Sa vie a basculé le dimanche 13 septembre, dans la matinée. «Ce matin-là, mon fils s’était rendu à Port-Louis à moto très tôt pour voir l’un de ses amis. C’est au moment de rentrer à la maison qu’il a été victime d’un accident», relate Catherine. D’après nos renseignements, il circulait aux abords de la Nationale, près du Pont SAJ, à Sorèze, lorsque son deux-roues est entré en collision avec l'arrière d'un camion. Suite au choc, il a perdu connaissance et s’est retrouvé sur l’asphalte avec de graves blessures. Ce n’est qu’après qu’il a été conduit à l’hôpital Jeetoo par le SAMU et qu’un médecin a confirmé son décès. «Il n’a sûrement pas eu le temps de freiner pour éviter l’autre véhicule», estime sa mère.
Peu après le drame, Catherine a reçu l’appel d’une proche qui l'en informait. «Mais on ne m’a pas dit qu’il était déjà mort. J’ai cru qu’il n’avait eu que de légères séquelles. Je suis même allée au magasin pour lui acheter un short au cas où il aurait la jambe plâtrée. Vu qu’il s’était blessé à moto à plusieurs reprises dans le passé, je n’ai pas pensé que c’était aussi grave.» Quelques minutes avant de quitter sa maison, poursuit-elle, «plusieurs voisins se sont présentés chez moi pour m’annoncer sa mort, mais j’ai refusé d’y croire. Mo'nn persiste, mo'nn dir zot li pa'nn mor, ki mo pe al get li lopital». Hélas, il a fallu qu’elle le voie de ses propres yeux pour comprendre qu’il avait véritablement quitté ce monde.
Pas marié et sans enfants, Steven avait longtemps travaillé avec son père pour une entreprise proposant des activités de tyrolienne à l’île-aux-Cerfs. Lorsque celle-ci a fermé, il a continué d’aider ses parents en cumulant des petits boulots. Il s’était récemment lancé dans la réparation de téléphones portables à son domicile ; un métier qu’il avait appris seul. Lorsqu’il avait du temps libre, il s’adonnait à sa plus grande passion, la moto, ou passait du temps avec ses amis. Il avait, cependant, arrêté la musculation récemment ; un sport dans lequel il s’était lancé pour suivre les traces de son père Clifford, un ancien culturiste, sacré Mr Mauritius en 1987.
Le conducteur de la voiture impliquée – un habitant de Tyack âgé de 44 ans – a été soumis à un alcootest, qui s’est avéré négatif. Il a été inculpé provisoirement pour homicide involontaire. Il s’avère qu’il ne s’agit pas du premier accident mortel dans lequel il se retrouve impliqué. Le 29 mars dernier, il était au volant d’une semi-remorque lorsque son véhicule est entré en collision avec une fourgonnette à Beau Climat, Nouvelle-France. Le conducteur du second véhicule, Prakash Gokul, n'a pas survécu. Arrêté, le quadragénaire s’était acquitté d’une caution de Rs 15 000.