Noor : «Avec un traitement adapté, il est tout à fait possible de continuer à vivre pleinement...»
«À quelques mois de mes 40 ans, je n’aurais jamais imaginé qu’un simple test de dépistage allait changer ma vie. En juin 2025, j’ai appris que j’étais séropositif au VIH. Même si je faisais régulièrement des tests, recevoir ce diagnostic a été un véritable choc. À ce moment-là, je connaissais très peu de choses sur le VIH et, honnêtement, j’ai cru que c’était la fin. Je traversais déjà des difficultés personnelles et cette nouvelle m’a profondément affecté moralement et émotionnellement.
Cependant, le soutien de mes proches a joué un rôle essentiel dans mon acceptation de cette réalité. Leur présence, leurs paroles rassurantes et leur amour m’ont aidé à reprendre espoir. J’ai rapidement compris que ma vie n’était pas terminée. J’ai également rencontré des professionnels et des personnes qui m’ont conseillé de considérer cette situation comme tout autre maladie chronique, par exemple le diabète, nécessitant simplement un traitement à vie.
Aujourd’hui, bientôt un an après mon diagnostic, je peux dire que je vis normalement. Grâce aux avancées de la science et de la médecine, mon traitement se résume à seulement deux comprimés à prendre chaque jour, au même moment. Avec le temps, le VIH a cessé d’occuper toutes mes pensées. Il m’arrive même d’oublier que je suis séropositif. Je travaille, je ris, je profite de mes proches et je continue à faire des projets pour l’avenir.
Cette expérience m’a appris la résilience, l’importance du soutien humain et, surtout, la valeur de la vie. Elle m’a aussi montré qu’il existe encore beaucoup de peur et de désinformation autour du VIH. C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée mondiale du souvenir des victimes du sida (AIDS Candlelight Memorial), je souhaite transmettre un message simple mais important à la population.
Protégez-vous toujours. Faites du dépistage une habitude régulière, même lorsque tout semble aller bien. Informez-vous correctement sur le VIH et les réalités actuelles de la maladie. Et surtout, si un jour vous êtes confronté à cette situation, sachez que ce n’est pas la fin. Avec un traitement adapté, du soutien et une attitude positive, il est tout à fait possible de continuer à vivre pleinement, avec dignité, espoir et sérénité.»
Enzo : «Le VIH n’a pas mis fin à ma vie»
«Je suis séropositif au sida et sous traitement depuis maintenant 10 ans. Mon parcours avec cette maladie est atypique et cache une souffrance insoupçonnable derrière ma joie de vivre et mes sourires. Une souffrance, car j’ai eu la malchance d’être diagnostiqué du VIH à un stade avancé. Malgré cela, aujourd’hui, ma charge virale est indétectable, ce qui signifie que je ne peux pas transmettre le virus tant que je suis correctement mon traitement. Le VIH n’a pas mis fin à ma vie. Oui, je suis au stade sida – c’est le stade avancé de l’infection par le VIH, lorsque le système immunitaire est très affaibli et que des infections graves ou certains cancers peuvent apparaître –, mais aujourd’hui ma charge virale est indétectable grâce au traitement. Derrière les mots VIH et sida, il y a aussi la résilience, l’espoir et la force de continuer.
J’ai aussi connu les complications graves de la maladie, comme le cytomégalovirus et le sarcome de Kaposi. Fort heureusement, la plupart des patients dépistés aujourd’hui ne font plus face à ce type de complications grâce aux progrès des traitements et au dépistage précoce.Cela ne se voit pas toujours de l’extérieur, mais c’est une souffrance inimaginable, autant physiquement que mentalement. Malgré tout, il faut continuer à avancer et garder espoir. Par la grâce de Dieu, et grâce au soutien de PILS, de RIVE de l’île de La Réunion et des médecins qui m’ont accompagné, j’ai pu continuer ce combat. Je tiens particulièrement à remercier le Dr Catherine Gaud, qui a toujours eu pour mission de soutenir et d’aider les patients présentant des cas compliqués, non seulement à La Réunion, mais aussi les patients venant de Maurice, de Mayotte et des Comores.
