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L’urgent rapatriement de Gaël Pierre, 16 ans, à Maurice

Sa famille lance un bouleversant appel aux dons

21 février 2026

Cela faisait six ans qu’il s’était installé chez son père au Canada, mais Gaël Pierre a vu son existence s’arrêter brusquement le 28 septembre 2025 alors qu’il n’était âgé que de 16 ans. Poignardé sur une aire de stationnement suite à un accrochage avec deux individus, il n’a pas survécu. Cela fait plus de quatre mois qu’outre son deuil impossible, sa famille se livre à un combat financier désespéré pour qu’il puisse être enterré sur sa terre natale, où vit aussi sa mère. Le corps ne pouvant être conservé plus longtemps, ses parents lancent un vibrant appel aux dons pour son rapatriement, faute de soutien financier de l’État. Témoignages.

Sa douleur, elle l’avait transformée en un pont vers sa réussite. Tous les choix difficiles qu’elle avait dû faire jusqu’ici avaient toujours eu but précis : que son premier enfant, son fils Gaël Pierre, ne connaisse pas le manque d’opportunités. Séparée du père de son petit trésor depuis des années, Aurélie n’a jamais raté une chance de lui offrir un meilleur avenir, même si certaines décisions s’étaient parfois avérées difficiles.

Dès le départ, elle avait accepté qu’il soit pris en charge par sa famille paternelle, consciente qu’elle n’était pas encore en mesure de lui offrir un foyer stable. C’est toujours pour son bien qu’elle avait préféré, il y a six ans, qu’il aille s’installer chez son père Olivier au Canada. «Mo ti le li gagn enn meyer ledikasion, mo ti anvi asir so lavenir», insiste Aurélie. En cherchant à lui ouvrir des portes, ses parents n'imaginaient pas que le destin finirait par les lui fermer à jamais à un très jeune âge. Le 28 septembre 2025, Gaël a été poignardé mortellement sur une aire de stationnement à Saskatoon, au Canada, alors qu’il n’était âgé que de 16 ans. Depuis, les membres de sa famille se battent pour obtenir le financement nécessaire pour son rapatriement sur sa terre natale ; une procédure dont le coût s’élève à plus de Rs 1 million.

Perdre un enfant dans des circonstances aussi tragiques est une épreuve très douloureuse, voire insurmontable. Hélas, Olivier et Aurélie n’ont même pas eu le temps de faire leur deuil comme il se doit, s’étant rapidement retrouvés confrontés à une montagne de démarches à effectuer. Toujours aussi meurtri plus de quatre mois après le drame, le père de l’adolescent, que nous avons contacté, concède : «Au départ, j’avais entamé des démarches pour que ses funérailles aient lieu ici, au Canada, mais c’était primordial pour moi d’accorder à sa mère la chance de le voir une dernière fois.» Ils avaient donc entamé des formalités, souhaitant qu’Aurélie puisse prendre l’avion dans les plus brefs délais. Malheureusement, leurs démarches n’ont jamais pu aboutir. «Je n’ai pas pu obtenir de visa ; on m’a indiqué que les procédures pourraient durer six mois, voire un an. Nous savions que ce serait impossible d’attendre tout ce temps», lâche Aurélie. Pour ces raisons, les parents de Gaël Pierre ont opté pour le rapatriement de son corps à Maurice, mais recueillir la somme exorbitante nécessaire pour son transfert s’avère très compliqué.

Depuis le décès de son aîné, Olivier, papa de six autres enfants, a frappé à plusieurs portes en espérant obtenir une aide financière. «J’ai sollicité le ministère des Affaires étrangères, je me suis tournée vers plusieurs députés, sans succès. À chaque fois, on me transférait d’une institution à l’autre, on me promettait de m’aider à trouver une solution, mais rien n’a abouti jusqu’ici malgré mes relances. J’ai l’impression d’avoir été laissé pour compte. Nou pe demann enn koudme, me zot pe les nou ater», confie notre interlocuteur, le cœur lourd. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé dans l’obligation de lancer une cagnotte sur GoFundMe pour obtenir une aide financière. Comme si leur situation n’était pas suffisamment compliquée, Olivier dit avoir été informé par la Funeral Home, il y a deux semaines, que l’état du corps de son fils ne permettait plus une conservation prolongée.

