J–11

Publicité

Accusé du meurtre prémédité de son ami Jayce Clovis en 2022

Le Franco-Mauricien William Sanassee condamné à perpétuité

11 avril 2026

Chaque crime choque, mais celui-ci atteint un degré de cruauté qui le rend proprement insoutenable. Lors du procès intenté contre le Franco-Mauricien William Sanassee, accusé du meurtre prémédité de son ami Jean Jayce Donovan Clovis, qui remonte à février 2022, le juge Manrakhan a qualifié les actes commis d’ «exceptionally grave, disburbing and abhorrent nature», soulignant la gravité des faits qui lui sont reprochés. Ce mercredi 8 avril, devant la cour suprême, il a ainsi condamné le meurtrier à la perpétuité.

La victime, Jayce Clovis, était porté manquante depuis le 22 février 2022. Ce jour-là, le jeune homme, âgé de 28 ans à l’époque, était en congé. «Letan monn sorti, li ti pe get televizion. Kan monn rant lakaz ver 21 er, li pa ti la», nous avait confié son père Noël. Injoignable sur son cellulaire, alors qu’il ne l’éteignait jamais, son père avait aussitôt soupçonné que quelque chose lui soit arrivé. Pendant plus d’un an, les proches de Jayce Clovis ont porté en eux le poids de l’incertitude. Ce n’est qu’en novembre 2023 que l’affaire a connu un développement majeur, révélant une réalité que personne n’osait imaginer : deux connaissances de William Sanassee ont déclaré à la police que ce dernier leur avait confié avoir assassiné Jayce Clovis et enterré le corps sur un terrain en friche derrière sa maison. Des recherches menées à l’endroit mentionné avaient conduit les enquêteurs à la découverte de restes humains.

Arrêté en décembre 2023, William Sanassee avait, dans un premier temps, nié toute implication dans cette affaire. Ce n’est qu’en septembre 2024, après que les analyses ADN ont confirmé que les ossements découverts étaient bel et bien ceux de Jayce Clovis, que le meurtrier est passé aux aveux. D’après ses dires, le 22 février 2022, il serait allé à la rencontre de la victime pour lui emprunter une planche de surf et l’aurait surpris ayant un comportement inapproprié avec une mineure ; des allégations qu’il n’a jamais pu prouver. Après avoir abandonné l’idée de faire du surf en raison des mauvaises conditions météorologiques, William Sanassee aurait ensuite ramené Jayce Clovis chez lui. Ce dernier était assis dans la salle à manger, dit-il, lorsqu’il s’est approché de lui de derrière, lui a tranché la gorge, avant de le poignarder à plusieurs reprises à la tête et dans les yeux, jusqu’à ce qu’il s’écroule dans une mare de sang. William Sanassee dit avoir ensuite nettoyé les traces de sang avec une serpillière, enveloppé le corps dans un drap, et balancé le tout par-dessus la muraille, derrière sa maison, avant de les enterrer. Un mois plus tard, il dit avoir exhumé le corps, fracassé le crâne avec un marteau, et consommé certaines parties du cadavre.

Pour le juge Manrakhan, «the aggravating facts are overwhelming». Avant de prononcer la sentence, il a pris en considération plusieurs éléments, notamment le fait que le meurtrier a attaqué sa victime alors qu’il était dans une position vulnérable, l’extrême violence dont il a fait preuve et le «particularly heinous and disturbing nature» dont il a fait preuve après le crime. Il a aussi tenu en compte que William Sanassee avait déjà un casier judiciaire, ayant déjà été coffré pour vol et pour possession d’objet volé dans le passé. «Although that offence is not of a violent nature, it is indicative of a disregard for the law and does not assist him», selon le juge. Il l’a condamné à la prison à vie «to meet the requirements of justice».

Publicité