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Madagascar : le cyclone Gezani, la solidarité internationale et la pénible reconstruction

21 février 2026

Le cyclone Gezani est considéré comme l’un des plus intenses à avoir frappé Madagascar ces dernières années, avec des conséquences dévastatrices pour les populations et les infrastructures de l’île.

Le cyclone Gezani a violemment frappé Madagascar le 10 février, provoquant des dégâts considérables et des pertes en vies humaines. Même si c’est très difficile, le pays essaye actuellement de panser ses blessures...

De la peur, de la panique et de l’incertitude... Mais aussi des larmes et un tourbillon d’émotion. Sans oublier le choc, l’effroi et le désarroi. Car quand le cyclone Gezani a frappé Madagascar le 10 février, il n’a rien épargné sur son passage. Considéré comme l’une des tempêtes les plus intenses à avoir frappé la Grande Île ces dernières années, avec des vents soutenus de 200 km/h et des rafales allant jusqu’à 250 km/h, il a semé la terreur et a tout balayé sur son passage.

Conséquences : 59 personnes ont perdu la vie (selon un bilan toujours provisoire), une dizaine d’autres manquent à l’appel, sans oublier les plus de 420 000 sinistrés qui se sont retrouvés livrés à eux-mêmes, sans rien, ayant tout perdu dans la tempête. Les régions les plus touchées par la tempête sont Toamasina, Brickaville, Ambatondrazaka et Mahanoro, avec des paysages complètement détruits et des infrastructures à terre. Plus de 27 000 toits ont été arrachés, 49 000 autres se sont effondrés alors que plus de 20 000 toits ont été partiellement endommagés. Les routes et les ponts ont également été ravagés, compliquant l’accès aux zones touchées.

Selon les autorités et selon des constats officiels, plus de 423 000 personnes ont été déplacées, dont 1 428 personnes qui n’ont pas encore retrouvé leur logement. D’après le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes, la ville de Toamasina (Tamatave), la plus touchée, aurait été détruite à 80 %. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et d’autres organisations humanitaires ont déployé des équipes d’intervention d’urgence pour apporter une aide aux populations touchées.

Depuis le sinistre, les zones touchées peinent à se remettre debout tant les dégâts sont conséquents. Le quotidien des habitants est forcément toujours impacté, avec les services d’eau et d’électricité qui ont été grandement affectés, tout comme les infrastructures d’assainissement qui ne fonctionnent plus et l’eau qui a été contaminée. Les images de désolation, avec les routes, les écoles et les centres de santé ravagés, témoignent de l’ampleur de la catastrophe, avec, dans plusieurs régions, des scènes montrant des habitants faisant la queue pour recevoir de la nourriture, ou encore dans les centres de soin où des soignants procédent à des tests de dépistage du paludisme sur des enfants.

De par les tristes circonstances qui affectent les zones meurtries par le cyclone Gezani, le président de la Refondation de la République de la Grande Île, Michaël Randrianirina, a fait un appel à la solidarité internationale. Au Conseil des ministres du mercredi 11 février, il a sollicité l’aide internationale afin de contribuer aux opérations urgentes d’aide et de soutien aux sinistrés dans les régions affectées à hauteur de 75 %. «Toute contribution, notamment de produits de première nécessité, émanant de la communauté internationale, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organismes non gouvernementaux étrangers, constitue une marque indélébile de la fraternité et de la solidarité qui nouent ces derniers avec Madagascar et son peuple», souligne la présidence.

Contribution

*«Quelques jours après le passage du cyclone Gezani, qui a durement frappé la côte Est de Madagascar, les élans de solidarité se multiplient»*, nous confie le journaliste Manjato Razafy.

La Banque mondiale a débloqué 37 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats de 40 000 ménages. L’Union européenne, de son côté, a annoncé des aides matérielles et logistiques. Touchés par la détresse des victimes du cyclone Gezani à Madagascar, de nombreux pays ont ainsi voulu apporter leur contribution pour aider à la pénible reconstruction des régions accablées. La Chine, par exemple, a offert à Madagascar une «aide non remboursable de 100 millions de yuans» – environ 19,3 millions de dollars – et la France a annoncé l’envoi de vivres, de sauveteurs et de pompiers depuis l’île de La Réunion.

Maurice a aussi répondu au SOS du pays affecté. Dans un communiqué, le ministère des Affaires Étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international dit vouloir contribuer à l’opération solidarité pour Madagascar. «Le gouvernement de la République de Maurice suit avec une attention particulière la situation à Madagascar suite au passage du cyclone Gezani. Le Premier ministre, l’Honorable Docteur Navinchandra Ramgoolam, et l’Honorable Paul Raymond Bérenger, Premier ministre adjoint, assurant la suppléance aux Affaires étrangères, ont exprimé respectivement au Président de la Refondation et au Premier ministre de Madagascar leur sympathie, ainsi que leur soutien au peuple malgache. Le Gouvernement ne manquera pas de répondre à l’appel à la solidarité internationale de Madagascar, pays frère», souligne le communiqué du ministère des Affaires étrangères mauricienne. Le Cabinet ministériel a aussi convenu qu’un don de 100 000 dollars américains sera fait à la République de Madagascar.

Manjato Razafy, journaliste dans la Grande Île et ami de l’île Maurice, ne rate, évidemment, rien de l’actualité autour du drame qui affecte son pays. «Quelques jours après le passage du cyclone Gezani, qui a durement frappé la côte Est de Madagascar, les élans de solidarité se multiplient. Associations, partis politiques, influenceurs et athlètes ont lancé diverses cagnottes pour venir en aide aux sinistrés. Les dons affluent, mais l’on constate un déséquilibre : les vêtements sont devenus trop nombreux alors que les besoins prioritaires concernent surtout la nourriture, les tôles et les matériaux de construction», nous confie le jeune homme qui partage les malheurs des sinistrés : *«Toamasina s’est transformée en point de convergence des aides nationales et internationales. L’ONU, l’OMS ainsi que plusieurs pays occidentaux ont annoncé leur soutien. Pour l’instant, la ville reste relativement calme, engagée dans une phase de reconstruction et surtout dans l’attente de ces aides, dont beaucoup ont été largement médiatisées mais ne sont pas encore arrivées à destination. Des promesses visibles dans les médias, mais qui tardent à se concrétiser sur le terrain. Une occasion, pour certains, de soigner leur image plus que de répondre à l’urgence réelle... *»

L’objectif principal en ce moment, c’est d’accélérer autant que possible la reconstruction pour vite effacer les souvenirs de peur et de panique dans l’esprit et le cœur des habitants encore sous le choc des ravages de Gezani.

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