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Nouveau mouvement politique

Paul Bérenger mobilise ses troupes

25 avril 2026

Rebattre les cartes, vite. Paul Bérenger enclenche la relance avec un nouveau mouvement politique, pendant que le MMM essaie de trouver son rythme.

Rebondir. S’inscrire dans une dynamique pour ne pas laisser le moment s’échapper. Pour tenter de reprendre la main. Paul Bérenger a décidé de ne pas les fre. D’où l’urgence de (re)construire et de fédérer. Lors de son point de presse, après une réunion avec des représentants de différentes circonscriptions ce samedi 25 avril, il a annoncé un consensus autour d’un symbole parlant de solidarité et d’un nom pour la nouvelle formation politique en gestation : Combat Militant Progressiste.

Le dévoilement officiel est prévu lors d’un congrès fondateur le 9 mai à Vacoas-Phoenix. Dans une semaine, le samedi 2 mai, une autre rencontre sera organisée. Le 30 avril, dans le cadre du 1er Mai, se tiendra un «pèlerinage». Pour les détails, les nominations à des postes de responsabilité dans une structure qui ressemblera à celle du MMM, cela se fera ultérieurement, a précisé Paul Bérenger. Cette semaine, il a partagé le «certificat de naissance», la «lettre fondatrice» du nouveau mouvement sur Facebook et a invité les Mauriciens.nnes à s’y inscrire à travers un formulaire. Paul Bérenger n’a pas manqué d’égratigner, également, ces anciens kamarad.

Par ailleurs, Paul Bérenger a dit «plaider coupable» de n’avoir pas vu les agissements de ces ex-collaborateurs : «Ils ont mis à l’écart beaucoup de gens, finn fann palab lor zot…» Et a invité tous.tes ceux.celles qui ont à cœur l’intérêt du pays à se mobiliser : «Le pays avant tout, n’est pas un slogan creux. Nou pou welcome tou dimounn ki merite. Me pa bann seki fer ditor nou pei.» Il se dit prêt à «pardone ek korize», mais pas pour tout le monde.

Paul Bérenger a, brièvement, évoqué l’actualité. Il a dit sa désapprobation concernant la gestion du dossier Chagos, a estimé qui «pe kouyonn dimounn» sur la question de la réforme électorale et s’est interrogé sur la probable nomination d’Arianne Navarre-Marie en tant que Deputy Prime Minister. Il a, également, annoncé que Chetan Baboolall est prêt à agir comme leader de l’opposition, mais qu’au Parlement, pour l’instant, «c’est le statu quo».

Mairies : conseillers.ères révoqués.es en mode «wait and see»

Une opération met deor qui a fait voleter une brise d’incompréhension chez beaucoup. Le samedi 18 avril, lors du Comité central du MMM, une liste de militants.es révoqués.es a été partagée (14 élus municipaux, 16 membres du Comité central et cinq du Bureau politique). Parmi, on retrouve les noms de certains.es conseillers.ères municipaux. Dont la mairesse de Beau-Bassin–Rose-Hill, Gabriella Rimena Batour. Lors de son point de presse, ce samedi 25 avril, Paul Bérenger a indiqué qu’elle démissionnerait de son poste à la tête du conseil municipal, mais pas de sa position de conseillère : «Elle a fait un travail formidable mais elle n’a plus la majorité». Il a demandé, dit-il, à tous.tes les conseillers.ères concernés.es de se maintenir à leur poste.

Ce que dit le Local Government Act (LGA): «Where a person who has been elected as a Municipal City Councillor, Municipal Town Councillor or Village Councillor resigns from his group, he shall be deemed to have also resigned his office as Councillor.» En 2023, un amendement y a été apporté : un.e conseiller.ère municipal.e est considérée comme ayant démissionné de son groupe s’il.si elle le notifie lui.elle-même par écrit, soit si le groupe le notifie officiellement au Chief Executive des mairies avec les signatures requises et un procès-verbal attestant de cette décision. Pour l’instant, cette démarche n’a pas été entreprise ni par ceux.celles concernés.es ni par les dirigeants du MMM. Ces derniers ont sollicité des conseillers juridiques afin de sécuriser la procédure d’éviction des membres révoqués dans un contexte marqué par des incertitudes liées à la validité de la signature du leader (Paul Bérenger n’a pas été remplacé à ce poste). C’est ce qu’ont annoncé les dirigeants du parti à l’issue du Bureau politique du lundi 20 avril.

Gabriella Batour : «Je reste pleinement engagée dans mes fonctions»

Son engagement est plein et entier. La mairesse de Beau-Bassin-Rose-Hill, Gabriella Rimena Batour, le dit, elle continuera son job de conseillère municipale : «Investie d’un mandat de service public, je reste pleinement engagée dans mes fonctions et n’entends pas m’arrêter sur la base d’une révocation évoquée samedi dernier, mais qui, à ce jour, n’a fait l’objet d’aucune officialisation.» Même si elle doit quitter son poste de mairesse, le travail continue : «Les responsabilités qui nous incombent à la mairie sont nombreuses. Entre la concrétisation de projets structurants et la poursuite d’initiatives déjà engagées, le travail à accomplir est considérable et exige continuité, rigueur et détermination.»

