Neuf ans après la mort de Dilan Eléonore à Madagascar le dossier revient sur le devant de la scène. Pour son père Elvis, qui n’a jamais cessé de réclamer que les circonstances entourant la disparition de son fils soient établies, cette annonce constitue un nouveau développement dans un combat entamé au lendemain du drame.
Le bureau de l’Attorney General a adressé, le 16 septembre, une correspondance officielle à Elvis Eléonore pour l’informer que les autorités malgaches ont rouvert l’enquête sur la mort de son fils unique Dilan. À ce stade, il convient de distinguer ce nouvel élément des différentes étapes déjà franchies dans le dossier.
La portée exacte de cette réouverture, les actes d’enquêtes envisagées et les personnes éventuellement concernées devront être précisés par les autorités compétentes malgaches. Dilan Eléonore, alors âgé de 23 ans, se trouvait à Madagascar en novembre 2017 lorsqu’il est décédé à Antsirabe. Les premières explications données autour de sa mort avaient suscité des interrogations au sein de sa famille.
Après le rapatriement de sa dépouille à Maurice et la réalisation d’examens médico-légaux, des blessures importantes avaient été relevées. Ce qui avait conduit à s’interroger sur les circonstances exactes de son décès. Les autorités mauriciennes avaient par la suite entrepris des démarches auprès de leurs homologues malgaches.
Des enquêteurs mauriciens s’étaient également rendus à Madagascar dans le cadre des investigations. Le dossier a ensuite connu plusieurs développements judiciaires à Madagascar. En 2023, des informations de presse faisaient état de l’achèvement d’une commission rogatoire et de poursuites visant 11 personnes, dont trois Mauriciens.
Le dossier devait alors poursuivre son cheminement devant les juridictions malgaches. En 2024, il avait également été rapporté que l’instruction menée à Madagascar avait été clôturée et que le dossier avait été transmis aux autorités judiciaires compétentes. Malgré ces différentes étapes, Elvis Eléonore a continué à réclamer des réponses sur les circonstances exactes de la mort de son fils.
Aujourd’hui, la correspondance reçue le 16 septembre ouvre un nouveau chapitre dans cette longue affaire. «Je voudrais sincèrement remercier Gavin Glover pour son soutien. Il m’a reçu. Il m’a écouté et il a fait le nécessaire pour la réouverture de l’enquête sur l’assassinat de mon fils. Son soutien et son écoute comptent énormément pour moi. Il a toute ma gratitude», confie Elvis Eléonore.
La réouverture annoncée de l’enquête devra notamment permettre de déterminer quelles sont les nouvelles investigations envisagées par les autorités malgaches et quelles suites judiciaires pourraient être données au dossier. Pour la famille, une seule question demeure depuis près de neuf ans : que s’est-il réellement passé à Antsirabe dans la nuit où Dilan a perdu la vie ?
Cette nouvelle démarche des autorités malgaches pourrait permettre de faire progresser davantage un dossier dont les circonstances continuent de hanter son père. Ce dernier se prépare d’ailleurs à célébrer un autre triste anniversaire en novembre, soit le neuvième anniversaire du décès de son fils.
Rama Valayden : «Je souhaite que la vérité éclate enfin»
Me Rama Valayden, qui représente Elvis Eléonore, le père de Dilan, affirme avoir lui-même sollicité la réouverture de l’enquête auprès de l’Attorney General. «J’avais écrit à l’Attorney General pour réclamer la réouverture de l’enquête», explique l’avocat. Selon lui, ce nouveau développement signifie que «l’affaire reprend à zéro». Deux Mauriciens sont concernés dans cette affaire et, précise-t-il, les autorités malgaches devront désormais envisager de demander leur extradition afin de pouvoir les interroger à nouveau.
Pour Me Valayden, l’objectif demeure le même : établir les circonstances exactes entourant la mort de Dilan et permettre à son père d’obtenir justice. «Je souhaite que la vérité éclate enfin dans cette affaire et que mon client obtienne justice.» L’avocat se dit par ailleurs disposé à accompagner Elvis Eléonore à Madagascar si sa présence peut contribuer à faire avancer les investigations. «Je suis disposé à me rendre à Madagascar avec mon client pour aider les autorités de ce pays à avancer dans cette enquête s’il le faut.»