Que seraient devenus tous les séropositifs de Maurice sans Nicolas Ritter ? Grâce à sa lutte acharnée, le traitement du VIH est devenu accessible à Maurice. Je tiens à saluer le travail de ce grand homme qui m’a toujours accompagné et qui m’a sauvé la vie. Pour honorer la mémoire de celles et ceux qui n’ont pas eu ma chance, qui sont tombés malades et sont morts du sida, je vous invite à nous rejoindre ce dimanche au Caudan Waterfront. "VIH / SIDA, li pa get to kouler, relizion ni to pozision sosial. Vini an fami, ant ami ek koleg parski li capav tous ninport ki ek ninport kan !"»
Une journée pour se rappeler de la violence de l'homophobie, de la transphobie, de la biphobie...

Un jour, une date... pour mobiliser encore plus et pour se rappeler de la violence de l'homophobie, de la transphobie ou encore de la biphobie. À l’occasion de l’International Day Against Homophobia, Biphobia, Interphobia and Transphobia (IDAHOBIT) 2026, le Collectif Arc-en-Ciel (Caec) rappelle les enjeux liés aux droits humains, à l’inclusion et à la démocratie. «Cette journée internationale commémore le retrait de l’homosexualité de la Classification internationale des maladies. Cette décision, prise en 1990 par l’Organisation mondiale de la santé, marque une avancée majeure dans la reconnaissance des droits et de la dignité des personnes LGBTQIA+», rappelle le Caec à l'occasion de cette journée mondiale. Placée sous le thème «At the Heart of Democracy», l'édition de cette année met en lumière le rôle essentiel de l’inclusion, de la représentation et de l’égalité dans la construction d’une société démocratique plus juste et équitable.
Dans le cadre d'une campagne visible à partir de ce dimanche 17 mai, OUT MORIS appelle à une réflexion nationale sur le mariage civil pour tou·te·s à Maurice. Et c'est à travers sa nouvelle campagne «Finn ariv ler» («Il est temps») que l'organisme appelle le gouvernement mauricien à "ouvrir une réflexion nationale sérieuse, apaisée et responsable autour du mariage civil pour les couples de même sexe"». Pour OUT MORIS, cette demande dépasse largement une question symbolique. Elle concerne la dignité, l’égalité devant la loi, la stabilité familiale et la protection concrète de milliers de Mauricien·ne·s. «Nous ne demandons pas que tout change du jour au lendemain. Nous demandons au moins que le pays commence une vraie conversation sur cette réalité qui existe déjà à Maurice. Aujourd’hui, des milliers de personnes LGBT vivent, aiment, construisent des relations durables et parfois des familles à Maurice. Pourtant, ces couples restent encore largement invisibles aux yeux de la loi», souligne Sandrine Julien, directrice d'OUT MORIS.
La journée contre l'homophobie est, pour de nombreuses personnes de la communauté LGBTQIA+, très importante. «Cette journée met en lumière une réalité : que l'homophobie fait mal... Je me souviens, lorsque plus jeune, j'avais fait mon coming out avec mes deux meilleurs amis. Ils m'avaient tourné le dos. Ce genre de réaction blesse et marque à vie», nous confie Ella, qui souhaite plus que tout que les mentalités évoluent et que les choses changent pour que l'homophobie ne sème plus le mal...
Pour les SDF...
Cette édition 2026 du Candlelight sera également dédiée à la mémoire des personnes sans domicile fixe (SDF). En présence du vice-président de la République, Robert Hungley, de Bryan Keenoo, maire de Quatre-Bornes, et d’autres personnalités, l’Abri de Nuit de Saint-Jean – Caritas Île Maurice rendra hommage, de 18h15 à 19h30, à ces personnes à qui la vie n’a pas fait de cadeau.