Gabriella Rimena Batour était présente à Ambrose lors de la rencontre de ce samedi 25 avril, mené par Paul Bérenger, et ne cache pas ses affinités. Néanmoins, elle sait qu’elle est un peu coincée par les dispositions du LGA : «Cette loi me concerne directement. Malheureusement, aucune alternative à cette loi n’est possible si ce n’est la démission du poste de conseillère. Un tel dispositif ne laisse donc pas la possibilité de siéger en tant qu’indépendante, ce qui soulève des interrogations quant au respect de l’engagement pris envers l’électorat. Le 4 mai 2026 marquera d’ailleurs une année depuis ce mandat confié par les citoyens, un élément qui renforce encore la portée de cette réflexion.»

Gaël Étienne : «Nou pe travay, nou pala pou kas enn poz»

Lui aussi est engagé au sein du nouveau mouvement mené par Paul Bérenger. Conseiller municipal à Quatre-Bornes, son nom figure également sur la liste des révoqués du MMM : «Pour l’instant, il n’y a pas de lettre officielle, donc pas de révocation. Je continue à travailler pour les citadins, pour faire avancer les choses, là où c’est nécessaire. Nou pa pou kas en poz.» Sa présence aux côtés de Paul Bérenger est un engagement pour l’avenir, dit-il : «C’est important pour les personnes qui croient aux différents combats menés par Paul Bérenger. Des batailles que notre génération essaie de reprendre désormais. C’est le moment de réfléchir et d’agir de façon commune. Ça dépasse le simple cadre du parti politique.» Il voit les bouleversements actuels comme une relance : «Le système politique dans lequel on est ne bouge pas. Il est grand temps de remettre l’idéologie au centre du débat. Nous devons parler et fédérer. Tout le monde devrait se poser des questions fondamentales aujourd’hui. L’avenir du pays est en jeu.»

**Démissions au n°1 **

**Catherine Christ : «La politique peut encore être une question de principes» **

Ils.elles ont fait leur choix. Issus.es de différentes branches de la circonscription n°1 (Grande-Rivière-Nord-Ouest et Port-Louis-Ouest), 54 membres ont annoncé leur retrait immédiat de l’ensemble de leurs fonctions, responsabilités et affiliations au sein du MMM. Parmi les démissionnaires, Catherine Christ. Elle s’explique : «Il y a des moments où l’engagement ne peut plus être hésitant. Il doit être lucide, réfléchi, et profondément aligné avec ce que l’on considère juste. Le mien est celui d’une jeune femme qui ne cherche ni position, ni reconnaissance facile, mais une cohérence. Une manière d’agir où le pays passe avant tout, où l’intérêt collectif ne cède pas face aux logiques personnelles.»

Et elle se retrouve, encore plus aujourd’hui dans le discours de Paul Bérenger, dit-elle : «Les principes qu’il porte ne sont pas, à mes yeux, de simples repères politiques. Ils traduisent une vision du pays où la justice n’est pas fragmentée, où l’égalité ne se négocie pas, et où la démocratie dépasse les mots pour exister dans les faits. Le choix de quitter le gouvernement en dit long. Elle rappelle que la politique peut encore être une question de principes.» Alors c’est sans hésitation qu’elle s’est rendue à la réunion du 25 avril : «Rejoindre ce nouveau mouvement, ce n’est pas suivre une dynamique. C’est faire un choix conscient : celui d’une politique exigeante, qui accepte de se remettre en question et qui refuse de trahir ce qu’elle prétend défendre. C’est aussi refuser une politique qui se contente de gérer, au lieu de transformer.»

«Sa lalis-la ki apel lalis bidon». Propos d’Arianne Navarre-Marie sur les ondes d’une radio privée, cette semaine. Elle estime que parmi les démissionnaires, *«seules six personnes faisant parties de branches de la circonscription». *

Remaniement, communication, nomination du DPM : le MMM avance avec prudence

Patience et compromis. Les maître-mots de l’équipe dirigeante du MMM. Le but ? Marquer une différence tranchée avec l’approche de Paul Bérenger et faire avancer ses pions notamment concernant les nominations. Alors, pour l’instant, assure-t-on du côté des Mauves, le travail ne s’arrête pas et la communication se fait, sans forcing, sans pression. Au cœur des attentes : des rencontres régulières avec le Premier ministre, un remaniement ministériel pour rebattre les cartes et s’assurer qu’un poste de Junior minister reste dans la famille et la nomination d’un.e Deputy Prime Minister issu.e du rang du MMM, entre autres. Ajay Guness l’a évoqué lors d’une sortie publique, cette semaine : «Tout ce dont nous avions discuté dans le Bureau politique, nous l’avons communiqué au Premier ministre. Et cela reste entre nous. Mais je peux dire que Navin Ramgoolam a été très réceptif.» Arianne Navarre-Marie, dont le nom est cité pour occuper le poste de DPM, s’est, également, exprimée sur la question : «Je pense être à la hauteur de toute responsabilité dont m’honorera le Premier ministre, le gouvernement ou la population. Je le ferai par devoir pour lepep Moris.»

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