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6 février 2018 04:10
Ils ne vont pas dormir sur leurs lauriers. On connaît désormais qui sont les lauréats de la cuvée 2017 du National Sports Award. Ils ont été acclamés sous les crépitements des fl ashs des photographes. Ils avaient de quoi sourire d’autant que le Mauritius Sports Council les a gâtés à travers une hausse dans le cash prize dans toutes les catégories. De quoi donner des idées pour les projets futurs de ces champions et entraîneurs, qui ne s’épargnent aucun effort pour se sacrifier pour leur passion qu’est le sport.
C’est ainsi que le Sportman of the year a vu son cachet passer de Rs 100 000 à Rs 125 000. Ce n’est pas Fabrice Bauluck, le nouveau lauréat, qui va s’en plaindre. «Je vais profi ter de ce prix en l’utilisant au mieux pour améliorer le confort et le bien-être de ma famille. J’ai un projet qui me tient à cœur qui est celui d’avoir une maison à moi. Je vais utiliser ce chèque pour l’investir dans ce sens», nous confi e le champion du monde de kick-boxing.
Tout comme lui, les autres lauréats ne manquent pas de projets et ce coup de pouce fi nancier va les aider dans leur préparation ou projets personnels. On sait que derrière chaque athlète se trouvent des parents qui nagent dans un tourbillon d’émotions lorsque leurs fi ls ou fi lles sont sur un terrain de sport à l’occasion d’une compétition ou d’un entraînement.
La judokate Christianne Legentil reste pragmatique. «Je compte utiliser ce cash prize pour aider mes parents que je remercie beaucoup pour leur soutien. J’espère économiser aussi un peu et offrir un présent à mes deux partenaires d’entraînements, car, sans eux je n’aurais pas réussi à monter sur le podium. C’est ma façon à moi de les remercier», dit la toute nouvelle Sportwoman of the year 2017.
Pour sa part, Ketty Lent, qui a reçu Rs 80 000, aspire à investir dans un logement et à fi nancer ses études. Celle qui qui a été sacrée Junior Sportwoman of the year estime que cela demeure ses priorités immédiates. Sans compter sa part qu’elle va recevoir pour le sacre de l’équipe féminine d’haltérophilie comme Team of the year (sports individuels).
Kersley Clark avoue, de son côté, n’avoir pas encore réfléchi de ce qu’il va faire avec son cash prize. C’est un peu avec surprise qu’il s’est vu remettre le titre de Coach of the year (sports collectifs) même si les observateurs avertis sentaient qu’il avait de grandes chances de briller dans cette catégorie. «Il va falloir réfléchir pour bien calculer ce que je vais faire avec cet argent», avoue l’entraîneur de la sélection U 17 de football. Une consécration sans précédent pour ce travailleur de l’ombre.
La handisportive Brandy Perrine, titrée Physically handicapped sportswoman of the year souhaite, elle aussi, soutenir sa famille. La jeune femme pense, aussi, à mettre de côté pour l’avenir et en même temps investir dans des équipements sportifs. «Ce cash prize sera un atout supplémentaire dans ma quête vers l’excellence. Bien sûr, je vais aider ma famille mais en même temps, je souhaite économiser un peu et pour le reste je vais profiter pour me procurer des équipements de musculation afin que je puisse m’entraîner à la maison», révèle l’athlète en fauteuil roulant.
Des champions qui ne sont pas des machines à gagner mais des êtres humains avec un cœur. Bon vent à eux.
Tradition bien respectée. Comme lors des précédentes éditions, le National Sports A wards 2017 a off ert du déjà-vu. Des minutes de retard sur le programme annoncé, des discours protocolaire et des visages familiers mais dans des tenues inhabituelles. C’est ainsi que s’est déroulée la 32e cérémonie de récompense du Mauritius Sports Council (MSC), qui s’est tenue vendredi soir au Ravenala Attitude Hotel à Balaclava.
