Dans l’océan Indien, la mer n’est pas seulement un horizon. Elle est un espace stratégique, une richesse économique, mais aussi un territoire qu’il faut protéger. C’est autour de cet enjeu que 27 parlementaires et responsables des Assemblées nationales des États membres de la Commission de l’océan Indien (COI) se sont rassemblés dans notre petite île.
Au cœur des échanges : la sécurité maritime, considérée comme un levier de souveraineté et de développement de l’économie bleue. L’objectif était clair : mieux outiller les parlementaires afin qu’ils puissent suivre les politiques publiques, les engagements régionaux et les législations liées à la mer. «Nous sommes les gardiens de vastes zones économiques exclusives couvrant des millions de kilomètres carrés», rappelle Egbert Aglae, vice-président de l’Assemblée nationale des Seychelles et représentant de la présidence de l’Association des Parlements des États membres de la COI (AP-COI). Pour lui, les parlementaires ont un rôle essentiel à jouer pour que les engagements internationaux trouvent leur place dans les législations nationales. Même constat du côté mauricien. Pour la présidente de l’Assemblée nationale, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, «aucun État ne peut espérer exercer seul sa souveraineté». Face aux défis maritimes, dit-elle, «il faut se serrer les coudes » et apprendre à « collaborer intelligemment».
Cette volonté de travailler davantage ensemble s’est concrétisée par la signature d’un protocole d’entente entre l’AP-COI et la COI. Une étape destinée à renforcer la diplomatie parlementaire et le suivi des accords régionaux. «Nos Assemblées disposent d’un espace pour partager leurs expériences», souligne le secrétaire général de la COI, Ibrahim Norbert Richard. Le partenariat doit également permettre de renforcer les capacités des élus dans le suivi des engagements qui doivent ensuite être ratifiés ou transposés dans les législations nationales.
Autre avancée : l’AP-COI sera officiellement enregistrée aux Seychelles et lancera, au premier trimestre 2027, l’appel à candidatures pour la deuxième cohorte du Parlement régional des jeunes de l’Indianocéanie. La mer se joue donc aussi dans les parlements. Et cette fois, les élus de la région entendent bien ne pas rester spectateurs.