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Hidden Disabilities Sunflower Mauritius

Pour briser les tabous et soutenir les patients bipolaires

27 janvier 2026

L'association compte bientôt inclure les familles dans ce projet pilote.

Parce que les maladies mentales sortent de plus en plus de l’ombre, il est important d’offrir l’accompagnement nécessaire. L’association Hidden Disabilities Sunflower Mauritius a récemment lancé un projet pilote dédié aux personnes vivant avec un trouble bipolaire, mêlant groupes de soutien, accompagnement professionnel et art afin de sensibiliser le public et briser les tabous.

Longtemps ignorée, longtemps méconnue, longtemps stigmatisée, la santé mentale sort aujourd’hui de plus en plus des sentiers tabous. Même si elle reste encore un sujet que beaucoup préfèrent passer sous silence, ils sont néanmoins de plus en plus nombreux à réaliser l’importance d’en parler afin de se libérer, mais surtout pour trouver de l’aide et pouvoir aller de l’avant.

C’est dans cet élan que l’association Hidden Disabilities Sunflower Mauritius a choisi cette année de lancer un projet pilote dont le but est de sensibiliser le public aux troubles de la santé mentale, en particulier au trouble bipolaire. Ce programme, explique Nadjah Abbasakoor, fondatrice de The Sunflower Charitable Foundation, orthophoniste et directrice de The Inclusion Station, se focalise sur une série de groupes de soutien mis en place avec l’un des ambassadeurs de l’association, l’artiste mauricien Pascal Lagesse. À travers ces sessions, les participants sont amenés à découvrir comment l’art de Pascal Lagesse l’a aidé à traverser des périodes difficiles. Parmi les activités proposées, un journal créatif comme outil de bien-être. «La rencontre avec l’artiste Pascal Lagesse, qui a accepté de devenir ambassadeur pour le réseau HDS a été le début de ce cheminement vers la création du groupe. Vivant lui-même avec le trouble bipolaire, il était convaincu de l’apport de la pair-aidance dans le cadre d’un programme de soutien de groupe. Le programme est bien entendu encadré par une professionnelle en la personne de Yana Bagueratty, psychologue.»

Le lancement de ce projet pilote, souligne notre interlocutrice, a été motivé par un constat sur le terrain où le besoin pour un tel support se fait de plus en plus ressentir. «Dans le cadre de la promotion du lanyardSunflower, nous recevons aussi beaucoup d’appels de patients atteints d’un trouble de santé mentale et de leur famille. Idem, beaucoup de discussions sur le sujet lors de nos visites en entreprise (qu’elles soient membres du réseau ou intéressées à avoir plus d’information sur les pathologies invisibles). Le besoin de la population mauricienne pour de tels services est donc bien existant et les services publics n’offrent pas encore ce service, à ma connaissance. Le projet pilote prend donc tout son sens.»

Nadjah Abbasakoor, fondatrice de The Sunflower Charitable Foundation, lance un appel au soutien.

À ce jour, les participants se sont déjà réunis à quatre reprises à la clinique Artemis de Curepipe, l’un des partenaires de Hidden Disabilities Sunflower Mauritius pour ce projet. «Nous avons reçu de bons feedbacks des participants sur leurs ressentis, la rencontre de leurs besoins avec la qualité du service proposé (notamment le besoin de se sentir compris, acceptés tels qu’ils sont, moins seuls…), les outils concrets partagés pour mieux gérer leur quotidien.» Et lorsque la maladie est bien gérée, c’est une vie sans restriction qui s’offre à eux. «C’est important, de souligner que la plupart de nos participants au projet pilote sont des salariés actifs ou des professionnels travaillant en freelance, ce qui veut dire que les troubles bipolaires bien gérés sont tout à fait compatibles avec une vie familiale, sociale et professionnelle équilibrées. Or, pour beaucoup de personnes, ce n’est pas l’image qu’on se fait de la maladie. Ce groupe est également porteur d’espoir pour les patients jeunes ou ceux plus de difficultés, dans la rencontre avec des patients menant une vie équilibrée.»