Une soirée marquée par la présence en force des sportifs (les vraies stars de l’évènement) qu’on a l’habitude de côtoyer sur les terrains de sport. Les shorts et maillots imbibés de sueur et de boue avaient cédé la place à de belles robes de soirée, des chemises et des vestes. Et pas diffi cile de deviner que certains coiff eurs avaient été bien sollicités à quelques heures de cette fête du sport mauricien. Comme quoi, on peut être athlète et jouer les mannequins ou beaux gosses de service le temps d’une soirée qui leur est dédiée.
La partie cérémoniale a démarré à 18h35, soit avec 35 minutes de retard, avec l’hymne nationale entonné par des anciens champions du pays tels que Sultan Beeharry, Priscilla Cherry-Lebon, Judex Lefou ou encore Khemraj Naiko, devant une audience un peu amorphe. C’est Robert Deschambeaux et Béatrice Bijoux-Bellepeau, qui ont joué les maîtres de cérémonie. A vrai dire, le tout avait été réglé comme du papier à musique avec pas vraiment de temps mort.
Sarah Rawat Currimjee (chairperson de la MSC) et Stephan Toussaint (ministre de la Jeunesse et des Sports) ont été les seuls à prononcer des discours (voir plus loin), avant la distribution des multiples récompensés prévues. Deux Memorial Awards ont été remis aux proches de feu Cyril Monty et Guy Bazerque. Une petite clameur devait gagner la salle lorsqu’on annonce qu’un Gift Voucher de Rs 1 500 allait être remis aux nominés de ce National Sports Awards 2017.
Un spectacle de danse a, ensuite, animé la soirée. Les petites gymnastes regroupées au sein de Sport Dance Ltd ont conquis le public. Les handisportifs ont été les premiers à défi ler sur le podium pour recevoir leurs prix, avant d’être subjugués par les prouesses artistiques des frères Joseph, médaillés d’or au dernier 8e Jeux de la Francophonie. Revoilà les fi lles de Sports Dance Ltd, qui ont émerveillé plus d’un lors d’un autre numéro. Les danseuses mauriciennes ont reçu une belle ovation.
Après ce spectacle, le suspense devait prendre place avec l’attribution des diverses récompenses. Comme il n’y avait que trois nominés par catégorie, on ne s’est pas pas ennuyé durant la projection du clip de présentation. Confirmation pour certains, déception pour d’autres lors de l’énoncé des gagnants. Deux numéros de danse ont atténué la tension avant la désignation des lauréats jusqu’aux titres-phares, le Sportswoman of the year 2017 et Sportman of the year 2017 vers 20h35. Les lauréats de la cuvée 2017 du National Sports Awards sont désormais connus.
Sportsman: Fabrice Bauluck (kick-boxing)
Sportswoman: Christiane Legentil (judo)
Junior sportsman: Dinesh Pandoo (haltérophilie)
Junior sportswoman: Ketty Lent (haltérophilie)
Most promising sportsman: Victor Ah Yong (natation)
Most promising sportswoman: Laeticia D’Autriche (triathlon)
Coach of the year – sports individuels: Judex Jeannot (kick-boxing)
Coach of the year – sports collectifs: Kersley Clark (football)
Team of the year – sports individuels: Equipe féminine d’haltérophilie
Team of the year – sports collectifs: Sélection U17 de football
Visually handicapped sportsman : Rosario Marianne/Julian Anamootoo (athlétisme)
Visually handicapped sportswoman: Julie Andra/Tania Salmine (athlétisme)
Physically handicapped sportsman: Cédric Ravet (athlétisme)
Physically handicapped sportswoman: Brandy Perrine (athlétisme)
Mentally handicapped sportsman: Donovan Rabaye (athlétisme)
Mentally handicapped sportswoman: Ashley Telvave (athlétisme)
Aurally handicapped sportswoman: Ayusma Lokheeram (athlétisme)
Aurally handicapped sportsman: Diano Ravina (athlétisme)
Memorial Award: Guy Bazerque (boxe)
Memorial Award: Cyril Monty (football)
A un an et demi des Jeux des îles de 2019 à Maurice, le discours de Stephan Toussaint, ministre de la Jeunesse et des Sports était très attendu lors de cette soirée du National Sports Award. Un an après sa prise de fonction, le ministre des Sports n’a pas manqué de saluer ses collaborateurs ainsi que les sportifs pour leur contribution au développement du sport mauricien.
