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10 janvier 2026 17:53
La décision de la Bail & Remand Court d’accorder la liberté sous caution à Jonathan Merle, accusé de l’assassinat de son épouse Nancy, continue de susciter une vive indignation au sein de la famille de la victime. Plus d’un an après le drame survenu le 2 juin 2024 à Résidence Argy, à Flacq, les proches disent avoir appris cette libération par la presse, provoquant colère, révolte et incompréhension.
Pour rappel, Nancy Merleest décédée le 2 juin à son domicile à Argy. Initialement attribuée à une insuffisance cardiaque, sa mort a rapidement suscité des soupçons au sein de sa famille, convaincue qu’il ne s’agissait pas d’un décès naturel. Le père de la victime a porté plainte, évoquant des violences conjugales répétées et réclamant une enquête approfondie. Les investigations ont conduit à l’arrestation puis aux aveux de l’époux, qui a reconnu l’avoir tuée après une dispute.
Nancy Merle, âgée de 28 ans au moment de son décès, laisse derrière elle deux jeunes enfants, un garçon d’un an et demi et une fillette de deux ans et demi, aujourd’hui confiés à leur grand-mère maternelle qui réside à Mahébourg. «C’est une injustice incompréhensible. On pense avant tout à ces deux enfants qui grandiront sans leur mère», confie Emmanuelito Pierre-Louis, cousin de la défunte, très proche de Nancy.
Selon lui, la famille ignore toujours comment l’accusé a pu bénéficier d’une telle décision judiciaire.«Nous demandons l’intervention immédiate du Directeur des poursuites publiques», martèle le jeune homme. Il raconte que Nancy et lui ont grandi ensemble sous le même toit. «Nos parents sont frères et sœurs. Elle était comme une sœur pour moi», témoigne-t-il avec émotion. Nancy devait célébrer ses huit ans de mariage le 17 décembre dernier. Mais, selon ses proches, ce mariage n’aurait jamais été un choix libre. La veille de sa mort, Nancy s’était rendue chez son père, exprimant sa détresse et affirmant qu’elle n’était pas heureuse et «pe pass mizer». Selon ses proches, elle avait entrepris des démarches pour obtenir un Protection Order, avant de se rétracter par la suite.
Rappelons que Jonathan Merle, 33 ans, a été libéré sous caution le 4 décembre 2025, moyennant deux cautions de Rs 100 000 chacune et un engagement de Rs 600 000, assorti de conditions strictes. Il doit, entre autres, se présenter au poste de police où il réside tous les jours entre 6h et 18h ou encore il fait face à un couvre-feu entre 21h et 5h. La cour a également recueilli son passeport. Il n’est pas autorisé non plus à se rendre à Résidence Argy. Il fait toujours face à une accusation provisoire de murder devant le tribunal de Flacq. La police avait objecté à sa remise en liberté sous caution pour trois raisons : risque de fuite, risque d’ingérence avec les témoins et sécurité personnelle de l’accusé. La cour a accordé la liberté sous caution a Jonathan Merle pour ne plus lui priver de son «right to liberty» tout en précisant que le risque de prendre la fuite «can be minimized to an acceptable level with stringent conditions being imposed».
Pour la famille de Nancy, la douleur reste toutefois intacte et la lutte pour la justice ne fait que commencer. Marie Angelle Andy, une tante paternelle affirme que «nou oule zis la zistis pou Nancy». Elle raconte que la jeune femme a grandi sous ses yeux après la séparation de ses parents. «Monn get li depi li tipti ziska linn gran linn marye», confie Marie Angelle. Cette dernière cache très mal sa colère après les récents événements : «Nou inn byin soke kan noun aprann ki Jonathan gagn kotion avan lane. Si vremem Nancy inn malad inn tonbe kouma li pe rod fer krwar so premye reaksion ti bisin krye vwazin rod sekour, telefonn la polis olie met matla ramas linz vomi tousala. La li dehor li pe fete se nou fami ki gran perdan.»
Plusieurs questions intrigantes restent sans réponse pour Marie Angelle et les siens. «Seki pli fatig nou ankor se ki mari nancy dir la polis inn britaliz li. Nou anvi kone kifer li pa ti dir mazistra linn gagn bate premye fwa ou deziem kout la polis ti pass li lakor Flacq? Mo ousi anvi kone kifer la polis ti refiz pran nou depozision kont enn dokter legiste apre polemik ki ti ena lor lamor mo nies», se demande sans cesse Marie Angelle.
Me Narwin Ramdass : «Mon client avait signé des aveux sous la contrainte»
L’avocat de Jonathan Merle est catégorique : «Mon client avait signé des aveux sous la contrainte». Me Narwin Ramdass précise que ce dernier a été «agressé et contraint de signer une confession, avant de déposer une plainte auprès de l’Independant Police Complaints Commission et de nier toutes les accusations portées contre lui».
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