Elle est la nouvelle coqueluche de l’athlétisme mauricien. Rachel Klopfenstein affole les compteurs depuis qu’elle est passée sous les couleurs mauriciennes. Celle qui représentait la Suisse auparavant a marqué ce changement d’allégeance sportive en pulvérisant à deux reprises le record national du 800 m dames de 2’03’’79, détenu par Sheila Seebaluck depuis 1988.
En faisant tomber cette référence vieille de 38 ans, Rachel Klopfenstein devient la première Mauricienne à passer sous la barre de 2 minutes. La spécialiste du tour de piste a frappé la première fois dès sa première sortie de la saison au meeting international de Savone en Italie le 20 mai, où elle remporte le 800 m avec un temps exceptionnel de 1’59’’82.
Elle améliore cette performance de trois centièmes le samedi 23 mai avec un chrono de 1’59’’79 en prenant la troisième place à l’IFAM de Bruxelles en Belgique. Des prestations qui font entrer le nom de Rachel Klopfenstein dans l’histoire du sport mauricien.
«C’était un objectif important. Je suis extrêmement fière d’avoir réussi à battre ce record historique qui appartenait à Sheila Seebaluck, une grande athlète du demi-fond mauricien, et d’écrire une nouvelle page de l’athlétisme mauricien», exprime Rachel Klopfenstein.
Ayant la double nationalité, Rachel Klopfenstein décide à 31 ans de courir pour Maurice. Une décision qui est avant tout un choix de cœur, celui de pouvoir concourir pour son pays natal. Un choix calculé et qu’elle ne regrette pas.
«J’ai choisi de représenter Maurice parce que je suis née ici et j’aime énormément Maurice. J’ai vécu énormément de belles choses avec la Suisse et j’en serai toujours reconnaissante, mais au fond de moi, j’ai toujours voulu courir pour Maurice. J’en ai beaucoup parlé avec mon coach, mon mari et mon équipe. Mais honnêtement, je pense que j’avais déjà fait ce choix depuis longtemps dans mon cœur», confie Rachel Klopfenstein.
Les démarches ont été entamées il y a plus d’un an auprès de l’Association mauricienne d’athlétisme. Normalement, il y a un délai d’attente de trois ans lorsqu’on décide de représenter un autre pays. Dans le cas de Rachel Klopfenstein, elle aurait dû attendre jusqu’en 2028, ce qui signifiait trois années sans compétitions internationales Mais la World Athletics a accepté de faire une exception dans son cas et ce qui conforte l’athlète dans son choix.
Bien que sa décision ait été bien accueillie, Rachel Klopfenstein confesse avoir également eu des critiques. Cependant, elle souhaite plus que tout montrer qu’elle mérite amplement sa place dans l’équipe mauricienne.
«Cela m’a quelque peu fait mal parce que je suis Mauricienne et que mon sang est mauricien. Si j’ai fait ce choix, c’est justement pour aider l’athlétisme mauricien et pour montrer aux jeunes qu’eux aussi peuvent atteindre le haut niveau. Le soutien de World Athletics et toutes les personnes qui m’encouragent me motivent énormément. Mes performances de ce début de saison montrent que je donne tout mon possible pour faire honneur à Maurice. Je pense avoir fait un bon début. Mon objectif est de continuer à briller aussi bien sur le 800 m que le 400 m», déclare Rachel Klopfenstein.
Plusieurs grands rendez-vous attendent la Mauricienne cette saison. Elle participera à la Diamond League de Stockholm le 7 juin sur le 800 m, ensuite elle prendra part à un meeting Gold, les FBK Games à Hengelo, aux Pays-Bas, fin juin, puis elle espère gagner sa place en sélection mauricienne pour les Jeux du Commonwealth qui auront lieu à Glasgow en juillet et août prochain.
Son parcours…
Née en 1995 à Maurice d’une mère mauricienne et d’un père suisse, Rachel Klopfenstein a grandi à Quatre-Bornes avec ses parents et sa sœur avant de partir en Suisse suite aux problèmes de santé de son papa. Suite au décès de ce dernier et au cambriolage de leur maison à Maurice, sa maman décide de rester au pays du chocolat pour assurer un meilleur avenir à ses enfants. Malgré cela elles garderont toujours contact avec la famille à Maurice et viendront souvent pour les vacances.
C’est d’ailleurs au pays du Dodo que Rachel Klopfenstein a eu envie de se mettre à l’athlétisme. Grisée par la belle épopée des Stéphan Buckland et Eric Milazar des années 2000, la jeune Rachel Klopfenstein a elle aussi eu envie de se mettre à ce sport.
Elle fait ses premiers pas à l’école mais c’est à l’âge de 15 ans qu’elle s’y met sérieusement en rejoignant un club d’athlétisme en Suisse. Très vite Rachel Klopfenstein cumule les médailles dans les championnats jeunes et la jeune sportive commence déjà à entrevoir l’avenir d’une carrière professionnelle.
«J’ai d’abord intégré le relais 4 x 400 m suisse, ce qui m’a permis de découvrir les grands championnats en équipe. Cette expérience m’a énormément appris et m’a aidée pour la suite de ma carrière. Ensuite, je me suis mis au 800 m jusqu’à obtenir ma qualification pour mon premier championnat individuel aux Championnats du monde de Budapest en 2023», atteste notre interlocutrice.
Elle remportera de nombreuses médailles mais le moment le plus marquant de sa carrière sera sa victoire au 800 m aux Championnats de Suisse 2024. Un moment spécial pour la jeune femme qui touche enfin le Graal après avoir été sept années de suite sur le podium. Ce sacre lui permet également de se qualifier pour les Jeux olympiques de Paris, un autre moment inoubliable pour la Biennoise.
Rachel Klopfenstein compte aussi une participation aux JO de Tokyo en 2021. Durant sa carrière, elle a été appelée à 13 reprises en sélection suisse et a participé à plusieurs Championnats d’Europe et Championnats du monde.
Fiche perso
Nom : Rachel Gloria Klopfenstein
Statut familial : mariée
Résidence : Suisse
Nationalité : suisse et mauricienne
Profession : athlète professionnelle
Spécialité : 800 m, 400 m et relais 4 × 400 m
Aime : voyager et les moments simples de la vie
Plat mauricien préféré : mine frit poulet-œuf et les rôtis
Endroit préféré à Maurice : Le Morne