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Raconte-moi ta fête de la Musique parfaite…

21 juin 2026

Gaétan Sophie, Joelle Coret, Bruno Raya, Nikhil Shibnauth et Kenny Mootoosamy veulent la reconnaissance, l'unité, la visibilité et la transmission dans la musique.

Des chanteurs, des musiciens, des profs de musique, des militants de la cause musicale, tout ce beau monde nous parle de ce que devrait être, selon eux, un 21 juin bien comme il faut.

Tous les ans, on chante, on danse, on est joyeux, bref, on fête la musique. Et bien sûr, Maurice n’est pas en reste pour la fête de la Musique, créée en 1982 par Jack Lang, ministre de la Culture en France à cette époque. Et au-delà de la fête populaire, avec tellement d’événements musicaux ce samedi 20 et ce dimanche 21 juin (voir le programme d'aujourd'hui en hors-texte) qui devraient bien plaire au grand public, c'est l'occasion de laisser parler ceux qui sont dans le domaine, qu’ils soient chanteurs d’hôtel, profs de musique ou encore artistes militants. Car tout ce beau monde interrogé voit bien au-delà du jalsa…

Tout d’abord, Joëlle Coret, actuelle présidente à temps partiel de la Mauritius Society of Authors (MASA) et aussi artiste, chanteuse d’hôtel et ancienne présidente du syndicat Union of Artists. Une dame qui a longtemps milité pour le statut d’artiste. Récemment, elle a interpellé les autorités sur le sort des artistes d’hôtel, ayant été elle-même une chanteuse d’hôtel récemment licenciée. «La fête de la Musique est le jour parfait pour montrer que le monde musical mauricien a un objectif clair et partagé par tous. Il faut, à mon sens, une annonce forte, mais aussi tout un travail, tout un concept pour faire connaître au grand public toutes les difficultés des artistes et tous leurs combats menés depuis des années. Leur faire connaître aussi les dossiers comme le Status of Artist Bill, les droits d’auteur et des artistes... Et leur proposer plusieurs événements pour leur faire comprendre ce que c’est que d’être un artiste musical avec la connaissance des instruments, la voix, entre autres... Bref, il faut un vrai travail de sensibilisation.»

Nikhil Shibnauth va dans le même sens. Celui que l’on connaît comme la tête pensante du groupe Nikhil and the Gang, semi-finaliste du concours international Battle of the bands en mai 2025, continue son petit bonhomme de chemin. Le groupe et son leader ont organisé plusieurs cours ce week-end dans le cadre du Music Day, avec des petits moments où on apprenait le mixage, le feeling, des notions de chant et de musique. Carton plein en tout cas pour tous ces petits cours sold out. «Cet engouement à découvrir la musique est un bon baromètre pour montrer la chose la plus importante à faire pour la fête de la Musique : donner une éducation culturelle, faire comprendre l’apprentissage et l’appréciation musicale de façon ludique et accessible. Une basic knowledge qui fera comprendre au plus grand nombre la musique et la condition d’artiste elle-même.»

**Transmission et visibilité **

La transmission musicale, c’est aussi la mission de Gaétan Sophie, l’homme derrière l’école de musique AMGASOP, qui donne tellement de cours à Petite-Rivière. Nous verrons d'ailleurs l’énergie des élèves de cette école ce dimanche au Albion Mall. «Le premier objectif d’une fête de la Musique est, pour moi, de faire prendre conscience que la musique est quelque chose de primordial et de positif pour la santé physique et mentale, que ce soit pour un enfant hyperactif qui apprendra à être plus discipliné ou un adulte qui y trouvera une belle thérapie.» 

Autre prof : Kenny Mootoosamy, qui s’est, lui, fait un nom dans le domaine de la batterie et qui est depuis plusieurs années à la tête de l’Institut de Batterie, situé à Calebasses et Curepipe. Ce samedi, ses protégés et lui se sont transformés en marching band, avec tambours, percussions et autres batteries, dans plusieurs malls à travers l’île. Fête de la Musique rime d'abord, pour lui, avec visibilité : «C'est l'occasion de montrer qu’il existe des lieux où l’on peut s’exprimer librement dès le plus jeune âge, sans casser la tirelire. Chez nous, on parle de personnes de 7 à 68 ans. La fête est réussie si des écoles de musique sont visibles et que l’on arrive à convaincre le public de se laisser tenter pour mieux comprendre la musique et la vie d’un artiste musical.» 

Être un artiste chantant n’est pas de tout repos effectivement, et c’est bien pour ça que l’incontournable Bruno Raya, toujours au front pour la cause artistique, plaide pour une unité. «Il faut que l’artiste comprenne qu’il doit être digne, et il faut plus que jamais qu'on soit soudés. Être digne, c’est dire que nous avons besoin d’argent, que nous ne pouvons pas jouer gratuitement pour la fête de la Musique. Artiste, c’est un métier, c’est une industrie. Si l’artiste le comprend, si ceux qui organisent des events le comprennent, la fête de la Musique peut être le jour où l’on s’unit une fois pour toutes pour faire avancer la cause pour une meilleure vie artistique pour l’artiste, le public et l’organisateur.»

United we must all stand alors, et pas seulement ce 21 juin !

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