L’enquête sur le coup de feu qui a grièvement blessé Élodie Thomas à Camp-Levieux le 9 octobre prend une nouvelle tournure, avec deux accusations provisoires désormais retenues contre le sergent de police impliqué dans cette affaire. Pendant que ce dernier demeure en détention, l’Independent Police Complaints Commission (IPCC) passe au crible les images de vidéosurveillance et examine les circonstances de l’intervention.
Âgé de 57 ans, le sergent Gautam Singh Taukoor fait l’objet de deux accusations provisoires, soit Using Firearm to Intimidate pour avoir intimidé le chauffeur du van avec son arme à feu et Involuntary Wounds and Blows by Imprudence en raison des blessures subies par Élodie Thomas. Ces accusations ont été retenues après des consultations avec le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP). La première accusation provisoire qui pesait contre lui, à savoir Possession of Firearm with Intent to Endanger Life, a été rayée. Après sa comparution devant le tribunal de Rose-Hill, le 12 octobre, le sergent a été reconduit en cellule policière. La police s'est opposée à sa remise en liberté sous caution. Sa prochaine comparution en cour est prévue pour le 19 octobre.
Analyse des images CCTV
Dans un communiqué publié le 15 octobre, l’IPCC a fait le point sur les démarches entreprises depuis l’ouverture de ses investigations. La Commission indique avoir reçu deux plaintes séparées le 12 octobre : l’une déposée au nom d’Élodie Thomas et l’autre par le chauffeur du van. Deux enquêtes ont ainsi été ouvertes par la suite. Le même jour, l’IPCC a sollicité l’accès aux images des caméras du réseau Safe City dans la région de Camp-Levieux.
Le 13 octobre, ses enquêteurs se sont rendus au poste de police de cette localité pour recueillir des documents et des registres pertinents. Le lendemain, ils ont visionné les images obtenues et commencé à les analyser en détail. Le dossier de l’enquête initialement menée par la police leur a également été officiellement transmis. Autre élément soulevé par la Commission : le 15 octobre, elle a demandé au commissaire de police d’engager les procédures appropriées en vue d’imposer un Report on Departure à certains policiers impliqués dans cette affaire.
Le communiqué ne précise toutefois ni l’identité des agents concernés ni les modalités exactes de cette mesure. Trois autres policiers présents lors du tir du sergent Taukoor sont interdits de fonctions à compter du 11 octobre. Le DPP a demandé que leur conduite, ainsi que celle des membres de la Special Mobile Force présents sur les lieux, soit examinée afin de déterminer si une éventuelle infraction de non-assistance à personne en danger pourrait être retenue.
Le DPP a indiqué que l’enquête est encore à un stade préliminaire, alors que plusieurs éléments, notamment les rapports d’expertise scientifique et balistique, sont attendus. Il n’a pas écarté la possibilité d’instituer une enquête judiciaire si les investigations ne progressent pas suffisamment. De son côté, l’IPCC affirme poursuivre ses investigations de manière indépendante et impartiale. L’analyse des images, les documents recueillis et les témoignages devront permettre de mieux établir les circonstances du tir.