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Saraswatee Mootia, 60 ans, meurt étranglée dans sa plantation

Son fils Vedashay : «Li bien dir perdi nou mama mwins ki enn lane apre nou papa»

20 septembre 2026

Vedashay relate que sa mère était une femme débrouillarde et indépendante.

Le choc est immense à Triolet après le meurtre brutal de Saraswatee Mootia, 60 ans, survenu le vendredi 18 septembre dans sa plantation. Comme les bijoux de la victime ont disparu, la police privilégie la thèse d’un vol ayant mal tourné. Un suspect, identifié grâce aux caméras de surveillance de la localité, était toujours activement recherché à l'heure où nous mettions sous presse. Bouleversé par cette perte tragique, son fils Vedashay se confie.

Il y a moins d’un an, son monde s’est fissuré lorsqu’elle est devenue veuve. Mais face à la douleur de la perte de son époux Sanjay, que tout le monde appelait affectueusement Manon, elle a su rester debout en puisant sa force dans son amour pour les siens. À 60 ans, Saraswatee Mootia, affectueusement appelée «Madam Manon» dans sa localité, à Triolet, n’avait rien d’une femme fragile. Bien au contraire, elle était une figure de courage, une travailleuse acharnée dont les mains racontaient une vie de sacrifies et de dure labeur. «Li'nn touzour debrouyar, zame li'nn depann lor kikenn», lâche fièrement son fils Vedashay. Ainsi, tous les matins, elle se levait aux aurores pour se rendre dans la plantation familiale pour s’occuper de la récolte. Elle rentrait ensuite chez elle juste avant de procéder à la vente de légumes.

Comme d’habitude, ce vendredi 18 septembre, Saraswatee Mootia avait quitté son domicile, situé à la rue Bon Air, pour se rendre à pied dans sa plantation de légumes, à côté de la Mediclinic de Triolet. Réglée comme une horloge, elle devait rentrer à la maison moins de deux heures plus tard, soit aux alentours de 9 heures. Cependant, les minutes ont défilé, mais elle n’a jamais franchi le seuil de la porte. «Se mo ser ki'nn telefonn mwa pou dir mwa ki li pankor retourne. Deswit, mo'nn pran mo motosiklet mo'nn al get li», poursuit Vedashay. En arrivant sur place, le sol s’est dérobé sous ses pieds lorsqu’il l’a trouvée allongée sur le sol, inerte. «Mo'nn trouv li finn tonbe dan kwin. Li pa ti pe reazir. Li ti fini desede», lâche notre interlocuteur, encore très ébranlé. Elle avait également des égratignures au visage et à la main. Saraswatee Mootia a été conduite dans l’établissement hospitalier d’à côté où un médecin n’a pu que constater son décès. Son corps sans vie a ensuite été transféré à la morgue pour qu’une autopsie soit pratiquée. Celle-ci ayant conclu à une strangulation, la thèse criminelle a aussitôt été établie par la police.

Selon Vedashay, «dimounn finn fer mesanste, finn atann li dan karo». En effet, les images des caméras de surveillance situées à proximité du lieu du drame ont révélé la présence d’un individu quelques minutes avant l’arrivée de la sexagénaire dans sa plantation. On le voit ensuite quitter les lieux un peu plus tard, vêtu d’un capuchon, comme pour dissimuler son visage. Cela n’aura toutefois pas empêché les enquêteurs de le reconnaître : il s’agirait d’un homme déjà connu des services de police pour des affaires d’agression. Plusieurs unités de la force se sont mobilisées pour le retracer. À l’heure où nous mettions sous presse, le suspect était toujours recherché. Les bijoux de la sexagénaire – ses deux bagues et son alliance, qu’elle portait toujours – étant introuvables, l’enquête policière s’est orientée vers un vol ayant mal tourné. Il ne s’agirait pas non plus du premier vol survenu en ces lieux. «Bann voler ti deza pase bien avan, ti kokin bann plant ek bann lezot zafer me selma ti resi gagn zot. Mo pa kone si apre sa finn ena ankor vol parski nou pann instal kamera laba», souligne Vedashay.

Depuis la mort de son époux Sanjay, qui remonte au 4 octobre 2025, Saraswatee Mootia vivait dans la maison familiale avec son fils Vedashay, sa fille Bhavna, ainsi que sa belle-fille. «Li bien dir perdi nou mama mwins ki enn lane apre nou papa. Nou pa ti atann nou pou repas dan enn zafer koumsa ousi vit», se désole notre interlocuteur. Le cœur en morceaux, il décrit sa mère, son pilier, comme «enn madam bien debrouyar, ki pa ti pares ek pa ti kontan rest dan lakaz». Ayant la main verte, elle ne se contentait pas seulement de s’occuper de sa plantation. La cour familiale était également ornée de fougères et de fleurs, dont elle prenait grand soin durant son temps libre. Comme son défunt époux, elle était également très populaire dans sa localité. Avec son fils, Saraswatee Mootia prévoyait de «fer bann devlopman lor nou terin». Hélas, sa vie a été violemment arrachée sans qu’elle ait eu le temps de concrétiser ses projets. «Azordi, zis souvenir ki reste.»

Anéanti, Vedashay compte désormais sur les forces de l’ordre pour retrouver le meurtrier de sa mère au plus vite. «Nou met tou dan lame lapolis. Nou espere nou gagn enn bon nouvel, ki koupab-la peye pou seki li'nn fer. Nou gard enn lespwar pou ki lapolis fer le neseser.» Les funérailles de Saraswatee Mootia auront lieu à 15 heures en ce dimanche 20 août.

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