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Renversée par un conducteur positif à la drogue, Bibi Neeroz Fulzul Hossen, 64 ans, décède

Son fils Ziyaad : «Il me sera impossible de pallier son absence»

20 septembre 2026

À 64 ans, celle qu'on appelait affectueusement Kala était encore débordante d’énergie, en pleine santé. Hélas, le jeudi 17 septembre, un conducteur sous l’influence de drogue l’a brutalement arrachée à la vie. Elle traversait la route sur un passage pour piétons, à Camp-Levieux, Rose-Hill, lorsque celui l’a percutée en dépassant une voiture, la tuant sur le coup. Son fils Ziyaad témoigne.

Pour les membres de sa famille, elle était un véritable pilier, encore plus depuis le décès de son époux, il y a une dizaine d’années. Domiciliée à la NHDC de Camp-Levieux, à Rose-Hill, Bibi Neeroz Fulzul Hossen (photo), affectueusement appelée Kala, était une figure incontournable de sa localité, unanimement reconnue pour son dévouement envers chacun. C’est précisément pour cela que de nombreux habitants de sa localité voyaient en elle une «maman de cœur». Hélas, le jeudi 17 septembre, elle a trouvé la mort dans des circonstances brutales et tragiques ; une disparition soudaine qui a plongé tous ceux l’ayant côtoyée dans un profond deuil. Elle traversait la route sur un passage pour piétons lorsqu’elle a été balayée par une voiture. Elle est morte sur le coup.

Elle avait 64 ans mais beaucoup s’accordent à dire que Fulzul Hossen ne faisait pas son âge en raison de sa grande débrouillardise et sa vitalité impressionnante. Pionnière de la vie locale, elle était l’une des premières personnes à avoir ouvert un commerce au cœur de la NHDC, qu’elle continuait de gérer avec poigne il y a encore quelques jours. Maman de trois enfants, dont une fille souffrant d’une déficience mentale, elle endossait une multitude de responsabilités au quotidien sans jamais se plaindre. Très autonome, elle tenait à aller faire ses courses et à régler ses dettes elle-même. Dans la matinée du jeudi 17 septembre, après avoir servi ses clients, Fulzul Hossen s’était d’abord rendue à Rose-Hill pour régler ses factures. Elle avait ensuite été au supermarché Dreamprice, dans sa localité, pour acheter ses commissions. C’est alors qu’elle marchait pour rentrer chez elle que le drame s'est produit.

Positif au «drug test»

C’est aux alentours de 13 heures que l’accident s’est produit aux abords de la rue Concorde, sur le passage pour piétons se trouvant en face du supermarché. Selon des témoins de la scène, une voiture se serait arrêtée pour la laisser traverser lorsqu’une autre l’aurait doublée, percutant de plein fouet la sexagénaire. D’après une connaissance de la victime, qui se trouvait sur place, «SAMU finn pran plis ki 30 minit pou arive me ti deza tro tar». Fulzul Hossen a été conduite à l’hôpital Victoria, où son décès a été constaté.

Pris à partie et agressé par les badauds, le conducteur de la voiture impliquée – un habitant de Beau-Bassin âgé de 44 ans – a dû être conduit au poste de police avant que la situation dégénère. «Il disait qu’il avait accéléré parce qu’il emmenait son chat malade chez le vétérinaire», confie notre interlocuteur. S’il a été testé négatif à l’alcootest, il a, en revanche, été testé positif au drug test. Placé en détention, il a comparu devant le tribunal le lendemain sous une accusation provisoire de meurtre.

Pour Ziyaad, le décès soudain de sa mère est profondemment bouleversant. «Si elle avait succombé à la maladie, cela aurait quand même été difficile de la perdre car elle occupait une place trop importante dans ma vie. La perdre dans ces circonstances est encore plus douloureux. Li ti enn tro bon dimounn, li ti ena leker lor lame, li pa ti merit ale koumsa. En me levant le matin, j’ai toujours du mal à réaliser qu’elle n’est plus là.» Occupant un appartement situé à côté de celui de sa mère, il lui rendait visite tous les jours. «Kouma mo leve, avan mo al travay, mo al rod dipin ek li dan laboutik. Letan mo retourne, mo toultan pas get li pou bwar enn dite avan mo rant kot mwa. Sete enn routinn. Si arive enn zour li pa tann mwa, li sonn mwa pou kone si tou korek», relate-t-il. Avec une tristesse incommensurable, il lâche : «C’est un pilier que nous avons perdu.» Outre ses trois enfants, Fulzul Hossen laisse également derrière elle sa mère, âgée de 86 ans, et ses cinq chiens. «Nos vies ont été complètement chamboulées. Je ferai de mon mieux pour prendre soin de tout ce qu’elle laisse derrière elle, mais il me sera impossible de pallier son absence», s’attriste Ziyaad.

En colère, des habitants de la localité lancent un appel aux autorités pour que des ralentisseurs ou des feux de signalisation soient installés aux abords de la rue Concorde, où bon nombre d’automobilistes ne semblent pas respecter la limitation de vitesse, fixée à 40 km/h dans cette zone où les accidents sont fréquents. En effet, en novembre 2025, soit il y a moins d’un an, Muzzamil Hussenbocus, 30 ans, circulait à moto lorsqu’un conducteur sous l’influence de drogues l’avait renversé mortellement au même endroit.

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