône sera, lui, diffusé ce dimanche 5 avril sur la MBC TV à 20 heures (après le Journal télévisé). Dans la même soirée, toujours sur MBC TV, une émission spéciale Pâques abordera le thème «Avec Jésus Ressuscité, relever les faibles». Le frère Krishna, de l’Ordre des Franciscains mineurs, y parlera de sa mission auprès des plus vulnérables, en écho à l’évangile.

Une célébration entre traditions sacrées et douceurs chocolatées Entre les rituels traditionnels bien ancrés et la partie festive, Pâques réussit chaque année à rassembler petits et grands autour d’un même plaisir : célébrer la vie… avec une touche de chocolat. En effet, cette fête s’impose comme un moment à la fois spirituel et gourmand, où symboles anciens et plaisirs modernes se rencontrent. D’abord ancrée dans la tradition chrétienne, Pâques célèbre la résurrection et le renouveau. Au fil du temps, cette fête catholique s’est enrichie pour devenir une fête familiale universelle. Parmi ces symboles, l’œuf occupe une place centrale. Bien avant d’être en chocolat, il représentait déjà la vie et la renaissance dans de nombreuses cultures. Aujourd’hui, il se décline sous toutes les formes : œufs pralinés, fondants ou encore décorés avec soin.

Le chocolat, introduit plus tardivement dans les traditions européennes, est devenu l’emblème incontournable de cette fête, transformant les étals en véritables vitrines de gourmandise. Autre figure emblématique : le lapin de Pâques qui est le messager joyeux qui «cache» les œufs dans les jardins. Et justement, comment parler de Pâques sans évoquer les fameuses chasses aux œufs ? Pour les enfants, c’est souvent le moment le plus attendu. Armés de paniers colorés, ils parcourent jardins et maisons à la recherche de ces trésors sucrés, mêlant excitation, jeu et partage...

Mgr Jean Michaël Durhône : «Nous faisons face à l’incertitude de l’avenir. Il nous faut prier pour que les armes soient déposées...»

Une fête, des réflexions... Dans son message de Pâques aux Mauriciens, l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône, souligne que le Carême a été un temps fort où la flamme de notre baptême s’est rallumée. «Je pense particulièrement à tous ces catéchumènes qui ont reçu le baptême durant la nuit de Pâques. Dans l’Évangile de la nuit de Pâques, l’ange invite Marie-Madeleine et l’autre Marie à ne pas avoir peur devant le tombeau vide : «Soyez sans crainte». Jésus lui-même, s’adressant aux femmes, les invite à ne pas avoir peur mais les appelle à aller partager la bonne nouvelle de sa résurrection. Alors que nous sommes invités à accueillir la joie de la Résurrection en ce jour de Pâques, nous sommes peut-être dans la crainte», dit-il en évoquant les effets du conflit qui secoue actuellement le monde : «La guerre qui sévit au Moyen-Orient fait des morts, brise des familles de toutes races et de toutes religions. Des familles entières sont plongées dans le deuil avec la mort d’enfants innocents qui sont tués. Nous faisons face à l’incertitude de l’avenir. Il nous faut prier pour que les armes soient déposées et que le dialogue prime sur la confrontation. Il nous faut prier pour que chacun fasse un pas pour que notre monde sorte du chaos dans lequel il est plongé», explique l’évêque.

Bien évidemment, il a aussi eu une pensée pour Maurice : «Notre pays subit les effets directs de cette guerre. Les prix prennent l’ascenseur et la crainte habite les familles mauriciennes. Se pose la question de la fragilité de notre économie mauricienne dépendante de la situation mondiale. Au niveau local, la crise politique actuelle suscite l’inquiétude. Lorsque surgissent des tensions entre acteurs politiques, cela peut fragiliser la confiance que les citoyens accordent aux institutions. Cependant, les périodes de crise peuvent aussi être des moments de remise en question nécessaires.»

Pour Mgr Durhône, malgré le contexte difficile, la fête de Pâques est une bonne nouvelle pour le monde : «L’ange annonçant aux femmes «Il est ressuscité. Il vous précède en Galilée» nous invite aujourd’hui à passer de la crainte à l’espérance et à la joie. Jésus Ressuscité est Bonne Nouvelle pour un monde si souvent désemparé et vidé d’espérance.(...) Si la crainte habite parfois le cœur des hommes et des femmes d’aujourd’hui, il nous faut entendre l’appel de Jésus à annoncer qu’Il est vivant au cœur de ce monde. Il y a sans doute autour de nous des raisons pour témoigner que la Vie est plus forte que la mort...»

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