Dressant un bilan positif de l’année écoulé, Stephan Toussaint s’attend que l’année 2018 soit encore plus positive. «Nous voilà bien partis pour une année encore plus mémorable et riche en événements. A un an près des Jeux des îles de 2019, nous prenons très au sérieux notre mission de faire des JIOI des Jeux cinq-étoiles. Que ce soit en matière d’organisation ou en termes de préparation de nos sportifs», lance le ministre.
Il avance que les travaux de rénovation des infrastructures sportives débuteront très prochainement, de même que la construction du très attendu complexe de Côte-d’Or. L’homme fort du sport mauricien a rappelé que son ministère a, déjà, fait appel à des Directeurs techniques nationaux pour aider à la préparation des athlètes et que d’autres suivront dans les disciplines qui n’ont pas encore de techniciens étrangers.
Il a rappelé qu’un montant de Rs 15 millions du budget alloué pour la préparation des JIOI a déjà été utilisé à travers des camps d’entraînements et d’autres moyens mis à la disposition des athlètes.
Revenant sur l’impact qu’ont les Jeux des îles sur les sportifs de la région, le Curepipien a annoncé que cet événement est une étape pour viser encore plus loin. «Les Jeux des îles seront, désormais, la pose de la première pierre pour préparer nous athlètes à aller chercher des médailles au plus haut niveau. Soit aux championnats du monde et aux Jeux Olympiques», souligne le ministre.
Le MJS travaille déjà sur un programme «Road to Paris 2024» en vue de cette manifestation. «Nous venons de commencer un travail bien fi celé et très structuré pour qu’il y ait des sportifs médaillés dans six ans. Les JO 2024 seront un des objectifs-phares de ses prochaines années. Bien sûr ce sera un bonus si nous avons des médailles en 2020 à Tokyo», annonce Stephan Toussaint. Il a, d’ailleurs, sollicité les fédérations qui ne sont pas concernées par les JO à mettre en place un plan pour amener leurs sportifs vers les sommets.
Pour pouvoir atteindre ces objectifs, le MJS prévoit de revoir à la hausse l’allocation fi nancière de High Level Sports Unit (HLSU), le cash reward scheme, afi n de motiver encore plus les sportifs. Un bonus scheme sera également mis en place par le MJS pour les fédérations qui feront des eff orts substantiels pour rehausser le niveau de leurs sportifs.
Stephan Toussaint a terminé en lançant un appel à la communauté sportive à s’engager dans la lutte contre la drogue. «Le combat contre la drogue demeure la responsabilité de tout citoyen. Les sportifs doivent être des role model dans ce combat, et les fédérations venez de l’avant avec des campagnes de sensibilisation afi n de protéger notre jeunesse. Le MJS va aider et soutenir toute action dans ce sens», a conclu Stephan Toussaint.
De son côté, Sarah Rawat Currimjee, la Chairman du Mauritius Sports Council (MSC) n’a pas manqué de saluer les sportifs, tout en rappelant l’importance de cette soirée qui est de rendre hommage aux eff orts consentis par les principaux acteurs du sport mauricien. Elle a dressé un bilan positif sur la mission du MSC à travers l’entretien des infrastructures sportives, le renforcement de la gouvernance sportive, la mise en chantier des projets pilotes visant au développement du sport de masse, notamment l’After School Programme, entre autres.
Elle a, également, annoncé la mise en chantier de nouveaux projets à partir de ce mois de février auprès des élèves de Grade 4 et qui concernera quelque 10 000 jeunes de toutes les écoles primaires. «La tâche s’annonce dure, mais nous sommes déterminés à mener ce projet avec succès. L’année dernière, nous avons lancé avec succès la natation scolaire dans une trentaine d’écoles et cette année nous comptons aussi poursuivre en augmentant le nombre d’établissements», a commenté Sarah Rawat.
Mettant l’accent sur l’importance de savoir nager, la responsable du MSC a annoncé la construction de quatre bassins d’apprentissage attachés à quatre écoles et elle espère que plus d’établissements se joindront à ce projet à l’avenir.
Textes : Rehade Jhuboo et Qadeer Hoybun
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