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L’école ou le premier chantier d’une évolution sociale !

28 février 2026

À quoi reconnaît-on les premiers signes d’une transformation de notre société ? Quels sont les indices palpables, tangibles, mesurables d’un gouvernement à un autre sur un plan sociétal ? S’il est encore trop tôt pour prendre un premier exemple en évaluant les résultats de l’introduction du permis à points, on constate déjà que ce bienvenu cadre légal insuffle une autre conscience chez les conducteurs – hormis pour un groupe de voyous qui continue de prendre le volant sous l’effet de substances, ou quelques autres, toujours incapables de maîtriser leur colère et s’illustrant par des actes de road rage.

Et si, il y a dix ans, le MSM n’avait pas enterré le projet du permis à points, quel en serait aujourd’hui l’impact sur notre société ? Car il faut bien le reconnaître : une telle réforme touche à nos comportements, à nos mentalités, qui évoluent progressivement lorsqu’on leur impose une ligne de conduite précise, harmonieuse et durable.

Ne devrait-on pas projeter cette volonté de faire avancer nos mentalités sur d’autres enjeux nationaux ? Au moment où l’on est confronté à un nouveau cas de féminicide – une jeune femme a été mortellement poignardée à Mahébourg –, alors même que, paradoxalement, nous nous apprêtons à célébrer les droits des femmes ; au moment où les révélations concernant un ancien enseignant accusé de comportements inappropriés envers des élèves secouent notre société ; au moment où une instance du Vatican reconnaît qu’un prêtre mauricien est coupable de «sollicitations inappropriées» envers une mineure, n’y a-t-il pas là une urgence pour une sensibilisation et une éducation ciblée dès l’école primaire ?

Car la transformation d’une société commence d’abord dans la tête de nos enfants, ceux-là qui seront les adultes et les citoyens de demain. Quand on sait qu’une mentalité, individuelle ou collective, ne change pas du jour au lendemain, surtout lorsqu’elle repose sur des habitudes ancrées, on pourrait profiter de ce moment où il y a un réveil des consciences pour introduire des modules éducatifs destinés aux tout-petits sur la protection des enfants, les droits des femmes, en commençant par l’égalité entre garçons et filles.

Si dans certaines écoles, ce genre de sujet existe déjà, une réflexion ne devrait-elle pas avoir lieu sur l’importance d’introduire ces matières plus tôt, sachant qu’en Grades 5 et 6, certains enfants sont déjà en phase de puberté ? Est-ce que ce genre de modules ne devraient pas avoir lieu dans toutes les institutions primaires, publiques et privées, à un âge consensus parmi les éducateurs, dans le but d’apprendre aux enfants à reconnaître les limites, à comprendre le respect, à identifier ce qui est normal et ce qui ne l’est pas, et à savoir dire non aux demandes abusives de la part de potentiels prédateurs ? Ne devrait-il pas y avoir, dans chaque école, la création d'une plate-forme adaptée, permettant aux éventuelles victimes de témoigner en toute sécurité ?

Et si nous imaginions un projet commun impliquant les ministères de l’Éducation, de l’Égalité des genres, de la Jeunesse et des Sports, ainsi que d’autres institutions concernées ?

Depuis les secousses qui ébranlent la Loreto Junior School de Curepipe et suite à la publication du communiqué de l’Église catholique évoquant une «gravité relative» quant aux agissements d’un prêtre, la parole se libère progressivement et des expressions comme le grooming – un processus de manipulation mentale et affective utilisé par les agresseurs – trouvent enfin leur place dans les débats publics. D’où la nécessité d’aller plus loin que les dénonciations au travers des engagements, en investissant dans l’éducation de nos tout-petits.

Le permis à points nous rappelle qu’une réforme réfléchie et cohérente peut modifier des comportements. C’est dire qu’il est possible d’enclencher toute action qui protègerait les plus vulnérables avec comme objectif à long terme la participation à une transformation sociale.

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