Elles tirent la sonnette d'alarme ! Plusieurs organisations environnementales et citoyennes s'élèvent contre le projet immobilier Naïa Villas à Bel-Air-Pomponette car le lieu, disent-elles, est déjà très vulnérable sur le plan environnemental. Des représentants de ces ONG – dont le collectif Aret Kokin Nou La Plaz, Eco-Sud, la Platform Moris Lanvironman, la Sea Users Association et le Coral Garden Conservation – ont d'ailleurs effectué une site visit durant la semaine écoulée pour constater l'étendue des dégâts sur cette partie du littoral.
Selon ces organisations, le littoral de cette partie de l'île montre déjà des signes alarmants d’érosion. Escarpements de sable, gabions détruits, filaos déracinés et recul du trait de côte témoigneraient d’un écosystème sous pression. Le site avait d’ailleurs été identifié par le ministère de l’Environnement comme prioritaire pour des travaux de réhabilitation côtière. Le projet immobilier Naïa Villas, commercialisé depuis 2022, trouve son origine dans un bail accordé en 2007 pour la construction d’un hôtel. En 2017, un changement d’usage a toutefois été autorisé afin de permettre la construction de villas destinées à la vente. Les opposants dénoncent un manque de transparence, affirmant qu’aucune consultation publique ni affichage officiel n’ont eu lieu avant l’octroi des autorisations.
Le ministère de l’Environnement avait initialement accordé une clearance en avril 2024 sans exiger d’Environmental Impact Assessment (EIA), le projet étant inférieur au seuil de 50 unités de logement. Mais après l’intervention d’organisations écologistes et une visite conjointe sur le site en décembre 2024, le ministre avait finalement invoqué l’article 30 de l’Environment Act 2024 afin d’imposer un EIA complet, estimant que la localisation sensible du projet nécessitait une évaluation approfondie.
Le promoteur a contesté cette décision devant l’Environment and Land Use Appeal Tribunal. L’audience est prévue ce jeudi 28 mai.