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Interview - Philippe Hao Thyn Voon, président du Comité olympique mauricien : «Je pense que les Jeux vont devoir être renvoyés»

Face à la menace grandissante du coronavirus, les Jeux olympiques de Tokyo, prévus du 24 juillet au 9 août, au Japon, pourraient bien être compromis. Philippe Hao Thyn Voon, président du Comité olympique mauricien (COM), ne cache pas ses craintes devant l’ampleur que prend cette épidémie.

M. Philippe Hao Thyn Voon, l’épidémie du coronavirus est au centre de toutes les attentions en ce moment et dans six mois il y aura les Jeux olympiques au Japon. Face à cette épidémie, quelle est la position du COM ?

 

Nous suivons la situation de près. En tant que vice-président de l’Association des Comités nationaux olympique d’Afrique (ACNOA) et président du COM, nous sommes tous inquiets par cette épidémie. J’ai discuté avec des pays membres de l’ACNOA et tous ne veulent pas prendre de risque en se déplaçant au Japon pour les Jeux olympiques si la situation se complique. Ce qui m’amène à poser la question. Pouvons-nous organiser les JO sans la Chine ? Je ne le crois pas. C’est un pays qui remporte plus d’une cinquantaine de médailles aux Jeux et qui fait partie des dix premières nations. A mon avis ce n’est pas possible. On ne peut ignorer le peuple chinois dans ces moments difficiles.

 

Pensez-vous que l’organisation est compromise ?

 

Le Comité international olympique (CIO) doit trouver une solution. Mais pour le moment le CIO ne peut se prononcer. Nous espérons que la situation peut devenir sous contrôle et que les risques de propagation peuvent être contrôlés. Cependant, cela paraît impossible car tous les jours il y a de nouveaux cas qui sont découverts, ce qui montre que la diffusion du virus se poursuit et il n’y a pas de remède contre.

 

Quelle est votre opinion ?

 

Je ne crois pas que nous pouvons prendre de risque face à ce cas extrême. Je pense que les Jeux vont devoir être renvoyés. D’un point de vue technique, l’Agence mondiale anti-dopage ne peut se rendre en Chine pour effectuer des tests. Sans ses testes qui sont très importants, les athlètes chinois n’auront pas l’autorisation de prendre part aux Jeux. D’ailleurs, ils ne peuvent même pas se rendre à l’étranger.

 

A quand peut-on attendre une décision finale ?

 

A la fin du mois de mars, il y aura une réunion de l’ACNOA à Kampala, en Ouganda, et nous espérons prendre une décision concernant une éventuelle participation. Le CIO n’a pas encore tranché et à notre niveau, nous sommes en communication avec le pays organisateur. La décision finale reviendra au comité international en accord avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Qu’en est-il du pays organisateur, le Japon, qui se prépare depuis un moment pour ces JO ?

 

Le président du comité d’organisation des Jeux a annoncé cette semaine que les JO auront bel est bien lieu. Il ne peut pas faire autrement vu les nombreux préparatifs entamés par le Japon. Les athlètes des pays participants sont en ce moment à fond dans la préparation et un report aura certainement un coût financier.

 

Vous avez mentionné au début de notre entretien que les pays de l’ACNOA sont peu enclins à y prendre part. Y a-t-il eu une demande pour que les JO soient reportés ?

 

La situation est telle que même au niveau de l’océan Indien, les pays membres du Comité international des Jeux (CIJ) sont inquiets. Nous devons nous rencontrer aux Maldives, du 21 au 23 février, pour discuter de l’organisation des Jeux des îles de 2023 dans ce pays. Cependant, comme il y a récemment eu un cas découvert dans l’archipel, beaucoup ne souhaitent pas s’y rendre. Le président du CIJ est au courant de la situation et prendra cette semaine une décision s’il devra maintenir la réunion. Voilà la situation en ce moment.

 

Un renvoi des Jeux olympiques aura des répercussions à plusieurs niveaux ?

 

Oui, certainement. Il est bon de savoir que ce n’est qu’en cas de force majeure qu’une telle décision a déjà été prise. Les seules fois où cela est arrivé c’était lors des Première et Seconde Guerres mondiales. Ce sont des cas extrêmes et en cas de report, ce sera un gros coup au moral des athlètes qui se sont sacrifiés durant des mois de préparation. Les Comités nationaux olympiques seront aussi affectés puisque les soutiens financiers qui sont alloués seront réduits et par ricochet, cela va engendrer un gros chamboulement dans nos activités.

 

Dans l’éventualité où les Jeux sont maintenus, malgré le danger que représente le coronavirus, est-ce que Maurice y participera ou le COM y renoncera ?

 

Il nous faudra prendre une décision. Le gouvernement, le ministère de la Jeunesse et des Sports où encore le ministère de la Santé auront leur mot à dire. Et s’ils trouvent que nous devons renoncer aux Jeux, nous le ferons.

 

Y a-t-il un suivi qui est fait auprès des athlètes, notamment ceux qui sont à l’étranger ?

 

Effectivement, nos sportifs se rendent dans plusieurs pays pour prendre part à des compétitions dans l’optique de se qualifier pour les JO. Les fédérations les suivent de près et s’il y a des risques qu’ils se retrouvent exposés au virus, nous allons certainement leur déconseiller de se déplacer.