« Liber nou bann rasta enferme », « Legaliz gandia », « sintetik nou pa le », « Non à la drogue dure » … Banderoles à la main et slogans scandés avec conviction, ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement pour soutenir la communauté rasta, réclamer sa reconnaissance et plaider en faveur de la légalisation du cannabis, qu'ils considèrent comme une piste pour lutter contre la prolifération des drogues synthétiques.
Pour plusieurs participants, cette marche allait bien au-delà d'une revendication. Certains avaient le cœur lourd, les larmes aux yeux, venus raconter la douleur d'avoir perdu un fils, un frère, un ami ou un proche emporté par les drogues synthétiques. D'autres sont venus dénoncer les conséquences de ce fléau qui détruit des vies, brise des familles et laisse derrière lui des blessures profondes. Des appels ont également été lancés en faveur de personnes actuellement emprisonnées pour des affaires liées au cannabis. La mobilisation a également rassemblé plusieurs artistes, influenceurs et personnalités publiques venus afficher leur soutien à cette cause, parmi lesquels Ludovic Félicité, Nitish Joganah, Jonathan Chatigan, représentant du groupe Good to Go et Avinash Luchoo. La marche a débuté par un moment de recueillement, marqué par une prière. Les participants ont ensuite pris la direction des rues de la capitale, sous la surveillance de plusieurs policiers mobilisés afin d'assurer le bon déroulement de la manifestation.

Tout au long du parcours, les manifestants ont scandé des slogans et brandi des pancartes portant leurs principales revendications. Si la légalisation du cannabis et la reconnaissance de la communauté rasta étaient au cœur de leur mobilisation, d'autres sujets ont également été évoqués, notamment la pension de vieillesse, la corruption et ce qu'ils dénoncent comme l'insécurité et la stigmatisation dont sont victimes les rastas.
Arrivés devant le Parlement, les organisateurs ont invité les participants à observer un sit-in afin de réclamer une rencontre avec les autorités. Leur objectif : ouvrir un dialogue sur leurs revendications et obtenir des réponses concrètes. Un moment de tension s'est toutefois installé entre certains manifestants et les forces de l'ordre, alors que les participants souhaitaient maintenir leur rassemblement devant le bâtiment.

Après quelques échanges, le calme est finalement revenu. Les manifestants ont repris leur marche en direction du Jardin de la Compagnie, à Port-Louis, où la mobilisation s'est poursuivie dans une ambiance pacifique, toujours portée par le même état d’esprit : lutter contre le fléau des drogues synthétiques tout en plaidant pour une réforme de la politique entourant le cannabis.