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Le gérant de SabCom entraîné malgré lui dans une affaire de recel par un voleur

Sabeer Sadulla : «Mo ena tou footage kamera ki montre ki mo pa konn sa dimounn-la»

30 juillet 2026

Une demande de déverrouillage banale et c’est toute une vie professionnelle qui a failli basculer. C’est l’engrenage dans lequel a été plongé Tajdaar Sabeer Sadulla, 35 ans, un technicien chevronné avec près d’une vingtaine d’années d’expérience dans son domaine. Gérant respecté de la boutique d’électronique SabCom, à Port-Louis, il s’est retrouvé, bien malgré lui, dit-il, au cœur d’une enquête policière pour recel pour avoir simplement accepté de restaurer l’accès à un téléphone portable.

En presque deux décennies de carrière, Sabeer Sadulla, qui a suivi les traces de son père dans l’univers de la téléphonie mobile, s’est forgé une réputation d’honnêteté sans faille. Pourtant, le mardi 21 juillet, sa vigilance a été trompée. Ce matin-là, relate-t-il, un individu s’est présenté dans son magasin avec un smartphone. «Linn dir mwa ki pou limem sa, ki li ena so kod me ki linn bliye so e-mail address. Linn kit so telefonn pou ki mo reset li.» Il a ainsi accepté de prendre en charge l’appareil, sans savoir que celui-ci avait été dérobé chez une enseignante à Péreybère la veille.

Un peu plus tard, le même jour, c’est contre toute attente que Sabeer Sadulla a vu débarquer les limiers de la DCIU Northern et la brigade criminelle dans son magasin, le soupçonnant de recel. «Zot finn dir mwa ki zot finn trap enn voler, ki voler-la inn dir ki telefonn-la kot nou. Monn dir zot ena footage kamera, ki ena lavwa ena tou, ki montre ki sa dimounn-la mo pa konn li, ki se enn klian kinn kit enn telefonn pou nou deblok li», explique le gérant du magasin. Il a, malgré tout, dû accompagner les forces de l’ordre au poste pour donner sa déposition formelle.

La procédure habituelle a voulu qu’une accusation provisoire de possession of stolen property soit logée contre lui le temps que se poursuive l’enquête. Libéré sur parole le même jour, Sabeer Sadulla a dû comparaitre devant le tribunal le lendemain pour sa mise en accusation provisoire ; une charge qui devrait être struck out aussitôt que son innocence sera officiellement établie. La magistrate l’a autorisé à rentrer chez lui contre une caution de Rs 3 000.

L’auteur présumé du vol, rappelons-le, est un dénommé Jean Patrick Junior Wayne Emilio Emile, un habitant de Terre-Rouge âgé de 19 ans. Dans la soirée du lundi 20 juillet, il aurait fait irruption dans l’appartement d’une éducatrice de 30 ans à Péreybère. Dans sa plainte, cette dernière a expliqué que le malfaiteur l’aurait menacée pour qu’elle lui remette de l’argent et des objets de valeur, puis l’aurait bâillonnée et ligotée pour l’empêcher de donner l’alerte. Après s’être emparé de son téléphone portable, de son sac à main et d’une certaine somme d’argent, il aurait récupéré ses clés de voiture et pris la fuite à bord du véhicule, dans lequel se trouvaient cinq bagues en or. L’ensemble des objets volés a pu être récupéré. Le jeune homme, qui est passé aux aveux, reste, quant à lui, en détention policière.

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