Publicité

Rapport PRB : les syndicalistes «sceptiques» et «déçus»

20 décembre 2025

Après la publication du rapport, plusieurs syndicalistes comme Radhakrishna Sadien et Gheerishsing Gopaul nous donnent leur avis.

On n'arrête pas de l’entendre depuis vendredi dernier : le rapport du Pay Research Bureau pour 2026 est publié concernant toute l’année à venir dans le secteur public, incluant les révisions salariales et les conditions de service. Explications et réactions.

C’est de sortie ! Le rapport 2026 du Pay Research Bureau a été rendu public le vendredi 19 décembre, avec tout plein de chiffres et de détails. Un rapport qui est publié chaque cinq ans et couvre toutes les structures salariales, les classifications et les conditions de service dans le secteur public, notamment la fonction publique, les organismes parapublics et autres instances statutaires, les autorités locales, l’Assemblée régionale de Rodrigues…

Sans entrer dans tous les détails (il y a tellement de corps de métiers qui sont concernés), dans les grandes lignes, l’augmentation salariale moyenne pondérée, calculée sur la base du salaire brut de décembre 2025, est estimée à 15,3 %, contre 7,95 % dans le rapport de 2021. Les recommandations contenues dans le rapport – incluant la révision salariale applicable à partir du 1er janvier 2026 ainsi que l’allocation intérimaire de 5 % intégrée aux salaires – devraient représenter un coût annuel d’environ Rs 10,9 milliards pour l’État.

Compte tenu du contexte économique et budgétaire actuel particulièrement contraignant, le Conseil des ministres a aussi décidé que la mise en œuvre du rapport se fera en deux phases : 50 % à partir de janvier 2026 et 100 % à partir de janvier 2027. Le rapport établit aussi plusieurs ratios, entre ceux qui bossent tout en bas de la hiérarche et ceux qui sont en haut : entre un General Worker et un Permanent Secretary, le ratio, qui était de 1:6,2 dans le rapport PRB 2021, est d’environ 1:5,4 dans le rapport 2026.

Par ailleurs, le ratio entre un General Worker et un Senior Chief Executive s’établit désormais à 1:6,7. Les réactions ne sont pas fait attendre, surtout venant des syndicalistes de la fonction publique. Depuis l’annonce des grandes lignes du rapport, plusieurs ont pris la parole sur les ondes des radios. Il y a eu, par exemple, Narendranath Gopee de la Federation of Civil Service and other unions qui a parlé d’un «trompe-l’œil qui met de la fumée dans les yeux des fonctionnaires», ou encore Ashvin Gudday de la General Workers Union qui a affirmé que la disparité entre ceux en haut de l'échelle et ceux tout en bas reste encore «trop grand». 

Radhakrishna Sadien de la State Employees Federation, nous confie, pour sa part, être «déçu par ce rapport, d’autant qu’il a fallu attendre longtemps pour l’avoir». Il poursuit : «Pour moi, les chiffres sont faussés ;on nous montre de grands chiffres. Si on prend les chiffres sans l’implémentation des compensations d’avant ou les réajustement autour du salaire minimum, je suis sûr que beaucoup seront choqués. Le ratio entre ceux au bas de la hiérarchie et ceux en haut reste grand aussi. Et je suis sceptique quant à cette décision d’implémenter le rapport en deux tranches, ça me semble flou, pas clair du tout ; cela risque de créer de la confusion.»

Du côte de la Government Services Employees Association, le secrétaire général Gheerishsing Gopaul souligne : «Nous allons nous concerter au sein de l’association en allant plus en détail dans le rapport bientôt, mais je vois déjà que dans la révision salariale, on a inclu toutes les compensations salariales de 2021 à 2026, sans oublier que le rapport doit aussi inclure le réajustement salarial suivant l’augmentation du minimum wage. Alors en réalité, le vrai montant que les fonctionnaires gagneront, c’est ce qui reste…»

L’intégralité du rapport du Pay Research Bureau est visible à l’adresse suivante : https://prb.govmu.org/.

Publicité