Pour y arriver, plusieurs méthodes existent : suivi psychiatrique, médicaments, thérapies, mais pas que. Dans toutes choses, l’art, un vecteur extrêmement puissant, a prouvé son l’efficacité. «L’art permet notamment de ventiler les émotions d’une manière différente ou en parallèle de la parole. Le groupe bénéficie de l’apport bénévole de Pascal Lagesse qui témoigne que la reproduction des motifs dans ses toiles recèle une vertu apaisante dans son quotidien. Participe également comme volontaire, Marie-Laure Ziss-Phokeer, accompagnatrice certifiée en Journal Créatif (formée à l’école canadienne Jet d’Ancre), qui propose une consigne à chaque session en complémentarité des trackers de mood/d’humeur utilisés par Yana, dans la gestion quotidienne de la bipolarité.»

L'artiste Pascal Lagesse partage son expérience sur comment l'art l'a aidé à surmonter ses propres difficultés.

Pour le moment, ces sessions sont consacrées aux patients bipolaires âgés de plus de 18 ans, avec, si possible, un diagnostic déjà établi. «Ils peuvent être en traitement ou en cheminement personnel vers une meilleure acceptation personnelle de la maladie et une prise en charge médicale.» Ces séances leur permettent ainsi de mieux accepter leur pathologie, mais surtout de développer, déclare Abbasakoor, un esprit d’entraide et une relation solidaire au sein du groupe. «Je souhaite vraiment que ce groupe pilote touche les cœurs et les esprits. En espérant qu’il marque aussi l’histoire de la prise en charge des pathologies de santé mentale à Maurice. Considérant les nombreux tabous et les fortes discriminations qui entourent les troubles bipolaires, les participants ont déjà fait preuve d’un courage immense en participant et je tiens à souligner leur courage. J’espère que d’autres groupes pourront être lancés avec le soutien du secteur privé notamment. Nous avons actuellement une campagne ouverte sur la plateforme solidaire nationale Small StepMatters qui permet aux entreprises de contribuer et de recevoir un reçu CSR. Les dons individuels sont également les bienvenus.»

Cependant, cette année, la Hidden Disabilities Sunflower Mauritius compte inclure les familles dans ce projet pilote afin qu’elles aussi puissent partager leurs ressentis, mais surtout pour leur donner les outils nécessaires pour mieux accompagner leurs proches. «C’est important, car comme toute maladie psychiatrique, la bipolarité est une pathologie complexe. Pour vivre avec un conjoint ou un enfant bipolaire, c’est primordial de bien connaître ces phases, les indicateurs qui sont les premiers signes d’une phase de manie ou de dépression afin de mieux épauler le patient dans la gestion quotidienne de sa maladie.»

Mais, ce n’est pas le seul objectif. À travers ce projet, il est aussi question de briser les tabous autour des troubles mentaux et d’encourager les gens à ne plus stigmatiser ceux qui en sont atteints. «Nous comptons sur les campagnes de communication grand public que nous allons lancer pour poursuivre cet objectif. Nous travaillons déjà sur la future campagne dans le cadre de la Journée mondiale des troubles bipolaires observée à travers le monde le 30 mars. Instaurée en 2015, cette date a été choisie en hommage à la date de naissance de Vincent Van Gogh, atteint par cette pathologie touchant au moins 1% de la population mondiale.» Une date symbolique également porteuse de beaucoup d’espoir.

**Ansam nou kapav ! **

o Les entreprises souhaitant soutenir les campagnes de levées de fonds présentées sur www.smallstepmatters.org avec une contribution CSR peuvent contacter directement Small Step Matters par mail : coordinator@smallstepmatters.org – Possibilité d’obtenir un reçu CSR. 

o Pour les donateurs individuels : www.smallstepmatters.org ou via Juice – Pay a merchant – Small Step Matters – ou compte MCB 000444289887.

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