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Un accident de train fauche des vies et brise des familles

La tragédie qui a touché l’Espagne en plein cœur

31 janvier 2026

L’Espagne a été frappée par un terrible drame ferroviaire sans précédent le 18 janvier lorsque deux trains à grande vitesse se sont percutés près d’Adamuz.

L’Espagne a été frappée par un accident de train meurtrier le 18 janvier, faisant 45 morts et plus de 120 blessés. Deux trains à grande vitesse se sont percutés près d’Adamuz, en Andalousie. L’enquête privilégie une rupture de rail.

Des images dignes d’une vision cauchemardesque. Les photos de l’accident de train qui a ébranlé l’Espagne, il y a une quinzaine de jours, choquent et glacent le sang. Des wagons hors des rails, des compartiments déchiquetés, des morceaux de métal et de verre éparpillés partout et d’autres parties du train couchées sur le flanc... Les clichés témoignent de la violence de l’accident et de l’horreur que les passagers ont vécue.

En effet, l’Espagne a été frappée par un terrible drame ferroviaire sans précédent le 18 janvier lorsque deux trains à grande vitesse se sont percutés près d’Adamuz, en Andalousie. Ce soir-là, plusieurs voitures d’un des deux trains concernés avaient déraillé au niveau de la commune dans le sud du pays. En se déportant sur la voie voisine, les rames avaient percuté un autre train arrivant en sens inverse. L’accident a fait une quarantaine de morts, plus de 120 blessés et laissé de nombreux autres passagers traumatisés à vie. Quelques jours plus tard, un autre train, de banlieue cette fois, percutait une grue dans le sud-est de l’État ibérique, faisant à son tour plusieurs blessés légers.

Et avec des familles entières qui pleurent leurs proches disparus le 18 janvier, c’est aussi tout un pays qui est en deuil, essayant avec peine et difficultés de reprendre le cours de la vie, de panser les plaies et d’avancer. Les enquêteurs privilégient l’hypothèse de la rupture d’un rail avant l’accident, ce qui aurait provoqué le déraillement du train Iryo, suivi d’une collision avec l’Alvia. Les deux trains circulaient à environ 200 km/h, soit moins que la vitesse maximale autorisée sur le tronçon.

Malheur

Derrière chaque victime, des histoires, des larmes... Car depuis le drame, le monde a pu découvrir les visages des défunts, comme ceux de la famille Amorano-Alvarez qui voyageaient dans le train reliant Madrid à Huelva. Parmi les victimes de cette famille décimée, il y a la mère, son fils, son époux mais aussi son neveu. Seule sa petite fille de 6 ans a survécu à l’accident. Elle a été retrouvée sur les voies par les secours. Les témoignages des survivants sont aussi venus souligner la violence de l’accident. Beaucoup parlent de cris, de pleurs, de sang partout et des appels de détresse de ceux qui étaient restés coincés.

Le Mauricien Vashish Ramma, installé en Espagne, a suivi avec le cœur gros cette triste actualité. C’est avec émotion qu’il revient sur ce drame qui monopolise l’attention dans son pays d’adoption. «Je tiens à présenter mes plus sincères condoléances aux familles touchées par cette terrible tragédie. La série d’accidents ferroviaires qui frappe actuellement l’Espagne s’apparente à una mala racha – une série de malheurs. Après Adamuz, dans le comté de Cordoue où 45 personnes sont décédées, puis Gelida, en Catalogne, un accident a fait un mort et plusieurs blessés. Nous sommes tous touchés par cette tragédie, d’autant plus que l’accident s’est produit dans le sud de l’Espagne, là où je vis. Les familles des victimes réclament justice et veulent connaître les causes de l’accident», nous confie le jeune homme, un habitué de la ligne concernée.

*«Je suis très touchée par les histoires des victimes»*, confie Jessy Lochun, installée en Espagne.

«J’ai emprunté cette ligne à trois reprises et nous avons eu des retards à deux reprises. Dans le même train où il y a eu l’accident, des gens auraient dit que les compartiments vibraient pendant tout le trajet. Les services de la Renfe et de l’Adif – la compagnie ferroviaire espagnole – connaîtraient de nombreuses défaillances ces derniers temps : retards, annulations, etc. La tension est palpable entre la population et les autorités, qui accusent le gouvernement de négligence en matière d’entretien. Les médias et les réseaux sociaux critiquent à la fois la gestion politique de la situation et la couverture médiatique de l’accident», poursuit le jeune homme qui est solidaire avec les familles touchées. Une autre compatriote, Jessy Lochun, dit aussi avoir été chamboulée par cette horrible accident. «En effet, j’ai suivi tout ce qui est arrivé. C’est très triste», nous confie-t-elle. Toutes ses pensées vont vers ceux et celles qui devront vivre avec cette tragédie durant toute leur vie.

«En ce moment, on ne parle que de ça. Je suis très touchée par les histoires des victimes. Je suis particulièrement touchée par l’histoire de cette famille qui rentrait après avoir vu une pièce de théâtre. Les parents et deux des enfants sont morts et une petite fille de 6 ans s’en est sortie. C’est très triste de lire tout ça. Puis, il y a l’histoire de ce garçon qui fêtait son anniversaire ce jour-là. C’est très touchant. Le pays était en deuil national en hommage aux victimes et il y a aussi eu des messes nationales», nous raconte la jeune femme qui a également déjà emprunté ce trajet.

«Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais eu peur de voyager en train. Mais maintenant, tout est remis en cause car, à ce qu’il paraît, ce sont les rails qui auraient un souci. Cet accident a aussi mis en avant la force solidaire des Espagnols. Peu après l’accident, les habitants d’un village tout près se sont mobilisés pour aider en apportant du soutien aux victimes», conclut Jessy qui, comme beaucoup d’Espagnols, arrive difficilement à ne plus penser à ces images des trains accidentés dignes d’une vision cauchemardesque.

«L’accident s’est produit dans le sud de l’Espagne, là où je vis», nous raconte notre compatriote Vashish Ramma.

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