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10 janvier 2026 12:34
16 ans minimum pour liker... L’Australie prend les devants ! Le pays dit donc stop aux réseaux sociaux pour les ados, devenant ainsi le premier pays à adopter une telle loi. D’autres pays, comme la Chine et l’Espagne, ont déjà pris des mesures pour restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux...
Les réseaux sociaux, ce n’est pas un jeu d’enfants ! L’Australie le rappelle. Le pays a pris les devants et les interdit, depuis le 10 décembre, pour les moins de 16 ans. Depuis plusieurs années déjà, les réseaux sociaux sont partout ! En 2025, plus de 5,24 milliards de personnes utilisent les médias sociaux dans le monde, ce qui représente environ 63% de la population mondiale.
Les plateformes comme TikTok, Instagram et Facebook sont les plus populaires, avec des milliards d’utilisateurs actifs mensuels. TikTok, en particulier, est devenu un phénomène culturel, surtout chez les jeunes de 16 à 24 ans, avec 60% de ses utilisateurs appartenant à cette tranche d’âge. Les utilisateurs passent en moyenne 1h48 par jour sur les réseaux sociaux, principalement pour contacter leurs proches et rechercher des informations. Les plateformes se démarquent notamment par leurs fonctionnalités uniques, comme la réalité augmentée sur MetaVerse Connect ou les vidéos courtes sur TikTok. Les réseaux sociaux sont ainsi devenus des outils incontournables pour la communication, le divertissement et l’information.
Pour les jeunes, ces plateformes symbolisent tout un monde sur lequel ils passent beaucoup de temps. Et selon certains experts, ce n’est pas particulièrement une bonne chose, même si les avis divergent sur ce sujet et sur l’impact que ces plateformes ont sur les jeunes. Et pour des raisons concernant le côté sombre de ces réseaux, l’Australie est devenue, depuis quelques semaines, le premier pays à dire «NON» aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Le pays franchit ainsi un cap historique avec cette mesure. Cette loi pionnière, adoptée par le Parlement, vise à protéger les jeunes des dangers potentiels des plateformes numériques.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a ainsi précisé que les réseaux sociaux sont devenus des «plateformes de pression sociale, vectrices d’anxiété, un outil pour les arnaqueurs et, pire que tout, pour les prédateurs en ligne». Les raisons de cette interdiction sont multiples. Il est question de : protection contre les prédateurs en ligne, la réduction de l’anxiété et de la pression sociale, ou encore pour la prévention des cyber-arnaques, les mineurs étant les plus vulnérables aux arnaques en ligne. Les problèmes comme l’addiction, ou une grande exposition à des contenus violents ou explicites, les réseaux sociaux contenant souvent des contenus inappropriés, ont aussi motivé la mise en application de cette loi. Plusieurs bienfaits ont été mis en avant pour expliquer le pourquoi de cette loi. Ainsi, selon les législateurs australiens, cette interdiction devrait avoir des effets positifs sur les jeunes Australiens, notamment concernant la santé mentale : en réduisant l’exposition aux réseaux sociaux, les jeunes devraient, selon des professionnels, être moins anxieux et plus épanouis. Les bienfaits concernent aussi le développement de compétences sociales et une protection contre les contenus inappropriés. Bien évidemment, cette mesure suscite de nombreuses réactions. Ce n’est pas notre compatriote Eric Mootoosamy, installé au pays des kangourous, qui dira le contraire.
Un débat

«Alors que le paysage numérique continue d’évoluer à un rythme sans précédent, la question de savoir comment protéger au mieux les jeunes enfants des dangers qui les guettent en ligne est devenue un sujet de débat national. À la lumière des restrictions d’âge récemment adoptées pour les réseaux sociaux, qui sont entrées en vigueur le 10 décembre, de nombreux parents australiens, dont moi-même, sont encore aux prises avec les implications pratiques et philosophiques de ces nouvelles règles. En tant que père d’une fille de 5 ans et d’un fils de 8 ans, je suis profondément préoccupé par le côté sombre des réseaux sociaux, qui fait désormais presque quotidiennement la une de l’actualité», nous confie le Mauricien en parlant de ces plateformes qui se retrouvent sous les feux des projecteurs dans son pays d’adoption. Toute cette actualité a retenu son attention et celle de sa petite famille : *«Nous entendons chaque jour des histoires d’intimidation, de harcèlement et même de comportements de prédateurs en ligne visant les enfants, et en tant que parent, cela est terrifiant. C’est pourquoi je pense que la décision du gouvernement d’imposer des limites d’âge plus strictes pour les comptes sur les réseaux sociaux est une mesure audacieuse, qui démontre une réelle volonté de s’attaquer au problème.» *
C’est avec grand intérêt qu’Eric suit la mise en pratique de cette loi : «La responsabilité de faire respecter ces règles – et de faire face aux sanctions en cas d’infraction – incombe entièrement aux plateformes de réseaux sociaux elles-mêmes, plutôt qu’aux parents ou à l’enfant. Cette approche est importante. En tenant les plateformes pour responsables, la loi cible ceux qui ont le pouvoir de contrôler l’accès et la sécurité, plutôt que d’imposer une charge supplémentaire aux familles qui font déjà de leur mieux pour assurer la sécurité de leurs enfants.»
