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29 novembre 2025 19:26
Côte d’Or avait des allures de lieu de pèlerinage en ce jeudi soir. À l’occasion du premier des trois concerts du groupe français Glorious à Maurice – donnés les 27, 28 et 30 novembre –, une marée humaine s’était formée bien avant l’ouverture du stade. Plus de 10 000 personnes avaient répondu présent ce soir-là (le même nombre de billets ont été vendus pour chacune des deux autres dates) pour un moment intense où la musique, la prière, l’émotion et la communion ont créé une atmosphère rarement vécue à Maurice. Pour beaucoup, dont nous, c’était une première. Et cette première a frappé fort. Très fort.
Dès le départ, à Côte d'Or, règne une ambiance unique : des familles entières, des jeunes, des religieux, des couples, des groupes d’amis… tous marchant côte à côte sur la passerelle, encouragés par des bénévoles. «Alé, courage, un petit effort encore !» lance l'un d'eux. Cette marche, avec ses petites fatigues, son impatience joyeuse et ces voix qui s’élèvent, ressemble presque à une préparation intérieure. Et dès l’entrée dans le stade, un grondement sourd accueille les nouveaux arrivants : un public déjà installé, déjà prêt. Le concert, organisé par Maluti Communications et avec Food Frenzy comme producteur, est parfaitement orchestré jusque dans les moindres détails. Celui du vendredi l'a confirmé et celui de ce dimanche le démontrera sans doute aussi.
Puis, après un temps d'attente, les projecteurs s’allument. Les frères Thomas et Benjamin Pouzin, fondateurs de Glorious, entrent sur scène. Et le stade explose. Les premières notes enveloppent l’espace. Parmi les chansons, on retient Comment ne pas te louer. On entend immédiatement que la version a été adaptée avec une touche locale ; le public reconnaît, s’identifie, reprend. Ensuite viennent Dans la joie, Le Cantique des cantiques et d’autres titres phares du groupe, interprétés comme une invitation à la rencontre, au lâcher-prise, à la joie pure.
Dans la foule, on aperçoit des têtes connues, dont l’évêque Jean Michaël Durhone, mais aussi des parents qui enlacent leurs enfants, des ados en larmes, des couples qui se tiennent la main, des inconnus qui se sourient. On ne voit plus un concert. On voit une communauté.
Au milieu du concert, Benjamin s’avance et prend la parole… et quelque chose bascule. L’espace devient silence. Le stade écoute. Il commence par une note d’humour, évoquant Maurice, la gastronomie et… le piment : «Depuis qu’on est descendus de l’avion, tous les cinq mètres quelqu’un nous propose à manger. Du piment partout ! Nous, on ne peut pas. Vous, vous êtes habitués, vous êtes des guerriers !» La foule rit. On respire. Puis, le ton change.
Un moment qui bouleverse la foule
Benjamin raconte sa «prédication de feu» : le récit des femmes de Pâques qui, au matin du troisième jour, avancent vers un tombeau qu’elles croient fermé par une pierre infranchissable. Sa voix porte loin : «Combien de fois, dans votre vie, vous avez une pierre devant vous ? Une pierre dans votre couple, votre travail, votre santé, votre famille, votre sommeil… et vous vous dites : c’est infranchissable.»
Dans le stade, plusieurs essuient leurs larmes. Puis, il ajoute : «Ces femmes marchaient vers la pierre. Elles n’avaient plus d’espoir. Et pourtant… alors qu’elles étaient encore loin, Dieu avait déjà envoyé un ange pour rouler la pierre.» À ce moment-là, la foule réagit d’une seule voix : «Amen !» Benjamin continue, avec une intensité rare : «Peut-être qu’aujourd’hui, toi aussi tu pleures en secret. Tu es fatigué. Tu ne sais plus comment avancer. Mais Dieu est déjà en train d’envoyer un ange.» Il invite ensuite le stade entier à fermer les yeux. 10 000 personnes.
Silence absolu. Chacun plongé dans sa propre histoire, sa propre pierre. Un moment suspendu, d’une délicatesse bouleversante. La scène, habituellement festive, devient une cathédrale vivante. Et quand tous rouvrent les yeux, une seule sensation domine : quelque chose vient de se passer.

À Maurice, Glorious n’est pas inconnu. C’est leur quatrième venue dans l’île, et leur style – un mélange de pop, rock, louange et sons électroniques – en fait un phare pour beaucoup de jeunes croyants... et de moins jeunes aussi. Formé en 2002 après les Journées mondiales de la Jeunesse, le groupe a vendu plus de 200 000 albums, donné des centaines de concerts et inspiré une nouvelle manière de vivre la foi : vivante, incarnée, accessible, joyeuse. Cette soirée en a été la preuve éclatante.
Pendant deux heures, le public a ri, chanté, pleuré, prié, respiré. Il y a eu des bras levés, des mains posées sur des épaules, des prières murmurées, des voix qui montaient comme une vague. Mais il y a surtout eu une unité rare : 10 000 personnes, un seul cœur. Le concert du jeudi n’était que le premier ; celui qui a suivi, le vendredi, était tout aussi intense et celui de ce dimanche 30 novembre promet également des émotions très fortes.
Au terme des trois soirées de louanges, ce sont 30 000 coeurs que Glorious aura enflammé à Maurice (avec des gens venant même de Rodrigues pour y assister. Pour tous, une seule certitude : Glorious ne donne pas un concert. Ils créent une rencontre. Une rencontre avec l’autre, avec soi et surtout, avec Jésus, comme ils le disent eux-mêmes. Et ça… on ne l’oublie pas.
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