Récolter des fonds

Très loin d’avoir pu récolter la somme nécessaire pour son transfert, c’est à une véritable course contre la montre qu’il se livre pour recueillir des fonds afin que le rapatriement puisse se faire dans les plus brefs délais. «C’est une pression immense car notre temps est compté. Mo nepli kone ver kisana mo pou tournn mwa, mo nepli kone ki laport pou tape pou so mama kapav rann li enn dernie omaz.» Olivier lance un vibrant appel aux autorités concernées et aux membres du public qui en ont la possibilité de lui apporter une aide quelconque en cette période difficile.

Olivier continue de remuer ciel et terre pour que le corps de son fils Gaël puisse être rapatrié dans l'île.

D’après la presse canadienne, l’agression de Gaël Pierre, qui remonte au 28 septembre 2025, a eu lieu aux petites heures du matin sur une aire de stationnement dans le 300 block Confederation Drive. Poignardé, il a été conduit à l’hôpital de St. Paul, où il a succombé à ses blessures quelque temps plus tard. Selon son père Olivier, «il s’était disputé avec d’autres adolescents du même âge auparavant. Il s’agissait de jeunes du quartier qui traînaient souvent chez nous avant la dispute. Ce soir-là, ce sont leurs frères aînés qui s’en sont pris à mon fils. Zot finn dir li sorti dan loto me li'nn refize, li pa ti enn zanfan ki ti kontan lager. An plis, li ti ena feray dan so lipie, li ti apenn kapav marse. Mo garson ti pe asize dan loto kan zot finn agres li. Se enn sel kout kouto ki finn touy li». L’enquête a conduit à l’arrestation de deux individus : Osam Alhaj, 22 ans et Adam Abdallah, 20 ans. Le premier a été inculpé pour meurtre au second degré et le second, pour homicide involontaire.

Depuis la disparition tragique de son fils, Aurélie n’a plus qu’un souhait : «Mo pe atann mo zanfan revini, mo pe anvi trouv li. Sa fer kat mwa ki mo trezor pa pe repoz an pe ; so fami pe atann li isi, so later isi. A sak fwa bann otorite dir ki zot pou donn nou enn repons me apre zot bliye nou.» Le cœur en lambeaux, la voix brisée par l’émotion, les mots lui manquent pour exprimer son atroce souffrance. «Li difisil ki toulezour ou pa dormi, ou mal manze, ou mal viv. Tou dimounn krwar li fasil me se kan ou perdi ou zanfan ki ou konn sa soufrans-la. Ou ki kone ki ou pe resanti kan ou pe mont lor ou lili aswar ek poz ou latet lor sa lorye-la.» Son fils, dit-elle, était le premier petit-fils de leurs deux familles respectives. «Li ti mo trezor, li ti trezor mo mama. Gael ti enn bon garson, zame nou'nn gagn problem ek li. Li ti kone mo pe gagn bann problem kot mo pe reste isi, sak fwa li ti dir mwa "mama, mo travay, mo pou met twa dan enn lakaz", me banla finn tir so lavi. Li dan enn glason laba, li pankor gagn so repo, tandis ki sa de kriminel-la ankor pe viv. Azordi, mo nepli tann so lavwa pe dir mwa "Allo Ma", mo pa pou retann li blag ek mwa. Touleswar, mo pe bizin met so lamisik, ekout li sante, zis pou tann so lavwa pou kapav ferm mo lizie. Mo latet telma inn vinn bel, mo nepli kone kouma pou reflesi.»

Tous ceux souhaitant soutenir les proches de Gaël Pierre pour leur permettre de lui rendre un dernier hommage peuvent les contacter sur le +1(306)250 9620 ou sur le 5486 6089. Ceux souhaitant les aider financièrement peuvent le faire par virement bancaire sur le 000448190990 (MCB) ou en accédant à leur cagnotte GoFundMe (King JP Resilience Foundation).

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