Bien évidemment, il y a eu beaucoup de débats autour de cette décision. «Comme pour tout changement réglementaire majeur, les nouvelles restrictions d’âge ont suscité un vif débat dans les foyers australiens. Je comprends les nombreuses préoccupations soulevées par les autres parents. Les gens s’inquiètent de la manière dont ces restrictions seront mises en œuvre dans la vie réelle et se posent des questions légitimes sur la confidentialité, en particulier en ce qui concerne la vérification de l’âge, et sur le risque que nos enfants prennent du retard par rapport à leurs homologues d’autres pays en matière de culture numérique. Contrairement à d’autres pays, l’Australie est pionnière dans ce type de modèle global. Les législateurs eux-mêmes admettent qu’il y aura des difficultés initiales. Il n’existe aucun précédent en la matière, il est donc compréhensible qu’il y ait une incertitude quant à la manière dont les entreprises de médias sociaux vont appliquer la loi», poursuit notre compatriote.
Pour pouvoir partager son avis sur le sujet, le père de famille se base notamment sur son expérience personnelle :* «Mes enfants utilisent quotidiennement des plateformes telles que YouTube, tant à la maison qu’à l’école, et ont recours à ces outils pour tout, de l’apprentissage de l’italien à l’exploration de concepts scientifiques. Désormais, avec les restrictions imposées aux comptes, s’ils ne possèdent pas leur propre compte, ils seront réellement limités dans les contenus qu’ils peuvent consulter et avec lesquels ils peuvent interagir. Certains parents estiment que le gouvernement devrait laisser aux familles la responsabilité de surveiller les activités en ligne de leurs enfants, mais la réalité est que la révolution numérique a créé des risques que les familles ne peuvent pas toujours gérer seules. La loi sur la restriction d’âge n’est pas parfaite, mais elle constitue une base nécessaire, sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour mettre en place des mesures de protection plus solides afin de protéger nos enfants contre les crimes et les dangers en ligne», souligne Eric, qui se dit optimiste par rapport à la suite des événements : «Malgré les incertitudes qui entourent l’application de la loi, notamment en ce qui concerne la manière dont les plateformes de réseaux sociaux vérifieront l’âge des utilisateurs et sécuriseront les documents sensibles, je reste optimiste.»
De nombreuses questions, précise-t-il, restent encore sans réponse : «Comment les plateformes vérifieront-elles l’âge des utilisateurs sans compromettre leur vie privée ? Quel type de documents sera nécessaire et comment ces informations seront-elles protégées ? Je pense toutefois que la coopération entre les parents, les entreprises technologiques et les autorités réglementaires conduira à des changements positifs. Je suis convaincu que, à mesure que la loi sera mise à l’épreuve et que nous serons confrontés à des défis, il sera possible d’apporter des modifications et des améliorations. La volonté des parents et des responsables de travailler ensemble est essentielle. En fin de compte, je pense que ces efforts contribueront à mieux protéger les enfants australiens dans leur navigation dans le monde numérique.»
Pour le père de famille, si les nouvelles restrictions d’âge posent des défis, elles constituent également une avancée significative pour la protection des enfants dans une société de plus en plus connectée. «À mesure que la communauté s’adapte et que la loi évolue, en discutant avec d’autres parents, nous gardons tous l’espoir que le dialogue et la collaboration continus aboutiront à un environnement numérique plus sûr et plus responsable pour les plus jeunes citoyens du pays», conclut Eric, qui est tout à fait d’accord que les réseaux sociaux, ce n’est pas un jeu d’enfants !
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